‹ Insurrection survenue dans le sud de la province de Constantine en 1849: relation du siége deChapitre 11 sur 27 · HO · texte numérisé non relu

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hache frapper leurs dattiers, sttnaune vive opposition.

Chaque opération de cette nature devenait un véritable combat, si, avant de la commencer, on n'avait pas eu le plus grand soin d'occuper tous les murs qui entouraient le point où Tabatage des palmiers devait avoir lîeu^ et d'y placer avec intelligence des troupes, non-seulement pour protéger les travailleurs, mais encore pour fermer toute issue aux ArabeSé Ces dispositions prises^ le travail se faisait dans le plus profond silence ; on n'entendait que le bruit de la hache et celui de Tarbre, qui, coupé à sa base, tombait lourdement; mais si la moindre négligence avait été commise, l'indigène en profitait pour se glisser entre les travailleurs et les postes, et, au moment oti Ton était le plus occupé, une vive fusillade éclatait; les hommes surpris quittaient le travail avec précipitation et les troupes destinées à les soutenir^ prises entre deux feux, avaient alors une lutte à soutenir pour rentrer au camp.

Ce fut à cette époque que le prince Pierre Bonaparte rejoignit la colonne expéditionnaire; il prit le colnlnftnclement du bataillon de la légion

étrangère, et, le lendemain de son arrivée (22 octobre), il fut commandé de tranchée, où on le vît prendre son service avec un air de gaieté, d'assurance et de franchise qui plut à tous. Aussi, quand deux jours après, dans une circonstance très-difficile, il déploya la plus grande vigueur et qu'il donna l'exemple du plus grand sangfroid, personne n'en fut étonné.

{Planche IL) L'ordre ayant été donné d'abattre le massif de palmiers le plus rapproché de la gauche du camp, le 25 octobre, à 7 heures du matin, 200 hommes de la légion étrangère et 200 du 3* bataillon d'Afrique partirent de la tranchée sous les ordres du commandant Bonaparte et dirigés par le colonel Carbuccia. Ils occupèrent les jardins qui étaient à la tête de l'Oued Kelbi, pour de là être répartis de manière à protéger les travailleurs.

Le colonel, après avoir pris toutes les dispositions qu'il crut nécessaires pour se garantir des coups de l'ennemi, fit commencer le travail que l'on continua quelque temps sans être inquiété. Maisles Arabes s'étant cachés pour suivre tous nos mouvements, se réunirent peu à peu et principalement au saillant du mur qui s'étend jusqu'à la

plaine, et, lorsqu'ils se virent en nombre, ils débusquèrent tout à coup et attaquèrent avec vigueur le poste chargé de la surveillance de ce point. Le capitaine Buttet, du 3* bataillon d'Afrique, qui commandait ce poste, fut blessé dès les premiers coups de feu ; deux chasseurs furent tués près de lui et plusieurs autres blessés. Cette position importante, assaillie de tous côtés, fut alors abandonnée, et les Arabes, n'étant plus arrêtés, s'élancèrent immédiatement sur le mur, parurent sur tous les points et se glissèrent entre les postes et les travailleurs.

Surpris d'une attaque aussi imprévue, les différents postes de la légion étrangère et du bataillon d'Afrique s'exagérèrent le danger et, par une retraite précipitée, laissèrent à découvert les travailleurs, qui, ne se voyant plus appuyés, cherchèrent à se mettre au plus vite à l'abri des coups de fusil, de pistolet, et à se garantir des pierres dont ils étaient atteints. Ce fut alors quei le prince Bonaparte se mit à la tête de vingt-cinq grenadiers de la légion étrangère, qui formaient un peloton de réserve, commandé par le capitaine Niko; il rétablit l'ordre, soutint le détachement du bataillon d'Afrique, arracha le corps d'un grenadier des mains d'un Arabe qu'il tua

d'un coup de pistolet, et alla ensuite prendre po« sition dans un jardin à trente mètres du mur que nous avions quitté; il s'y maintint et arrêta l'ennemi. Dans lemême moment le sergent Shmitter, placé à peu de distance sur un petit mamelon avec dix grenadiers, s'y faisait tuer en résistant bravement aux Arabes qui étaient venus l'attaquer.

Aussitôt que le général fut informé de ce qui se passait j il se rendit sur led lieux avec le bataillon du 1*' zouaves et celui des tirailleurs indigènes qu'il fit diriger à droite et à gauche des jardins, pour cerner les Arabes, et, pendant que ce mouvement s'opérait. Tordre fut donné au Colonel Càrbuccia de battre en retraite^ ce qu'il fit sous la protection des deux bataillons qui étaient venus à don aide. Quant aux Arabe», ils se retirèrent lorsqu'ils virent de nouvelles troupes et la direction qu'elles prenaient. Les corps de deux soldats, une caisse de tambour et des outils restèrent dans leurs mains.

Notre perte fut de six tués et de vingt-deux blessés, dont trois officiers ; elle eût été plus considérable sans la présence d'esprit et le sangfi*oid du prince Bonaparte, qui, quelques jours

après ^ dut quitter la colonne expéditiônnail*ë des Zîban pour se rendi*e à TASsembléë nationale.

Cette interruption dabs Tabatage des palmiers, les outils abandonnés et la retraite un peu ti^op prompte des troupes avaient donné aux Arabes une grande confiance dans leurs forces; le général ne voulut pas les laisser longtemps dans ces dispositions d'esprit, et le lendemain (26 octobre)^ à la pointe du jour, il fit reprendre cette opération sous la direction du chef de bataillon Bourbaki, qui plaça lui-même les postêd^ échelonna les tirailleurs et fit occuper leô murs avec un tel soin, tontes les issues fuirent si bieti fermée^, que quand les Arabes, encouragés par le sucCiès de la veillé^ Se montrèrent potlf tious ifaquiétef ^ ils furent feçns par un feu si vif qu'ils s'éloignèrent de suite et ne tirèrent que de fort loin. Les travailleilrs purent donc remplit» leur tâche avec sécurité^ et 150 hommes du batailldn indigène, l'élevés d'heure en htjure par le niôtne nombre, abattirent en quatre heut^es et deiriie le rideau épais de palmiers qui permettaient aux gens de Lichana de venir tirer sur l'extrême gauche du camp et sur les hommes allant aux fontaines. Ce travail achevé, les troupes se

retirèrent dans le plus grand ordre, et il n'y eut ni tués ni blessés de notre côté.

Pendant que Ton sévissait contre les gens de Lichana par Tabatage de leurs palmiers, les défenseurs de Zaatcha firent une sortie et vinrent se faire tuer sur les baïonnettes des hommes du 38* de ligne, de service aux tranchées. Exalté parle fanatisme, un des leurs, se glissant jusqu'au parapet de la galerie, voisine de la batterie Besse, introduisit le canon de son fusil entre deux rondins de palmiers, fit feu, et la balle, tirée à bout portant, tua roide le capitaine Graillet, du génie, au moment où il donnait des ordres pour la continuation des travaux. Cette mort fut d'autant plus regrettable que cet officier, plein de cœur et de dévouement, avait été chargé depuis 48 heures de la direction des attaques, en remplacement du colonel Petit, qui, après avoir été blessé grièvement le 9 octobre, n'abandonna les opérations du siège que lorsque des symptômes alarmants s'étaient manifestés et lui avaient fait comprendre la nécessité d'être évacué.

C'était le quatrième officier du génie que la colonne expéditionnaire perdait depuis notre arrivée devant l'oasis de Zaatcha, perte énorme

pour cette arme, qui, comme on la déjà dit, avait à lutter contre des difficultés immenses. Le capitaine Charles remplaça M. Graillet, et laissa la direction des travaux de l'attaque de gauche au capitaine Laberge.

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