‹ Intermède de La Comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 4 sur 9 · I.A COlliDIE INFERNALK · texte numérisé non relu

I.A COlliDIE INFERNALK

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Enfin, ce serviteur ne trouvant pîui- d'excuse pour ne pas se présenter, est forcé de venir ; mais à peine eut-il paru, que le bon religieux le reconnut j»our ce qu'il était, et le diable, se voyant ainsi découvert, disparut sans qu'on le vit jamais plus dans la maison.

Alors le religieux, ayant fait remarquer an gentilhomme la ruse et le dessein du démon, le pria et lui lit même promettre de ne plus envoyer autant d'aumônes à leur monastère.

Le monastère ralluma bientôt sa première fer\'eur qui allait s'éteindre, o . y reprit l'abstinence, la mortification^ le silence et toutes les autres pratiques des vertus.

Le Villageois.

instruits par la Comédie Infernale, les bous messieurs de St. Sulpice, les anti-programmistes, les codificateurs espérons-le, à l'exemple du monastère du Mont-Alverne, vont découvrir le malin et cesser de s'opposer aux décrets des évêques et à l'application des doctrines romaines dans notre beau p ^ye.

L'Instituteuj^.

Bans le même mémoire et au même chapitre, nous lisons un fait encore plus étonnant. Le démon prenant un jour la forme et la qualité de médecin, alla demander l'habit de St. !^^nçois au monastère d'Alenquez en Portugal, et l'habit lui fut donné.

Le diable fut donc admis dans la maison; et il s'y comporta avec une grande édification extérieure et beaucoup d'adresse : car il tâchait de s'insinuer dans les esprits, pour les porter ensuite à avoir plus de soin de leur santé, à prendre des médicaments et des remèdes, disant à l'un qu'il devait se faire soigner, à l'autre qu'il devait prendre une médecine, à un autre qu'il travaillait trop, etc ; et les rendant ainsi sensuels et délicats, il les disposait peu à peu à se rel&cher et à se perdre.

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'A La pemme de l'Avocat, avec ironie.

Alors, l'auteur de la Conidclie aurait même pu faire agir un démon en lui donnant la forme d'un Sulpieion. C'aurait été édifiant!

• . 'T" '; ' L'Institutefr.

L'auteur ne 1':* pas lait, mais il l'aurait pu sans inconvénient, puisqu'il est prou\c que Dieu permet ces choses aux démons.

J'ai promis de me rendre aux faits, et j'accepte ceux que nous venons d'entendre.

Je comprends qu'à la rigueur l'auteur de la Comédie soit demeui'é dans les limites de l'orthodoxie, en fesant visiter le Séminaire et d'autres par les démons. •'•

Cependant, les ext/tnples analogues et qui prouvent la possibilité de la cha?e, sont consignés dans des livres ignorés du vnlgaire. - ' '

K'y a-t-il pas danger à les publier ? J'ai lu des ouvrages destinés aux simples fidèles, et je n'ai jamais rencontré rien de semblable.

La ruMME BU Villageois.

J'ai été plus heureuse que vous, monsieur. Dernièrement une amie de la ville m'a passé un ouvrage du Père Faber : Tout pour Jésus, je ^To'\8. » ^ ■ ''' '*'-;• * • .u'"''-

C'était son directeur de conscience, un moi^ieur de St. Sulpice, qui lui avait conseillé cette lecture. ' '' '*^ ' '

Or, j'ai lu dans ce livre, je ne sais plus à quelle page, j'ai lu une histoire étonnante et authentique.

Dans une grande ville, on attendait un célèbre prédicateur pour prêcher la retraite annuelle.

Le diable vint à sa place, ayant eu soin bien entendu de revêtir tout l'ext^rifeur du prédicateur.

La retraite commença, le faux missionnaire était Bublimct terrible, il faisait trembler tout son monde. Un sermon, entr'autreâ, qu'il lit sur l'Xi^iiier^avitit.teiTi^éâOU auditoire. . . »-c -r^ - -

LA COMÉDIE INFERNALl.

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Cependant, le véritable minHionnairn, qui avait éprouvé en chemin un accident, se présenta .iprès s'être un jkju remis. Vous pensez que grande fut 1 1 surprise générale do se trouver en lace de deux personnes parfaitement semblables et qui se prétendaient être te! individu.

On devina qu'il y avait ruse, et l'on soumit les deux prétendants à l'exorcisme.

Le premier venu n'y tint plus et lut obligé d'avouer son vrai nom. Et comme on ne s'expliquait pas que, contro ses propres intérêts, le malin eut pu faire de si beaux sermons, il se chargea d'expliquer mi ruse par la simple phrase suivante : J'ai terrifié les consciences ; fai épouvanté les àtties ; j'ai rappel-^ <le(jratules et formidables vérités ; mais je n'a! pas touché : Ceux qui 711 ont entendu sont plus instruits, voilà tout ; comme ils ne sont pas repenti^, ils pocheront désormais avec plus de malice.

Le Villageois.*

Après ces trois belles histoires, je crois que vous ferea bien mesdames et messieurs, de prendre quelque chose à ia santé de l'auteur de la Comédie.

L'Avocat.

J'accepte la politesse. Seulement pour la santé en question, si vous voulez m'en croire, nous la retarderons.

J'ai encore bien des reproches à adresser. ,.;.,,

Parceque mes deux premiers sont réduits à zéro ; ca ne veut pas dire que la Comédie soit une œuvre Giulfe, C(-»nime on a osé l'écrire ces jours derniers.

La femme du Villageois.

Allons, n'importe la santé ; prenons quelques douceurs, ça nous fera du bien.

J'ai là du vin Canadien, je veux savoir ce que vous en pensez. • «-r'* -■- - m^^ .---v t .,^.r.--î^:i t:-.- ,ij3^"^iii ■'■'^>^

^Ici nos personnages goûtent au vin de madame. — Chacun l)eut imaginer ce qui se passe. — Trêve d« description.)

134 LA COMÉDIE INO'ERNALC

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