I.A GUERRE RUSSO-TURQUE
Bosphore, Achmed-Aga, et qui dut être étouffée par une sévérité sanglante. Ces dangers qui le menaçaient à l'intérieur de l’empire, paralysèrent le sultan et abattirent son courage. S’il avait eu la confiance que, dès l’arrivée du grand ennemi devant les portes de la capitale, malgré cette petite fermentation toute la population se rallierait néanmoins autour de lui, s’il avait trouvé en lui-même la force nécessaire pour persévérer dans sa résistance, pour donner seulement l’exemple de la confiance et même pour maintenir les apparences de courage et d’assurance : le sultan aurait tout gagné en gagnant simplement du temps, puisque bientôt le véritable état des affaires lui aurait été dévoilé.
Du côté de l’Asie, Paskevitch avait été forcé à retarder sa marche sur Sivas, faute de ressources nécessaires, et à rester tout un mois à Erzeroum dans l’inaction, ce qui lui avait enlevé aussitôt la réputation de général irrésistible et détruit l’auréole qui jusqu'alors l’avait environné. Dans l’absence momentanée de toute direction suprême dans ces contrées-là, depuis que le seraskier était prisonnier, la masse du peuple s’était emparée du mouvement, suivant ses instincts naturels ; comme par un coup de baguette, la petite guerre avait éclaté soudain et de tous les côtés ; avec sa poignée de soldats, le vaillant comte d’Erivan n’aurait pu lui résister pendant un espace de temps quelconque. Le pacha de Mousch avaif observé la neutralité, exposant ainsi l’aile gauche de la ligne d'opérations russe. Son voisin, le pacha de Vann, avait, à plusieurs reprises, mis en grand danger la ville de Bavazid ; des bandes de brigands Lourdes avaient fait des incursions dans le pachalik de Kars. Au nord, les Laziens parcouraient le pays ; c'étaient d’excellents tireurs et les meilleurs fantassins irréguliers de l’Asie ; ils s'établirent près du village de Charl où le