‹ Intérêt de quelques tests pour le diagnostic de certaines formes de tuberculose aiguëChapitre 10 sur 25 · Inoculation de produits suspects · texte numérisé non relu

Inoculation de produits suspects

Fu __ de tuberculose au cobaye.

Si on n’a pu trouver le bacille de Koch dans un produit pathologique par l'examen microscopique, où peut espérer le trouver par l’inoculation au cobaye.

Cette méthode de dépistage de la tuberculose est très employée ét les produits injectés sont de toute nature, crachats, urines, liquide pleural, sédiment de matières fécales, liquide céphalo-rachidien.

L'inoculation se fait sous-cutanée et dans les cas de réponse affirmative le cobaye présente une tuberculose caractérisée par les points suivants : chancre d’inoculation, adénopathie satellite, tuberculose viscérale. S1 tout se passe de cette facon, le diagnostic est, certain. Mais bien souvent on se trouve en face de formes atypiques et d'interprétation difficile. Au bout de six

semaines, délai schématique classique pour la tuber-

Ness 110 qe

culisation, le cobaye est encore en vie et ne présente aucune lésion appréciable, tout au plus a-t-il maigri un peu, et présente-t-il quelques petits ganglions. Parfois, au contraire, on annonce du laboratoire que le cobaye est mort cachectique mais sans lésions tuberculeuses apparentes.

Il faut alors se rappeler que ces formes atypiques sont en réalité des formes tuberculeuses: seulement l’inoculation a introduit ici non pas des bacilles, mais une autre forme de virus tuberculeux à propriétés pathogènes un peu différentes, la « forme invisible ».

Que faut-il relever dans cette méthode : si une réponse affirmative a une très grosse valeur il ne faut pas oublier que d’une part cette réponse est tardive, cinq, six semaines et plus. D'autre part, les lésions atypiques sont parfois d'interprétation difficile.

Il nous a semblé intéressant de rapporter ici les modifications apportées dans la méthode par G. Ninni, L'inoculation ne se pratique plus iei sous la peau du cobaye mais dans les ganglions lymphatiques eux-mêmes

La technique est assez simple et les résultats plus rapides. Le cobaye étant étendu sur le dos, le cou tendu, on lui fait une incision pré-trachéale de 2 à 3 em. On relève les bords de la plaie, On trouve alors, en dilacérant à la sonde le tissu cellulaire, un ganglion latérotrachéal gros comme une lentille, un grain de blé. Le plus souvent ce ganglion est aisément découvert, parfois on ne trouvera ce ganglion que plus bas.

L’inoculation du produit suspecL est faite avec une

aiguille très fine, en plein ganglion. La plaie est ensuite

HS

suturée à l’aide d’agraffes de Michel. La quantité de liquide à injecter est minime, 1/10 de cm 3.

Huit à dix jours plus tard, on prélève le ganglion inoculé. Si le produit était de nature tuberculeuse, le ganglion présente une augmentation de volume. Il est alors gros comme un petit pois.

Un frottis de ce ganglion montre des bacilles acido résistants. La quantité de bacilles trouvés est beaucoup plus grande que celle renfermée dans le ganglion de l’aine d'animaux inoculés par voie sous-cutanée. Ninni déclare à ce propos : « On peut dire que par l’inoculation intra-ganglionnaire on obtient une vraie culture de bacille de Koch in vivo. » Il est à noter en effet que le ganglion lymphatique détruit les microbes inoffensifs

ou peu pathogènes pour le cobaye et purifie le produit

inoculé, tandis qu'il permet le développement et la multiplication des microbes à affinités Iymphatiques comme c’est le cas pour le bacille de Koch.

Cette méthode aurait, nous l’avons dit, l'avantage de donne: une réponse plus rapide, huit, dix douze jours après l’inoculation. Elle en aurait un autre : l’injection intra-ganglionnaire d’une très petite quantité de produit tuberculeux sans bacille de Kock donne un résultat, alors que l'injection sous-cutanée du même produit à des doses dix et vingt fois plus grandes n’est suivie d'aucune tuberculose typique du cobaye.

On peut mettre ce fait en évidence en pratiquant systématiquement chez chaque cobaye l’inoculation sous-cutanée et intra-ganglionnaire. Cette méthode est

employée à peu près régulièrement dans les hôpitaux de

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Nantes, par M. le professeur Ballet, chef du laboratoire

de bactériologie.

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