CHAPITRE V
Parti que Bouzian tire des dépouilles des cadavres laissés entre les mains des Arabes. — Établissement d'une batterie, son tir. — Beconnaissance faite par le commandant Bourbak', avec le bataillon de tirailleurs indigènes. — Construction de nouvelles batteries. — Le colonel Petit, du génie, blessé grièvement. — Commencement des travaux de siège. — Le capitaine Charles, du génie, prend la direction active des travaux. — Le colonel Petit conserve celle des attaques. — Moyens employés pour se défiler des feux de l'ennemi. — Chasseurs d'autruche, — Le lieutenant-colonel Pariset. — Conduite de l'artillerie. — Sortie des rebelles; ils se jettent sur nos positions. — Résistance des assiégés. — Nécessité d'étendre les travaux d'approche vers la droite. — Reconnaissance faite par le sergent-major Jouvisse, de l'arme du génie. — Occupation de nouveaux jardins. — Attaque des Arabes. — Système adopté par les défenseurs de Zaatcha, pour arrêter les travaux. — Contingents nombreux arrivant et se remplaçant sans cesse.
L'attaque et roccupation de la partie la plus saillante de l'oasis ne portèrent ç^ucune atteint^
an fanatisme et à Thostilité des défenseurs de Shatcha, qui, ne jugeant les faits que par Timpression qu'ils en ressentaient, virent une défaite dans une retraite d*un moment et dans l'abandon forcé de quelques hommes tués. Les cadavres de nos soldats produisirent parmi eux le plus grand enthousiasme, que Bouzîan s'empressa de propager dans les oasis voisines, en y envoyant comme trophées les vêtements dont on les avait dépouillés. Ce spectacle, parlant aux yeux de tous, exalta les têtes^ augmenta le nombre de gesi partisans et affermit en môme temp» 1^ confiance de ceux qui étaient déjà avec lui. Aussi, tous les Arabes réunis à Lichana et à Zaatcha en sortirent pendant la nuit, et, s'éparpillant autour du camp, Tassaillirent dQ conps de fusil, qui, tirés de loin, indiquaient plutôt le contentement d'un succès obtenu, que l'intention d'une attaque çpnjbjnée, Les troupes y répondirent & peine.
L'audace et l'arrogance des habitants de ces deux village^, qui étaient encouragés dans leur résistance par leurs voisins et surtout par des Arabes étrangers au pays, venus à leur aide, provenaient évidemment du peu de crainte que leur nspirait une faible colonne, dont ils connaissaient l'effectif, et aussi de l'assurance que leur
donnait Tenceinte de Zautohâ, véritable réduit oâi ils croyaient pouvoir braver impunément toutei nos attaques. Il était donc de toute nécessité de leur prouver le contraire, en dirigeant immédiatement le feu d une batterie d'artillerie sur ce village, afin d'y faire brèche et d'ébranler par ce moyen la confiance que les rebelles avaient dans les murs de cette espèce de forteresse.
{Planche III.) Ce fut pour atteindre ce but que l'artillerie, dans la nuit du 7 au 8 octobre, construisit une batterie sur l'emplacement que le colonel du génie avait reconnu propre à l'établissement d'une place d'armes. De ce point, on apercevait à peine les murs des maisons qui formaient l'enceinte du village, dont on espérait voir la base après l'abatage de quelques palmiers. Cette batterie fut terminée le lendemain, au point du jour, malgré toutes les tracasseries des Arabes et malgré le manque de matériaux, auxquels il fut suppléé par des tronçons de palmiers et par les débris des portes arrachées des maisons de la Zaouïa.
Cette batterie prit le n° ! , fut armée de trois pièces (1) et à dix heures du matio elle ouvrit son
(1) Un canon de 8, un obusier de 0,15 et un de 12.
feu, dont on ne pouvait juger l'effet que par les nuages de poussière qui, s*élevant à chaque coup, indiquaient que les projectiles atteignaient les constructions; mais les palmiers et les autres arbres qui les masquaient ne permettaient pas d'apprécier la justesse du tir. On était donc dans la plus grande incertitude sur le résultat de cette canonnade prolongée , lorsque tout à coup on aperçut une brèche et des lézardes. Celles-ci, vues de la batterie, paraissant d'une assez grande largeur, firent supposer que les Arabes, effrayés de l'effet produit par les boulets, ne prolongeraient pas davantage la défense de leur village et feraient leur soumission. Le général, sous cette impression, voulut s'assurer si vraiment les dégâts étaient tels que Ton pût espérer la reddition de la place ou bien tenter une attaque de vive force. Il chargea le commandant Bourbaki de cette mission.
Cet officier supérieur se porta avec une compagnie vers la droite de la batterie, dépassa les tirailleurs du 43* de ligne, que l'on avait placés en avant pour couvrir Tabatage des palmiers; il reconnut que, de ce côté, la muraille était un peu endommagée dans sa partie supérieure, et que le canon n'avait nullement atteint la partie infé-
rîeure; toutefois, cette reconnaissance ne suffisant pas, le commandant se dirigea vers la gauche avec son bataillon pour se porter dans les jardins qui bordent la place, afin de juger de plus près quelle était la nature des dégâts et d'inspirer en même temps aux Arabes la crainte d'un assaut.
Cette tentative ne fut pas heureuse. Les tirailleurs indigènes ne pouvant être surveillés par leurs chefs se dispersèrent, les uns dans les jar* dins et les autres, en grand nombre, s'élancèrent avec élan sur le village, oh probablement ils croyaient pouvoir pénétrer. Arrivés à peu de distance du fossé , ils furent reçus par un feu terrible parti tout à coup de tous les créneaux des maisons, auquel ils ne pouvaient répondre et qui les força à se retirer précipitamment. Les Arabes, à ce mouvement de retraite, sortirent de tous côtés et se mirent à leur poursuite; les tirailleurs, s'arrêtant subitement, firent un retour offensif, leur tuèrent plusieurs hommes et arrachèrent de leurs mains les corps d'un officier et d'un soldat qui avaient succombé.
Dans cette reconnaissance, malheureusement interrompue, on put cependant s'assurer que le premier mur était écrêté, que quelques maisons
étaient percées de boulets sans être sérieusement endommagées, et que la brèche, que Ton avait crue praticable, était à plus de deux mètres audessus du fossé. Ainsi, les nombreux projectiles lancés n'avaient fait que fort peu de dégâts et les murs atteints étaient restés intacts même à une grande hauteur,
La perte, dans ce combat d'un moment, fut, pour les tirailleurs indigènes, de 7 tués, dont 1 officier, et 43 blessés; ajoutée à celle de la veille, elle faisait un grand vide dans la colonne, déjà bien faible; elle démontrait, en outre, combien il était difficile, sinon impossible, d'empêcher les hommes de s'égarer dans le dédale de tous ces jardins, où cachés, dispersés, ils échappaient à la surveillance de leurs chefs et allaient imprudemment se livrer aux coups d'un ennemi invisible. Quant aux Arabes, bien qu'ils eussent été abrités, ils n'en eurent pas moins, dans ces deux journées, plusieurs des leurs tués et un assez grand nombre de blessés ; mais, comme la plus grande partie était étrangère à la localité, il n'en pouvait résulter aucun deuil, aucune désolation dans les familles de Zaatcha , ce qui fut une des principales causes de la longueur de cette guerre.
Le bataillon indigène, en ae retirant, avait entraîné avec lui les compagnie» qui avaient été placées dans les jardins les plus avancés; ces derniers furent abandonnés pour le moment avec rintentîon de les reprendre, lorsque les posi»tîons que nous occupions seraient fortifiées, et qu'une nouvelle batterie aurait été construite à 40 mètres de la première, pour en protéger l'occupation. Ces travaux furent exécutés la nuit.
(Planche II J,) Le lendemain 9 octobre, à la pointe du jour, le colonel Petit, qui mettait un grand zèle et une aptitude remarquable dans tout ce qu'il entreprenait, partit du camp avec une section du génie, une compagnie du 5* chasseurs à pied et une autre de la légion étrangère ; ce détachement s'empara sans difficulté, sous la protection de la batterie n° 2, des jardins abandonnés la veille, dont on assura l'occupation en perçant des créneaux dans les murs d'enceinte.
Pendant que ce mouvement s'opérait, le colonel s'était porté en avant pour faire une reconnaissance des lieux et déterminer l'emplacement d'une nouvelle batterie qui pût prendre d'enfilade les tours du village. C'est au moment qu'il montrait cet emplacement à plusieurs officiers
et qu'il se faisait donner des renseignements sur Zaatcha par le sous-lieutenant Séroka, attaché au bureau arabe, qu'une balle, partie d'un des créneaux de la place, vint lui briser l'épaule gauche, après avoir traversé le cou de M. Séroka.
La blessure grave que venait de recevoir le colonel Petit, et qui nécessita la désarticulation de l'épaule, porta la plus profonde tristesse dans le cœur des officiers et soldats de la colonne expéditionnaire ; elle était d'autant plus sensible que déjà, à l'affaire du 7, le capitaine Thomas et le lieutenant Pillebois avaient été évacués pour cause de blessures graves : ce qui avait réduit l'effectif des officiers du génie à quatre, dont deux capitaines (1), nombre évidemment insuffisant pour répondre à toutes les exigences du service.
Le capitaine Charles prit alors la direction active des travaux, et le colonel Petit, malgré ses vives souffrances, voulut conserver celle des attaques. Il demanda à ce qu'on laissât, d'une manière permanente, au colonel Carbuccia le commandement des troupes d'infanterie de ser-
(1) MM. Charles et L^berge,
vice à la tranchée; ce qui lui fut accordé, en adjoignant à cet officier supérieur le capitaine CoUineau, de la légion étrangère (1).
Cet événement malheureux fit sentir Timportance de se défiler au plus vite du feu des assiégés,, qui venaient de nous donner une preuve bien cruelle de leur adresse. On ferma donc immédiatement les brèches faites aux murs des jardins, avec des sacs à terre ; on éleva des traverses en rondins de palmiers; on employa enfin tous les moyens possibles pour donner sécurité aux travailleurs, aux canonniers, ainsi qu'aux officiers et soldats que leur service appelait dans les tranchées.
Mais, parmi les gens que Bouzian avait réunis autour de lui, il y avait des chasseurs d'autruches, tireurs d'une extrême habileté ; on ne put, pendant toute la durée des opérations, éviter les effets meurtriers de leurs coups. Ces Arabes du désert restaient toute la journée immobiles sur les créneaux, les yeux fixés sur leur proie; ils en épiaient les moindres mouvements , et tout homme qui se découvrait était frappé. Ils guet-
(1) Mort en Chine, général.
talent aussi avec la plus grande attention le moment où Ton démasquait les pièces, et aussitôt arrivaient des balles tirées avec une précision remarquable, dont les tranches des pièces portaient de nombreuses empreintes; ce qui attestait le danger que couraient les canonniers.
L'emplacement dont le choix avait été si fatal au colonel du génie, ainsi qu'un autre point situé plus à gauche de 50 mètres, ayant été reconnus très-convenables pour l'établissement de deux batteries (1) destinées à prendre d'enfilade trois tours du village, le lieutenant-colonel Pariset les fit construire sans retard. Cet officier supérieur qui, dans le cours du siège, rendit de si grands services, n'avait pour le moment avec lui que officiers et 276 artilleurs, dont le zèle ne se démentit pas un seul instant. Ils donnèlfènt tous de grandes preuves de dévouement et de courage, dans l'exécution de tous les travaux faits au milieu de massifs de palmiers qui leur mas^ quaient la vue, et d'un fouillis de plantes rampantes et d'arbrisseaux qu'il fallait couper^ ai^racher, sous le feu de la place, avant de donner un coup de pioche.
(1) Batterie Petit et batterie n« 3.
Le génie travailla en même temps à perfectionner le défilement, à partir de la Zaouïa jusqu'à ces dernières batteries, et, s'avançant avec prudence, s'empara^ sans coup férir, d'un jardin (1) situé vers l'extrême gauche^ dont l'occupation fut importante parce que le terrain sur ce point dominait un peu les jardins environnants, et permettait de tenir les Arabes éloignés de nos positions.
Les autres troupes de la colonne expéditionnaire, comme celles du génie et de l'artillerie, étaient animées d'une grande émulation, d'une activité presque fébrile, et toutes ayant le plus grand désir d'en finir avec les défenseurs de cette petite forteresse, qui les provoquaient sans cesse , apportaient le plus grand zèle dans les différents services. Aussi, malgré leur petit nombre et les dangers auxquels elles devaient être exposées, le général n'hésita pas à faire continuer les travaux d*approche dans le but d'arriver au fossé que l'on voulait combler, au point oîi la brèche devait être faite.
La construction de ce cheminement fut très-
(I) Jardin r 8.
souvent contrariée par les pierres que les Arabes jetaient sans relâche sur la tête de sape, et par les feux plongeants des maisons, que l'artillerie chercha à éteindre. Pour le faire avec plus d'efficacité , celle-ci construisit une nouvelle batterie (1) qui, concurremment avec les deux dernières déjà établies, battit les points les plus élevés de la place; elle dirigea principalement son feu sur la tour sud-est, dont une partie du haut s'écroula. A la vue de cet éboulement, les sapeurs du génie débouchèrent dans cette direction ; mais ils furent arrêtés par les Arabes qui les rejetèrent dans les jardins, dont ils tentèrent même l'escalade. Cette attaque fut repoussée par la garde de tranchée et n'eut aucune suite fâcheuse.
Ce fragment de tour écroulé, et les sapeurs du génie débouchant pour se porter sur le bord du fossé, inquiétèrent tellement les rebelles que, le soir même, à 7 heures, ils se réunirent au nombre d'environ 300, et, s'animant les uns et les autres, vinrent se jeter avec fureur sur la gauche de nos positions pour nous en chasser. Deux fois ils furent reçus
(1) Batterie n« 4.
par les grenadiers du 43' et par ceux de la légion étrangère; les premiers qui se présentèrent furent tués sur place, ainsi que ceux qui vinrent pour enlever leurs corps. Après une lutte assez longue, ils furent enfin repoussés, en laissant 10 morts et en emportant leurs blessés. De notre côté , nous eûmes un homme tué et 22 blessés. Le chef de bataillon Plombin, de la légion étrangère , qui commandait ces deux compagnies d'élite, se fit remarquer par l'élan qu'il sut donner aux troupes.
{Planche III.) Jusqu'au H octobre, les travaux d'attaque furent dirigés sans interruption sur l'angle sud-est du village, et on les croyait suffisants pour déterminer la soumission des habitants qui, selon toute probabilité, ne voudraient pas s'exposer à une prise d'assaut. Les assiégés, au contraire, n'en devinrent que plus entreprenants, plus audacieux, et l'opiniâtreté de la résistance ne fit qu'augmenter au fur et à mesure qu'on s'approchait de la place. On sentit donc la nécessité d'étendre ces travaux vers la droite, pour ouvrir une deuxième brèche à l'angle nord-est, et d'approcher d'une maison que l'on croyait être
celle de Bouzian (1), et qui, jusqu'à ce moment, avait été à l'abri de nos projectiles. Une reconnaissance fut donc faite par le sergent-major Jouvisse, du génie, qui, suivi de six sapeurs, sut se dérober à la vue des Arabes et arriver dans un jardin, à 45 mètres de l'angle nord^est, qu'il reconnut propre à l'emplacement d'une batterie. D'après son rapport, il fut décidé que l'on s'emparerait de ce jardin (2), et tous les matériaux nécessaires à cette occupation furent préparés, pendant la nuit.
Deux compagnies du 5" bataillon de chasseurs furent placées dans ce jardin, et dans un autre, un peu plus à gauche (3); tous les deux attenant au chemin qui conduisait de la Zaouïa au village ; et, le lendemain, à la pointe du jour, ils furent entièrement occupés, les murs crénelés et la rue barricadée. Les ronces, les abricotiers, les oliviers et les palmiers qu'il fallut arracher ou abattre pour se faire jour, rendirent le travail pénible et long. Heureusement pour les tra-
(1 ) L'emplacement réel de la maison de Boiuian n'a été connu que longtemps après.
(2) Jardin nM2.
(3) Jardin n<> 10. -
vâilleurs que les murs élevés dont ils étaient entourés, les défilaient des feux de la place. Les Arabes, cependant, qui se doutaient de nos intentions, avaient l'oreille au guet, et, ne se trompant pas sur la direction donnée aux travaux, arrivèrent en nombre, lancèrent une grande quantité de pierres par-dessus les murs qu'ils ne pouvaient franchir ; et les plus audacieux, attaquant avec vigueur du côté de la tête de sape, y laissèrent cinq cadavres. Le travail fut interrompu et ne fut repris que lorsque les Arabes, après maints efforts inutiles pour nous chasser de ces nouvelles positions, se furent retirés.
Le système adopté par les défenseurs de Zaatcha, dès le début du siège, était de nous inquiéter sans cesse, de nous opposer audace et ruse, et de renouveler constamment les tentatives les plus hardies pour entraver et même arrêter nos travaux d'attaque. Aussi, ce cheminement de jardin en jardin était devenu un combat incessant, de jour et de nuit, oîi les Arabes, attaquant parfois de vive force, venaient se faire tuer au pied des retranchements. Trèssouvent, profitant de la connaissance qu'ils avaient de toutes les issues de l'oasis, ils faisaient une irruption tellement rapide que l'on
était forcé, pour les repousser, d'abandonner une position nouvellement occupée.
Plus tard, ils allumèrent de grands feux, qui, éclairant les tranchées, assuraient leur attaque dont l'objet principal fut toujours les têtes de sape; ils en incendiaient les blindages, enlevaient les maeques et, s'acharnant au gabion farci, ils ne manquaient jamais de tirer à bout portant sur les sapeurs qui le posaient. Les travaux n'en étaient pas moins continués, les dégâts réparés; et ce fut ainsi qu'à force de patience, malgré des obstacles de toute espèce et des luttes continuelles, on parvint à construire les batteries de brèche et à s'établir solidement sur plusieurs points.
Cette guerre de chicanes ne laissait pas que d'être meurtrière, et était prolongée par la facilité avec laquelle les Arabes pouvaient s'introduire dans l'oasis par la partie ouest que nous ne pouvions occuper, et qui, entièrement libre, permettait à Bouzian d'évacuer les blessés et de les remplacer par de nouvelles recrues, formant parfois des contingents nombreux. Ainsi renouvelés, ces soldats improvisés arrivaient avec l'exaltation du fanatisme et avec l'ardeur guerrière du moment, dont ils se hâtaient de donner
des preuves, soit en faisant des démonstrations hostiles sur le camp, soit en attaquant à Timproviste quelques parties des tranchées.
Ces nouveaux combattants nous étaient signalés le soir, à leur arrivée, par les cris des femmes, l'aboiement des chiens et par des coups de fusil tirés en signe de réjouissance ; ils apportaient avec eux des vivres, de la poudre, et, après quelques jours passés à Lichana ou à Zaatcha, ils s'en retournaient dans leurs tribus pour être remplacés par d'autres. Ce n'était donc pas un ennemi fatigué et découragé que nous avions à combattre , mais bien des hommes pleins d'entrain et excités à la résistance par la voix d'un chef qui les fanatisait, leur répétant sans cesse: « que le chrétien n'entrerait pas plus dans « Zaatcha que dans la Mecque. » On se trouvait donc en face d'un adversaire décidé à ne céder qu'à la dernière extrémité.