‹ Intérêt de quelques tests pour le diagnostic de certaines formes de tuberculose aiguëChapitre 20 sur 25 · II. — La typho-bacillose · texte numérisé non relu

II. — La typho-bacillose

La seconde forme dans laquelle il est difficile de mettre Je bacille de Koch en évidence est le typho-bacillose.

Cette forme de septicémie bacillaire, dite sans localisation a été individualisée en 1882 par Landouzy, il lui a donné le nom de typho-bacillose à cause de la ressemblance qu’elle affecte souvent avec la typhoïde éberthienne.

Ce qu’on peut dire de suite c’est que ce diagnostic est rarement fait, donnant lieu à de nombreuses erreurs de diagnostic.

Comme l’a dit Landouzy il faut savoir y penser à chaque fois qu’on se trouve en présence d’une fièvre continue qui ne fait pas sa preuve, ou d’un état subfébrile indéterminé. Il ne faut pas se contenter de parler de grippe, d’embarras gastrique fébrile, de

fièvre muqueuse, de para-typhoïde.

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Voici les térmes dans lesquels Landouzy parlait de

cette affection.

« Dans l’immense majorité des cas, après trois ou « quatre semaines d’une fièvre continue, accompagnée « de prostration plus ou moins accusée, allant de l’état « typhique avéré, avec sécheresse de la langue, avec «hypertrophie plus ou moins nette de la rate, le malade «entre en convalescence, Mais en général cette convales- «cence n’est pas franche, le maladene reprend pas son «entrain; le bel appétit des dothienentériques ne se « manifeste pas; l’amaigrissement persiste. Au bout de « quelques semaines ou de longs mois apparaissent « brusquement ou sourdement les signes d’une locali- « sation tuberculeuse pulmonaire ou pleurale le plus « souvent, assez fréquemment méningée chez l'enfant.

«C’est le cas d’un garçon de 7 ans, sans antécédents « morbides, atteint d’une maladie aiguë fébrile, absolu- « ment semblable à une fièvre typhoïde de moyenne «intensité sauf l'absence de catarrhe intestinal et de taches rosées. Au quatrième septenaire l'enfant entre

« en convalescence et on l’emmène à Ia campagne: il

«en revient en apparence bien portant, moins joufflu «et moins vaillant pourtant que ne le sont d’ordinaire «les enfants qui viennent d’avoir une dothienentérie. « L'hiver se passe sans encombre; puis, un beau matin -« l'enfant est pris de malaise, de céphalée, de vomisse-

«ments, de fièvre, de convulsions : en quelques jours

«il est emporté par une méningite tuberculeuse. « Parfois la convalescence qui suit la typho-bacillose

paraît tout à fait franche et de bon aloiï; l’apyrexie est

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« complète, on touche à la guérison, et cependant ici «encore On voit survenir plus ou moins tard, plus ou « moins brusquement une localisation tuberculeuse.

« Presque toujours les « typhiques bacillaires », guéris «de leur fièvre, demeurent en gestation de tuberculose, et « quelques semaines, quelques mois ou plusieurs années « après la septicémie aiguë initiale, ils se démasquent « tuberculeux. C’est donc seulément après avoir fait

«un stage dans la bacillose que ie typho-bacillaire entre « dans l’anatomo-pathologie et la symptomatologie « tuberculeuse. » |

On comprend que, dans ces conditions, le diagnostic de typho-bacillose fût pendant longtemps un diagnostic d'élimination qui se vérifiait par l’évolution même de la maladie.

Lorsqu'on se trouve en présence d’un tableau semblable : montée thermique progressive, suivie d’une température presque en plateau, pouls accéléré, état typhique plus ou moins marqué, on ne manque pas de penser à une dothienentérie et on pratique de suite les examens de laboratoire habituels, hémoculture dans sérum Citraté pour rechercher après culture le bacille

* Eberth ou les paratyphiques À et B. — Cette recherche n’est couronnée de succès en général que pendant les premiers temps de la maladie, pendant la période de fièvre croissante, période septicémique. Par la suite, à peu près dès le début du second septennaire on est

‘obligé d’avoir recours à la séro-agglutination des bacilles

- typhiques et paratyphiques de Widal.

: Dans le cas d’une typho-bacillose ces deux épreuves

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sont restées négatives. La seconde est parfois positive mais à des taux d’agglutinetion trop faibles et non pathognomoniques. Rappelons que l’agglutination pour avoir une valeur doit se faire au un centième pour le bacille d'Eberth et au quatre cent cinquantième pour les bacilles paratyphiques.

Donc à la suite de nos examens, nous obtenons la conviction que l'affection en cause n’est ni une typhoïde ni une paratyphoïde, va-t-on en rester là, parlant d’embarras gastrique fébrile, de grippe? Non, car il y a une très grande importance à faire un diagnostic étiologique précis et lorsqu'on a pensé à une typhobacillose il faut aller jusqu’au bout de son diagnostic. Comme toujours ‘la certitude nous serait donnée dans cette forme de tuberculose par la présence du bacille de Koch.

Cette présence est en général difficile à mettre en évidence; la culture du sang est pleine de difficultés et nécessite des milieux spéciaux difficiles à préparer (milieu de Lœwenstein).

On peut essayer de trouver des bacilles dans les crachats, mais bien souvent le malade ne crache pas, surtout lorsqu'il s’agit d'enfants. Il est vrai que là on -a la ressource de rechercher les microbes dans les selles ou mieux dans le sédiment d’un lavage de l’estomac pratiqué le matin à jeun. Lorsque le bacille de Koch ‘est trouvé, le diagnostic en est simplifié, mais c’est là le cas rare.

Dans les cas plus.nombreux où le bacille de Koch ne peut être découvert on pourra ici encore tenter l’inocu-

lation du sang du malade au cobaye. On avait reproché

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à cette méthode de donner de nombreux résultats négatifs. Mais nous savons maintenant qu'il ne faut pas tenir compte uniquement des lésions tuberculeuses macroscopiques, mais rechercher avec grand soin les bacilles,acido-résistants dans les ganglions des cobayes inoculés. C’est de cette façon que Netter, Debré et Bonnet, dans un cas semblable, ont pu déterminer la nature d’une fièvre indéterminée avec splénomégalie. Cette méthode peut donc être employée avec certaines chances de succès.

La cuti-réaction à la tuberculine peut ici encore trouver son emploi, à condition que le malade soit un très jeune enfant. Il existe d’ailleurs encore ici des possibilités de icone négatives du fait de l’anergie et de l’anté-allérgie. none certains cas, tels ceux de Wallgren, le fait que les réactions à la tuberculine négatives en série deviennent ensuite positives, constitue un argument sérieux en faveur de la nature tuberculeuse de la fièvre.

Sans doute ici pourrait-on toujours chercher aussi le résultat d’une séro-floculation de Vernes à la résorcine— nos conclusions sur ce test sont les mêmes que plus haut.

Les méthodes que nous venons d'envisager rapidement sont ici bien souvent insuffisantes pour mener à un diagnostic rapide. La radiologie semble nous offrir un test pratique, qui nous a rendu service dans les cas que nous énoncerons plus loin.

Dans un article intitulé : « La typho-bacillose, Valeur diagnostique de l’examen radiologique des poumons », M. P. = Armand Delille, médecin de l'Hôpital Herold,

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