__ La cuti-réaction à Ja tuberculine
Chez le jeune enfant, le nourrisson, on a pensé avoir un test à la fois rapide et fidèle dans la pratique de la cuti-réaction à la tuberculine de Von Pirquet.
Cette réaction indique l’attemte ou la non-atteinte d’un organisme par la tuberculose.
C’est Von Pirquet qui, en 1907, montra la technique de la cuti-réaction à la tuberculine et précisa quels services on en pouvait attendre dans le diagnostic précoce de la tuberculose du premier âge.
La technique est simple : on pratique à l’aide d’un vaccino-style deux scarifications en un point quelconque des téguments, région deltoïdienne le plus souvent. L'une des deux scarifications va servir de témoin, l’autre va recevoir une goutte de tuberculine brute de Koch.
Si la cuti-réaction est négative, on ne peut noter dans les jours qui suivent de modifications appréciables entre les deux scarifications.
Si la cuti-réaction est positive, on observe déjà au bout de douze heures une légère rougeur, puis au bout
de vingt-quatre à quarante-huit heures, on constate
l'existence d’une papulle rouge, dure, œdémateuse, surélevée. Sans rougeur et sans tuméfaction on ne saurait regarder une cuti-réaction comme positive. Cette papulle disparaît du sixième au quinzième jour sans laisser de traces.
Toute réaction positive indique que le sujet a été infecté par le bacille de Koch à une période quelconque de sa vie et qu'il porte en lui des bacilles vivants; mais elle ne signifie nullement qu'il s’agit d’une tuberculose en évolution. C’est pourquoi la valeur d’une cuti-réection positive est avant tout fonction de l’âge du sujet. Sans valeur chez le grand enfant et chez l’adulte elle acquiert chez le nourrisson une importance capitale du fait qu'à cet âge, l’mfection tuberculeuse présente presque toujours une tendance évolutive. Elle supplée chez le nourrisson à la pauvreté fréquente du tableau clinique, et permet d'affirmer le nature de l'affection
Mais cependant peut-on dire qu'une cuti-réaction négative permet d'éliminer le diagnostic de tuberculose chez le nourrisson. On peut répondre que le sujet n’héberge pas de bacilles de Koch à condition qu'il ne soit pas en période anté-allergique ou sous l'influence de ces causes d’anergie qui empêchent un porteur de bacille de réagir à la tuberculine.
On sait en effet qu'il s'écoule un certain temps entre la pénétration du bacille dans l'organisme et l’apparition de la première cuti-réaction positive. Cette période est variable, semblant être de deux à trois mois environ.
La cuti-réaction peut-être négative du fait de l’aner-
gie, soit anergie due à l'extension des lésions tuber-
RTE
culeuses. En 1907 Von Pirquet signalait en effet que 18 © des enfants tuberculeux chez qui la réaction fut pratiquée, répondaient négativement. Ces enfants étaient des cechectiques ou des tuberculeux miliaires.
Depuis, de nombreux auteurs ont confirmé ces faits et noté la fréquence ‘de la cuti-réaction négative à la période terminale de la tuberculose chez les enfants. Pour MM. Lemaire et Turquety cette réaction ne disparaîtrait qu’à la période agonique.
A côté de cette anergie terminale on connaît l’anergie liée à certaines affections, telle la rougeole, la pneumonie, la coqueluche.
Que conclure de tout ceci? Chez le nourrisson on trouvera toujours un gros intérêt à rechercher une cutiréaction positive. En cas de cuti-réaction négative, il faudra interpréter le résultat, tenir compte des maladie anergisantes et surtout juger en tenant compte de l’état
floride ou cachectique du petit malade.
En matière de tuberculose, il faut contrôler le diagnostic clinique par des tests.
Le seul pathognomonique est le bacille de Koch, trouvé dans le champ du microscope.
Lorsque le cobaye inoculé présente soit une tuberculine expérimentale type Villemin, soit une adénitë bacillifène, on peut penser le diagnostic clinique bien étayé.
En l’absence de ces deux tests, il semble intéressant de rechercher quelques renseignements auprès de la réaction de AE, à la résorcine.
Chez le nourrisson et le jeune enfant, et seulement, chez eux, on aura tout intérêt à rechercher l’état de la Cuti-réaction à la tuberculine.
Enfin, il ne faut pas oublier qu’en l'absence de bacille de Koch, il vaut mieux s’entourer de plusieurs preuves que d’une seule,
L'intérêt présenté par les tests dans le diagnostic de la tuberculose en général, est encore plus grand lorsqu'il s’agit de formes de tuberculose dans lesquelles le bacille de Koch est particulièrement difficile à mettre en évidence.
C'est pourquoi nous allons étudier les deux formes suivantes :
méningites tuberculeuses; typho-bacillose.
Nous n'avons pas la prétention de reprendre ces deux questions à fond. — Nous étudierons simplement l'intérêt que peut présenter chaque test signalé ci-dessus.
Nous présenterons pour certains de ces tests des observations.
Dans ces deux formes de tuberculose, nous signa- | lerons l’intérêt que peut présenter un examen radiologique des poumons d’après les cas qu’il nous a été donné d'observer.