‹ Interposition Hépato-Diaphragmatique du ColonChapitre 8 sur 28 · LE SYNDROME CLINIQUE · texte numérisé non relu

LE SYNDROME CLINIQUE

L'individualité clinique de l’interposition hépatodiaphragmatique du côlon est réduite à la seule sonorité partielle pré-hépatique. « Nul signe fonctionnel, tel qu’une douleur locale, nul symptôme général n'appartient en propre à cette interposition côlique : les troubles qui accompagnent cette donnée à l'examen physique sont l'effet, non de l'interposition, mais de ses facteurs étiologiques et, lorsque survient un accident, tel que l’occlusion intestinale, aiguë, subaiguë ou chronique, c'est une complication de l'affectation primitive, une exagération des causes de l’ectopie bien plus qu’un aboutissant de l’ectopie elle-même ». (F. Trémolières).

Encore l'examen radiologique est-il nécessaire pour contrôler l'existence de l’ectopie et, surtout, spécifier ses nature et origine.

Après les deux premières observations qui ont fait l’objet de l’article initial de EF. Trémolières (1), plus d’une vingtaine de nouveaux cas ont été recueillis par la suite. Ces nouveaux cas ne sont pas une trouvaille clinique ou radiologique. Ils sont le résultat d’une exploration systématiquement pratiquée. Ce que la recherche habituelle de la matité hépatique laissait croire une anomalie exceptionnelle, apparaît, à une percussion méthodique. comme une ectopie assez fréquente au cours des affections du tube digestif.

(x) Bull. de l'Académie de Médecine, nov. 1929.

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LE SYNDROME RADIOLOGIQUE

Après constatation de la sonorité partielle pré-hépatique et pour confirmer le diagnostic d’interposition hépato-diaphragmatique du côlon, il faut procéder à l'examen classique du tube digestif après ingestion d'un bol opaque. Il arrive parfois qu'un obstacle, une bride de péricolite le plus souvent, entrave la progression de la gélobarine ingérée et retarde la réplétion colique. L'on doit alors y suppléer par un lavement opaque qui dessine le côlon par sa progression ascendante.

À la radioscopie directe, sans préparation, l'on - distingue d'autant mieux l’interposition colique que le côlon, placé en avant du foie, est distendu) par une aérocolie ; en ce cas, une plage grise tranche, au-dessus du rebord costal, sur l’opacité hépatique, qui estompe d’ailleurs la clarté aérocolique, moins nette en cette région que dans le reste de la cavité abdominale. Quand le côlon est placé entre la face externe du foie et la paroi de l’aisselle, sa clarté contraste plus vivement avec l'ombre hépatique qui, refoulée en dedans, ne prend plus contact avec la voûte diaphragm'atique que par une surface réduite et parfois même en est complètement séparée.

Après ingestion d'un bol opaque, la gélobarine remplit d'ordinaire au bout de sept à dix heures, le cæco-ascendant, l'angle sous-hépatique et la moitié droite du côlon transverse. Quand on a constaté, en position frontale, dans la station debout comme en décubitus dorsal, l’interposition du côlon en avant ou sur le côté droit du foie, l’on applique sur la paroi thoracique, au pont où se projette l’anse interposée, un index métallique. L'on fait alors tourner le sujet debout en incidence O. A. D., puis en position sagittale et on observe la situation de cette

Rire

anse par rapport à l'index. L'on peut ainsi la répérer plus facilement, la spécifier et.la distinguer des autres anses qui peuvent accoler ou superposer leur ombre à la sienne.

Quand un obstacle quelconque entrave la progression de la gélobarine ingérée et retarde la réplétion colique, un lavement opaque est alors nécessaire pour dessiner le côlon par sa progression ascendante. Point n’est besoin d’une forte pression ; l’on pousse ce lavement jusqu'à la moitié du côlon transverse, el l’on fait coucher le malade sur le côté droit : par le fait de la pesanteur, le liquide opaque pénètre dans l’angle sous-hépatique, franchissant les endroits contractés et refoulant les gaz vers l'angle splénique, lorsque des spasmes ou l’aérocolie semblent devoir gêner sa progression.

Le cadre colique injecté dans son ensemble, l'on peut définir l’objet et Les causes de l’interposition colique. Généralement, c’ est l'angle sous-hépatique qui s'insinue le plus souveht entre la face antérieure du foie et le diaphragme, ou, plus rarement, entre celui-ci et la face latérale du foie, dans l’aisselle.

Parfois, c'est un dolichocôlon sigmoïde refoulé jusqu'à l'hypochondre droit par l'aérocolie générale, qui vient se placer entre la masse hépatique et la coupole diaphragmatique. Engels a signalé l'interpositon du cæcum.

L'ectopie colique n’est pas toujours permanente. Elle peut s’atténuer ou disparaître quand le malade change de position. Selon Le Noir et Gilson, l'ectopie est plus accentuée en position debout qu'en décubitus par suite du changement de situation des viscères pleins dans ces deux attitudes. Au contraire, d'après F. Trémolières et A. Tardieu, en position verticale le poids de la masse colique, accru du poids de la gélobarine, ramène, d'ordinaire au-dessous du foie le segment oblique interposé.

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