‹ Intérêt de quelques tests pour le diagnostic de certaines formes de tuberculose aiguëChapitre 21 sur 25 · RS ET · texte numérisé non relu

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à attiré l’attention sur l'importance des examens radios copiques et radiographiques des poumons dans les états infectieux que l’on peut rapporter à la typho-bacillose. Il dit à ce propos : « Il eut pû paraître surprenant il y a quelques années de parler d'examens radiographiques à l’occasion d’une fièvre d’allure typhoïde, cette fièvre fût-elle même attribuée au bacille tuberculeux: cependant l’étude attentive des cas de ce genre poursuivie systématiquement dans notre service de l'Hôpital Herold nous a prouvé que la radioscopie et la radiogra phie y ont une valeur de première importance, comme élément de diagnostic. — Lorsque le médecin se trouve en présence d’un état infectieux qui ne fait pas sa preuve, il doit toujours penser à la tuberculose et dans une telle éventualité les examens radioscopique et radiographique doivent toujours être pratiqués, parce que souvent ils peuvent seuls donner la clef du problème ».

Voici une observation typique, observation de M. P.-E. Armand Delille, prise au hasard parmi un certain nombre d’observations semblables du même auteur.

«Au mois de juin 1930, un garçonnet a présenté un état fébrile, accompagné de fatigue et d’anorexie qui fut d’abord considéré comme une paratyphoïde, devant le fait que la séro-agglutination à l’Eberth et aux paratyphiques À et B était négative, on attribua cet état à une infection d’origine intestinale, probablement en rapport avec le colibacillose.

La fièvre finit cependant par tomber au bout de trois semaines, mais la mère mue par une sorte de devina-

tion instinctive exigea qu’on fit une radiographie des

Sorile

poumons; celle-ci décela l’existence d’une ombre de condensation dans la région apexienne.

Après trois mois de séjour au grand air, l'enfant revint: ayant gagné deux kilos, mais il y a encore persistance d’une ombre marquée dans la partie interne de la zone sus et-sous-claviculaire. » -

La radiologie va donc nous venir en aide, nous montrant dans les champs pulmonaires des lésions plus ou moins étendues, non décelables par l’auscultation et l'examen clinique en général. La fièvre observée ici en effet, fièvre qui est parfois à elle seule tout le tableau clinique, est l’expression d’une généralisation subaiguë tuberculeuse, faisant suite à la primo-infection, plus ou moins éloignée déjà.

Cette généralisation subaiguë va bien souvent donner une lésion pulmonaire décelable par radiologie.

Beaucoup d'auteurs comme Bard, Broca, Armand Delille, n’établissent pas de différence nette entre la typho-bacillose et la granulie. Ils considèrent que ces deux formes sont uniquement faites de l’abondance ou de la virulence des bacilles et de la résistance humorale du sujet. Tantôt les microbes contenus dans le sang sont détruits, tantôt ils provoquent des lésions granuliques.

Certaines observations de Tremolières et Morisson, de Mouriquant, ont montré que des granulies pouvaient évoluer sous des formes toxiques sub-aiguës ou typhiques dans lesquelles la radiographie seule permettait le diagnostic. |

L'étude systématique par la radiologie des poumons

LRO

au cours de ces fièvres tuberculeuses va permettre. aussi de suivre l’évolution des lésions. Parfois le processus s'’atténuant nous verrons une régression des lésions radiographiques. Parfois au contraire nous verrons les lésions augmenter et alors des signes cliniques pulmonaires apparaitront. A moins que l’évolution ne soit encore plus rapide, le tableau de typho-bacillose se complètant en quelques semaines par celui de méningite tuberculeuse.

Voici quelques observations de typho-bacillose pour lesquelles un ou plusieurs examens systématiques des poumons aux rayons X ont été pratiqués, donnant

dans tous les cas le diagnostic jusque-là incertain.

Observation 11 (Dr Giroire).

Le jeune G..., âgé de 12 ans, sans antécédents tuberculeux, présente vers la fin de février 1932 une élévation thermique progressive, tout en conservant un bon état général.

Au bout de quelques jours, il présente une angine à fusospirilles contrôlée par le laboratoire.

Le 7 mars 1932, quinze jours environ après le début Pangine à disparu. Mais la fièvre persiste entre 390 et 400 sans grandes rémissions.

Le pouls n’est pas dissocié d'avec la température et se maintient à 100,120.

Pas de prostration.

On note une rate percutable et le malade aurait eu un peu de sang dans ses selles qui ne sont pas diarrhéiques.

Le malade tousse un peu, mais l’auscultation ne permet de trouver aucun signe pulmonaire.

Le 8 mars 1932, pensant à une fièvre typhoïde on pratique une hémoculture et un sérodiagnostic de Vidal pour rechercher le bacille d’Eberth et les paratyphiques A et B.

Ces deux épreuves se montrent négatives,

Le 17 mars 1932. Nouvelle hémoculture, nouveau sérodiagnostic.

Ils sont encore négatifs.

Du17 mars au 7 avril1932, l’état général se maintient relativement bon. La température, qui est montée par moments à 40° et plus, est à 380 depuis trois jours le 7 avril.

On pense encore à une dothiénenterie tout en faisant des réserves sur la possibilité d’une typho-bacillose.

Le 7 avril 1932, on pratique un examen radioscopique des poumons et on est tout surpris de constater l’ombre suivante :

A droite : hile chargé et tache s'étendant dans le lobe moyen.

A gauche : ombre occupant le hile et la région située sur le bord gauche du cœur, avec un prolongement triangulaire vers la cage thoracique sur la ligne axillaire. Cette ombre semble assez dense, se différenciant mal du bord gauche du cœur.

A cette date l’auscultation ne révèle rien.

Le malade pèse à cette date 36 kg. 900.

Le malade est mis aussitôt au repos à la campagne .

Raffray. 4&

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Le 19 mai 1932, le malade est revu.

On constate une amélioration notable. La température depuis plusieurs jours est de 370 le matin, 37°2 le soir.

Le ÿmalade a engraissé de 1 kg. 550, il pèse à l'heure actuelle 38 kg. 450.

L'auscultation attentive des deux poumons est négative en avant et en arrière.

La radioscopie pratiquée à nouveau nous donne l’image suivante

A droite : nettoyage complet.

À gauche : le bord gauche du cœur est toujours noyé dans l'ombre pathologique. Mais la partie externe de cette ombre est beaucoup plus transparente qu'à l’examen suivant. a

Tout semble évoluer vers une scissurite gauche.

Juin 1932.—- Très bon état général.

Plus de température.

Le malade engraisse.

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