‹ Intérêt du Test d'Immobilisation du Tréponème de Nelson et Mayer en milieu obstétricalChapitre 25 sur 33 · REV RES · texte numérisé non relu

REV RES

logie positive chez la mère, 2,4% des cas avec sérologie négative). Donc la syphilis {ue moins de nouveau-nés depuis quelques années el ceci pour différentes raisons : Ja morbidité générale diminue ; la gravité de la syphilis, quand elle existe, a bien diminué grâce au dépistage précoce et aux thérapeutiques efficaces actuellement utilisées. Mais aussi le clinicien est devenu plus difficile pour admettre l'existence de la syphilis et son retentissement sur le fœtus, surtout lorsqu'il n’est pas de fait clinique ou sérologique manifeste. L'intervention de l'infection maternelle n’est plus invoquée sur la simple constatation d’un accident obstétrical suspect.

Encore convient-il de noter son retentissement diftérent suivant les périodes de la maladie. Dans la statistique de l’Institut National d'Hygiène déjà citée, les auteurs trouvent «… un pourcentage plus fort de mort-nés lorsque la syphilis est en période d'activité ; au contraire, dans la syphilis dont les réactions humorales sont devenues négalives, le pourcentage le plus fort est observé dans le groupe des décès du premier mois ». Ainsi chez la mère à sérologie positive au moment de l’accouchement, 1ls trouvent 9 mortnés pour 10 décès dans les premiers mois, soit 3,2 % de la mortalité péri-natale totale. Par contre lorsque la sérologie de la mère est négativée, ils trouvent 7 mort-nés pour 20 décès dans les premiers mois, soit 4,5 % de la mortalité totale.

D'autre part, si de tels accidents surviennent plus Îfréquemment chez la femme syphilhtique, 1l n’est pas de doute que chez elle aussi d’autres causes de mortinatalité peuvent se surajouter (VERMELIN).

Au cours de la grossesse l’existence d’un hydramnios à marche rapide, doit faire. penser à l'éventualité d'une maladie maternelle : la syphilis est l’une d'elle : elle intervient cependant rarement. Et il n’est pas rare de ne trouver aucune cause à cet accident.

Il est devenu exceptionnel de constater chez un nouveau-né des Signes majeurs de syphilis. Lorsqu'on les rencontre encore, 1l s’agit volontiers d’une mère qui s’est soustraite aux examens prénataux ou aux traitements prescrits.

Tout au plus peut-on, chez un nouveau-né de mère syvphiliique, trouver quelques symptômes discrets qui n’ont de valeur que par leur groupement : splénomégalie surtout lorsque associée à une hépatomégalie, corvza rebelle à toute thérapeutique, ostéochondrite, anémie, anorexie. mœæléna. Recherchés systématiquement à la naissance et dans les jours suivants lorsque la mère est une syphiltique connue, ils ont un gros intérêt dans la conduite à tenir dans le traitement de l'enfant.

2 ss

La syphilis est également invoquée comme facteur d'accouchement prématuré. Nous nous réservons d’envisager celle question dans le chapitre suivant.

Ainsi le rôle de la syphilis est-il restreint de nos jours, mais non négligeable encore. Dans les observations citées précédemment nous l'avons vue être responsable de quelques accidents obstétricaux (Avortement : obs. 36. Mort-né macéré : obs. 1224, 1453, 1454, 1593. Mortalité mfantile, AE Ie)

Pour chacun d'eux la preuve de la syphilis a été apportée quelques fois par l'existence d’antécédents cliniques, le plus souvent par des manifestations sérologiques. Dans tous les cas, le T.I.T. apporte une confirmation au diagnostic. Nous voulons ici, en présence d'accidents analogues et lorsqu'aucun élément clinique ou sérologique ne peut en fournir la preuve, utiliser le T.I.T. dans un bui de dépistage pour déceler une syphilis méconnue. Une telle utilisation parait justifiée pour deux raisons :

Nous l’avons vu capable d'éliminer certaines fausses réactions.

Quelques fois chez d'anciens syphilitiques alors que la sérologie était négative depuis un certain temps, il a pu, par sa positivité révéler l’évolutivité de l'affection.

En somme, le T.I.T. que nous avons vu plus sensible et plus spécifique que la sérologie classique, constitue-t-il un moven de diagnostic susceptible de mettre en cause le rôle de cette affection dans quelques cas d'accident obstétrical ?

Pour des raisons d'ordre pratique, qui tiennent à l’impossibilité actuelle de pratiquer le T.I.T. sur une grande échelle, il ne nous a pas été possible de faire une étude systématique de la question. Aussi n’avons-nous à exposer que quelques observations pour lesquelles le clinicien a demandé un T.L.T. destiné à vérifier un doute.

Observation 946 (Docteur CHATARD). — Mme T., 25 ans.

Pas d’antécédents ni héréditaires ni personnels.

Le mari a une sérologie négative.

Deux avortements de deux mois en 1951.

Pas d’incompatibilité sanguine. Sérologie toujours négative depuis 1950.

En mai 1952, menace de fausse-couche.

Sérologie négative. T.I.T.: I.S. 0 % négatif.

Observation 1522 (Professeur PIGEAUD). — Mme M.

Aucun signe clinique ou sérologique de syphilis connu.

Deux avortements à 6 mois et 5 mois 1/2 dans les antécédents, en 1935 et 1949. l 4

Nouvel avortement de 4 mois en 1952, avec expulsion d’un fœtus de 650 gr. RD

La sérologie est négative. T.I.T.: 1I.S. 4 % négatif.

Observation 1032 (Docteur GAUCHERAND). — Mme B., 34 ans.

Trois avortements antérieurs. Trois accouchements prématurés d’un premier mariage. : !

Grossesse d’un nouveau conjoint, traitée au muthanol.

À l'examen prénatal, la sérologie-est négative. T.I.T.: 1.S. 9 % négatif.

Observation 1687 (Docteur DUVERNE). — Mme T.

Deux accouchements prématurés à 7 mois. Les deux enfants sont morts.

Pas de notion de syphilis clinique ou sérologique connue.

Naissance d’un enfant vivant à la suite d'un traitement bismuthique (30 Bi). Puis, deux avortements et un accouchement prématuré avec enfant mort (2 mois, 6 mois, 7? mois). Il n'avait pas été institué de traitement. |

En janvier 1953, sérologie négative. T.L.T. : I.S. 0 % négatif.

Observation 1159 (Docteur CHATARD). — Mme G., 28 ans.

Pas d’antécédent syphilitique connu. Mariée depuis 6 ans. Première grossesse il y a un an avec sérologie négative. Se termine par un accouchement d’un macéré de 6 mois. Nouvelle sérologie de trois mois, avec sérologie négative. TT TEUTSS ensSentembre ms douteur:

refait 52 % positif.

Observation 1528 (Professeur PIGEAUD). — Mme F.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

Sérologie des deux conjoints négative en décembre 1952.

Premier accouchement terminé par une césarienne pour procidence. L'enfant est en bonne santé,

Un avortement de trois mois.

Troisième grossesse en 1952, se terminant au 7 mois par l’accouchement d’un macéré de 1.150/400 gr. Aucune anomalie constatée à l’autopsie (macération avancée).

Aucune incompatibilité sanguine révélée par les examens faits au ia de transfusion. Sérologie négative. T.I.T.: LS, 4 % négatif.

Observation 1509 (Professeur PIGEAUD). — Mme B., 29 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

La sérologie aurait toujours été négative.

Successivement trois accouchements spontanés avec trois enfants vivants.

Un avortement de 2? mois 1/2 (divorce).

Grossesse actuelle (la 5°\ Mort du fœtus in-utero.

AO

B.C.: 0 ; signe de Spalding.

Accouchement d'un enfant macéré de 2.900/440 gr. SÉROIOBIO RES WATER TOM 47 pe PILES AOS négatif.

Observation 372 (Docteur CUILLERET), — Mme B.

Le père est soigné pour une syphilis nerveuse (tabès).

Le fils (mari de Mme B.) a une sérologie négative ; l'examen estnméLAaUt DITES 01% améÉSatif.

Mme B. a eu 7 grossesses avec : deux enfants vivants, actuellement en bonne santé, un mort-né macéré, deux avortements précoces, enfin deux prématurés morts à quelques jours.

La sérologie est négative. T.I.T. : I.S. 0 % négatif.

Observation 1804 (Professeur PIGEAUD). — Mme L., 38 ans.

Aucun antécédent de syphilis connu clinique ou sérologique.

Paludisme à 28 ans.

Diabète décelé il y a 6 ans et s'étant déjà compliqué de 3 comas.

5 grossesses antérieures, dont trois se sont terminées par la naissance de trois enfans vivants en bonne santé. Deux ont été interrompues précocement par des fausses-couches.

Grossesse actuelle avec hydramnios. Déclanchement provoqué du travail avec accouchement d’un enfant macéré (circulaires en écharpe). Enfant 3.000 gr. ù

Vérification : rien à signaler.

Après l'accouchement, sérologie entièrement négative.

HIPRERTS MT EnEQUUT.

Observation 1805 (Professeur PIGEAUD). — Mme T., 44 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

Sérologie prénatale négative.

En 1929, accouchement normal d’un enfant en bonne santé. 3.000 gr.

En 1932, accouchement d'un enfant normal en bonne santé. SUUURON

En 1949, accouchement à 8 mois (néphropathie gravidique). L'enfant meurt en bas âge.

4 grossesse actuelle ; hypertension importante et permanente.

Accouchement un mois avant terme d’un macéré de 1.100/200 gr.

La sérologie est négative. T.I.T.:1I.S. 0 % négatif.

Obervation 1611 (Professeur PIGEAUD). — Mme D., 43 ans.

Aucun antécédent syphilitique connu. La sérologie a toujours été négative, aussi bien chez elle que chez le conjoint.

Huit accouchements d'enfants vivants en bonne santé.

Un accouchement prématuré à 8 mois ; enfant mort à 6 mois d’encéphalite ?

Une fausse-couche de trois mois.

Pour sa 11° grossesse, au 8° mois, présentation par le siège. Une version est faite, facilement, et réussie.

Au cours de l’accouchement, liquide amniotique méconial. L’enfant naît mort. 4.000/810 gr. |

Vérification : gros foie, rate normale, hémorragie ventriculaire.

T.I.T. chez la mère et dans le cordon : I.S. 0 % négatif.

Fe

En, oe

Observation 1837 (Professeur PIGEAUD). — Mme A., 41 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

Première grossesse à 41 ans, avec mort du fœtus in-utero, à proximité du terme. Enfant 3.250/620 gr. ons. :

A l'autopsie, rien à signaler. Signe de Wegner négatif. La sérologie est négative. Et le T.I.T. donne : I.S. 0 % négatif.

Observation 1076 (Docteur PLAUCHU). — Mme M., 50 ans.

Une fausse-couche, un accouchement prématuré, 6 enfants morts dans les premiers jours de Ja vie. PTE Septembre 1952, sérologie négative. T.L.T. : I.S. 0 % négatif.

Observation 1501 (Docteur BROCHIER). — Mme M., 20 ans.

Rien à signaler dans les antécédents de la mère. L'examen prénuptial était négatif. L'examen prénatal négatif.

Accouchement spontané à terme d’un enfant de 3.750/700 gr.

L'enfant grossit normalement, mais à 5 semaines, manifestations articulaires de l'épaule gauche, évoquant une pseudo-paralysie de Parrot.

La sérologie de la mère est négative. T.I.T. : I.S. 0 % négatif.

Observation 1969 (Professeur PIGEAUR). — Mme W., 24 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

Mœælena intra-utérin et du nouveau-né pendant les premiers jours :

Il s’agit d'un premier enfant né à terme, pesant 2.950/600 gr. Sorti au 10 jour en bonne santé. Poids : 3 kgs. !

Sérologie négative. T.I.T. : I.S. 3 % négatif.

Observation 410 (Professeur PIGEAUD). — Mme C., 35 ans. Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis.

Deux accouchements en 1936 et 39, prématurés à 6 mois 1/2 avec mort des enfants dans les premières 24 heures.

En 1942, nouvelle grossesse ; alors que la sérologie est négative, on décide un traitement au muthanol du fait des accidents obstétricaux antérieurs, La grossesse est menée à terme ; l'enfant pèse 4 kg. Il est actuellement en bonne santé.

Deux autres grossesses en 1944 et 1949, sont menées à terme et donnent des enfants normaux. Tous deux sont en bonne santé. (La mère a eu un traitement au bismuth à chaque grossesse).

Nouvelle grossesse en 1952, on décide de ne pas traiter la mère, car la sérologie est toujours négative et le T.I.T. pratiqué à deux reprises est deux fois négatif. L'accouchement est normal, à terme, mais l'enfant meurt rapidement de néphrite. L’autopsie n’a pu être pratiquée et l'enfant peu avant sa mort ne présentait ni splénomégalie ni hépatomégalie, mais un sclérème généralisé et un ballonnement abdominal.

Nouvelle grossesse en 1953, on décide un traitement (pénicilline car albuminurie), Malgré sérologie négative et T.I.T. à nouveau négatif : I.S. Q %. :

Observation 1747 (Professeur PIGEAUD). — Mme P., 34 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis.

Première grossesse normale. Sérologie négative. Accouchement à terme.

Forceps pour un enfant de 4 kg.

er OU Se

Deuxième grossesse avec accouchement en février 1953 d’un nouveau-né de 4 kg. 300/800, Ce nouveau-né d'aspect mongoloïide meurt au 10° jour de péritonite purulente, La sérologie ést négative et le TI.T.: LS. 0 % négatif.

Observation 1971 (Docteur BoNper). — Mme B., 40 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

En 1942 accouchement d'un mort-né,

En 1944 mise au monde d'un prématuré.

En 1943 et 1945 deux fausses-couches.

En 1946 malgré des réactions sérologiques négatives, deux traitements anti-syphilitiques sont entrepris pendant la grossesse. Accouchement à terme d’un enfant débile.

En 1953, nouvelle grossesse de 4 mois 1/2 ; toutes les réactions sérologiques sont négatives et l'ont toujours été.

T1 T.:M.S0 % négatif.

Observation 2.119 (Professeur PIGEAUD). — Mme $S., 30 ans.

Aucun antécédent clinique ou sérologique de syphilis connu.

Deux grossesses antérieures normales avec accouchements d’enfants de 3.150 et 4.100 gr. Accouchements difficiles avec forceps.

Troisième grossesse en 1952-53 avec apparition dans le dernier mois d’un hydramnios à évolution rapide entraînant la mort du fœtus in-utéro. Découverte à cette occasion d'une incompatibilité R.H. avec iso-immunisation (taux élevé d'anticorps anti-R.H. chez la mère).

Accouchement difficile à terme (bassin aplati) d’un enfant macéré avec anasarque fœto-placentaire, La sérologie est entièrement négative : B.W. 0 ; K. : 0; M.:0.

T.I.T : 0 % négatif (fait deux fois).

Ainsi, sur 19 observations, le T.I.T. n'a été positif qu'une seule fois. Un tel résultat n'est pas pour surprendre ; il ne fait que confirmer la rareté de l'intervention de la syphilis dans les accidents 1obstétricaux de la pathologie du nouveau-né.

Dans un cas cependant, alors que sérologie et anamnestiques ne plaidaient en aucune façon pour la syphilis et alors qu'il n'existait aucune cause décelable pour expliquer l'accident, le T.I.T. s’est révélé utile pour mettre en évidence une syphilis ignorée.

: L'observation 1159 est d’ailleurs intéressante pour une autre raison ; en effet, le premier T.I.T. pratiqué est douleux avec une I.S. à 39 % seulement. De tels résullats sont rares ; mais aussi 1l ne faut pas s’en contenter, car ils sont trop souvent imputables à une faute technique : (défaut du complément en particulier). L'épreuve refaite avec un maximum de soins apporte alors un résultat plus sûr. Ici, 1l existe alors un pourcentage d’immobilisation faible ; mais la posilivité du T.I.T. ne fait pas de doute. L'interprétation juste de cette faible positivité ne pourra être donnée que par la poursuite de l'observation.

LCR

Des résultats analogues sont rapportés par RANQUE, Tramer et collaborateurs : sur 14 observations d'accidents ovulaires, ils rapportent un cas de T.I.T. douteux avec un I.S. à 40 %. Eux aussi concluent à la nécessité de poursulvre l'enquête.

Par ailleurs ces auteurs relèvent sur 9 observations de polyléthalité infantile (observations se rapportant à 62 grossesses), à sérologie maternelle négative, un T.LT. posiuf dans deux cas. Dans une de leur observation des antécédents ont alors pu être découverts.

Une statistique de l’Institut National d'Hygiène publiée par la F.N.O.S.S. nous montre que la syphilis à sérologie négativée n’est pas sans danger pour le iœtus, n1 surtout pour l'enfant au cours du premier mois. En efllet, une syphilis maternelle à sérologie négative existait dans 7 cas (soit 2,4 %) de mort-nés observés ; elle existait dans 20 cas de mort de l'enfant dans le premier mois, soit 6,5 % de tels accidents. Au total une syphilis à sérologie négative à pu être invoquée dans 4,5 % des cas de décès en général.

Ainsi, l’ulilisalion du T.I.T, en cas d'accidents ovulaires n'est pas dépourvue d'intérêt. Une telle utilisation paraîl logiquement se recommander, puisque d'une part on sait que même après négativation de la sérologie, une svphilis n'est pas sans danger pour le fœtus, et que d’autre part le T.[.T. est positif beaucoup plus longtemps que la sérologie classique. Nous ne saurions prétendre déterminer ici le pourcentage de résultats positifs obtenus. En tout cas, la découvérte d’un résultat positif constitue un argument de valeur en faveur d’un traitement de prudence. Mais aussi la découverte d'une syphilis ignorée ne doit pas faire perdre de vue l'existence possible d’autres causes de mortinatalité et de mortalité précoce beaucoup plus fréquentes.

Page 1