UN ENFANT
MUSICIENS
Entrent doña Clsira, en habits de veuve, doña Brianda, Isabel et un écuver.
CLARA. Il n'y a plus de consolation pour moi et il ne saurait y en avoir.
BRIANDA. Doña Clara, le cœur humain est le portefaix du malheur. C'est lui qui. le chargeant sur ses épaules, déménage chaque jour ses nippes de porte en porte.
CLARA. C'est vrai. Mais crois bien, mon amie, qu'un tel fardeau l'éreinte souvent, surtout lorsqu'il est aussi terrible, aussi cruel, aussi barbare que le mien. En un seul jour, infortunée 1 j^ai perdu un époux,, un amant, un père et un ami en mon pauvre Juan-la-bonne-àme^'. Oh! puisque avec lui s'anéantissent ma vanité, ma coquetterie, mon amour du luxe, mon bonheur et toutes mes espérances, coupe-moi, amie, les cheveux.
BRIANDA. Il suffit que je les dissimule sous ton voile; tu te persuaderas qu'ils sont coupés.
CLARA. Je tâcherai de me le persuader, comme