‹ Insurrection et régénération de la GrèceChapitre 9 sur 48 · LA GUERRE EM 1824 ET · texte numérisé non relu

LA GUERRE EM 1824 ET

' mouvement. Il se eucha derrière les étrangers. Un aventurier du nom de Townshend Washington, agent venu de l'Amérique du Nord, protesta formellement contre cet acte; son exemple fut suivi par Roche, qui fut immédiatement désavoué par le comité de Paris, et qui perdit par là tout son crédit en Grèce. Deux ou trois députés, Ypsilantis, Kolettis, Kontouriotis (par suite de jalousies toutes personnelles qu’il nourrissait à l'égard de Miaoulis et de Tombazis) et enfin Gouras, refusèrent leurs signatures. Même ce dernier cependant fut de nouveau détaché du parti français par sa femme qui, jeune, pleine de vie et fière de son mari, tenait sa cour dans l’acropole d'Athènes comme une vraie princesse, mais qui, avec la réserve et la pudeur d’une bonne épouse, maintenait la discipline et les bonnes mœurs aussi au milieu de ses servantes, et qui était assez intelligente pour se laisser convaincre* de l'absurdité de ces accusations qui prétendaient que, par cet acte demandant le protectorat, on voulait changer la Grèce en colonie anglaise. Mais au sujet de ce qu'on voulait et de ce qu’on pouvait au fond atteindre à l aide de ce document, que le fils de Miaoulis, Dimitrios, alla ♦ s août, porter en Angleterre *, les opinions des auteurs de ce projet eux-mêmes étaient, sans aucun doute, fort partagées. Les plus intelligents, sans avoir le moindre doute sur l’inutilité de cette démarche, avaient peut-être seulement l’intention d’arrêter le général égyptien dans sa course victorieuse et d’encourager les Grecs par des espérances éblouissantes jusqu’à ce que la crise fût passée. Beaucoup de personnes aussi croyaient peut-être possible que l’Angleterre ne dédaignât pas d étendre sur la Grèce

• Ce ne fut pas sans le concours de Prokesch, grand adorateur de cette c Pallas Athênc aux yeux bleus. » Cf. Denkwürdigkeilen, t. Il, p. 692.

le protectorat qu'elle exerçait sur les lies Ioniennes, comme la Russie avait appliqué aussi à la Servie le droit de protection qu elle avait sur les Principautés. D'autres encore calculaient que la seule offre de ce protectorat serait le moyen le plus propre pour réveiller toutes les puissances de l'inertie indifférente qu elles montraient à l'égard de la Grèce. Lorsque le jeune Miaoulis arriva à Londres, il y causa immédiatement une grande agitation et provoqua des interpellations diplomatiques. Canning cependant déclara aussitôt qu'on n'accepterait pas cette offre des Grecs. Puis il répondit aux délégués grecs : « que, si l'Angleterre accédait à leur demande, elle se trouverait engagée dans une guerre injuste contre la Turquie, et que les puissances verraient une violation des traités dans un tel agrandissement de l'Angleterre. » En même temps, il les engagea sérieusement à ne pas s’adresser à une autre puissance, mais à rechercher plutôt une médiation faite en commun par toutes les puissances. Ceux qui avaient eu connaissance des démarches encourageantes du lord hautcommissaire des Iles Ioniennes furent consternés par ce refus auquel ils ne s'attendaient pas. Ils ne surent pas bien pénétrer les véritables motifs qui avaient fait agir ainsi le gouvernement anglais. Nous aussi, nous ne pourrons les reconnaître clairement qu'après avoir jeté un coup d'œil rétrospectif sur l'état des négociations diplomatiques pendant cette période de décadence dans la fortune de la Grèce.

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