Paris, Michaud
ine idée aussi originale n'était autre que M. Henri 5Ígnoret, directeur d'une troupe de marionnettes. A. Signoret n'a cessé de lutter pour faciliter au mblic la lecture ou l'audition des chefs-d'œuvre es moins connus de toutes les littératures. La )ièce principale du spectacle était Les oiseaux, l'Aristophane. Il fallait un lever de rideau digne le ce grand nom. L'on choisit, dans le théâtre de Servantes, La guarda cuidadosa (le gardien vigiant), dont M. Amédée Pages écrivit une élégante 't consciencieuse traduction. Et les applaudissenentsfurent unanimes, lorsque le rideau tomba levant la rue de Madrid où Cristinica, au bourlonnement des guitares, évinçait le soldat pour ;e fiancer au sacristain.
Tel est, sauf erreur, l'exposé complet despubliîations françaises relatives aux entremeses. L'on remarquera que la plupart ont pour objet des Euvres du xvi^ et du xviii^ siècle, ou qu'elles font îonnaître un auteur déterminé plutôt que le genre les hors-d'œuvre dramatiques en lui-même. La ;raduction que l'on va lire a été entreprise à un point de vue tout différent. Elle a pour but de ionner au lecteur des notions d'ensemble sur les intermèdes au xvu^ siècle. C'est pourquoi je me suis moins préoccupé du nom de l'auteur que de l'œuvre et de sa signification. J'ai fait tous mes
efforts pourréunir des pièces aussi caractéristiques -, et aussi variées que possible. A côté des scènes de mœurs, si riches en renseignements de toute sorte, j'ai réservé une large place aux bouffonneries sans prétention; nous ne devons pas oublier qu'elles ont obtenu pendant plus de deux siècles l'assentiment d'un peuple entier. Les unes et les autres sont d'ailleurs écrites en un style plein de couleur et de mouvement, et un philologue, le P. Sarmiento, a pu écrire dans sa Déclamation contre les abus de la langue castillane « qu'il ne sut jamais ce qu'était cette langue avant d'avoir lu des entremeses. »
S'il m'était permis, en finissant, d'exprimer un vœu vis-à-vis de mes confrères espagnols, je les engagerais à compléter sur ce point les travaux de \ La Barrera, de Salva, etc. et à dresser sans plus j attendre un catalogue de leurs innombrables intermèdes. Ce serait là une œuvre de dévouement qu'accueillerait avec reconnaissance quiconque s'intéresse aux belles-lettres castillanes.
Je dois enfin, — et ce m'est un plaisir autant qu'un devoir, — remercier ici ceux qui ont bien voulu s'intéresser à mon travail et m'aider de leurs conseils. M. Morel Fatio a poussé la bienveillance jusqu'au point de revoir avec moi certains passages difficiles. D. Marcelino Menendez y Pelayo m'a communiqué, par l'intermédiaire de D. Mariano
Murillo, l'éditeur bien connu de la calle de Alcalá, plusieurs éclaircissements. Si, malgré un concours aussi précieux, je n'ai pas toujours réussi à éviter des erreurs de traduction, l'on me permettra d'appliquer aux entremeses ce que disait des œuvres de Quevedo un éditeur espagnol: « Les équivoques et les allusions y sont si fréquentes dans chaque vers comme dans chaque mot, qu'il est impossible de n'en pas laisser échapper un grand nombre. »
Léo Rouanet.
Pari?, janvier 1-^97.
(LAS CORTESÍAS)
PERSOiN NAGES