‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 100 sur 211 · LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVI · texte numérisé non relu

LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVI

effet, par l'empereur Valence que l'hérésie d'Arius, comparée à la fumée du puits de l'abîme, se répandit par toute la terre au temps des Goths et des Vandales, à ce point que l'univers s'étonna de se voir arien ; car, sous l'empereur Zenon, on ne comptait pas le plus petit monarque parmi les catholiques. De là aussi le cinquième ange ( qui ) répandit sa coupe sur le trône de la bête ; et son royaume devint l ténébreux, et les hommes dévorèrent leur langue dans l'excès de leur douleur. Et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs plaies, et ils ne firent point pénitence de leurs œuvres. En effet, les ariens, en niant la divinité du Fils et du Saint-Esprit, blasphémèrent le Dieu du ciel ; et ils ne firent point pénitence de leurs œuvres, méritant ainsi de dévorer leur langue dans l'excès de leur douleur, puisque Valence et les siens, après avoir couvert de ténèbres les royaumes de la terre, et fait arracher la langue à plusieurs évêques d'Afrique, moururent ariens.

La sixième plaie morale vient des protestants, qui infectèrent surtout l'Europe de leurs erreurs. Or, comme on l'a vu, l'Europe est représentée par l'Euphrate. Et comme l'hérésie de Luther a une grande analogie avec celle de l'Antéchrist, en ce que l'un' et l'autre auront résumé toutes les erreurs qui les auront précédées, qu'elles auront aboli le sacrifice perpétuel et le célibat ; et parce que ensuite l'hérésie de Luther aura précédé immédiatement celle de l'Antéchrist, et desséché les eaux du grand fleuve de la grâce en Europe ; l'Apôtre a raison de dire aussi que le sixième ange répandra sa coupe siir le grand fleuve de l'Euphrate, qui est l'Europe, et que ses eaux seront séchées pour préparer un chemin aux rois d'Orient ; c'est-à-dire, à l'Antéchrist et à ses appuis,

Ainsi donc, comme nous l'avons dit dans une note de cet ouvrage, bien que toute erreur doive disparaître au sixième âge, les conséquences du protestantisme seront toujours assez puissantes pour préparer les voies à l'Antéchrist en Europe.

Enfin, le septième mal moral et le plus grand de tous sera la négation de Dieu, sans lequel l'homme ne saurait exister, pas plus et encore infiniment moins qu'il ne peut vivre privé d'air. Ce crime sera celui de la consommation, autrement appelé l'abomination de la désolation ; et de là aussi le septième ange qui répandra sa coupe dans l'air. Et alors viendra la grande tempête qui précédera la consommation des siècles.

VI. Parce qu'ils ont répandus le sang des saints^ vous leur avez aussi donné du sang à boire. Par ces paroles, saint Jean indique donc la cause de cette plaie du sang, parce qu'ils ont répandu le sang des saints, c'est-à-dire, de tous les martyrs, depuis Abel jusqu'au dernier, et en particulier des prédicateurs qui prêcheront avant la dernière tribulation. Et c'est ce qu'ils viéritent. C'est une acclamation faite à la justice de Dieu, qui punit les pécheurs même dès ce monde, d'une manière analogue et proportionnée à leurs crimes. Par cette cause du sang saint Jean indique implicitement toutes celles que nous venons de signaler, et c'est par là qu'il nous les fait remarquer.

Vers. 7. — Et j'en entendis un autre qui disait de l'autel : Oui, Seigneur Dieu tout-puissant, vos jugements sont justes et véritables. Cet ange de l'autel, c'est le souverain Pontife et le sacerdoce en général, qui reconnaîtront publiquement et manifesteront aux hommes la cause de ces plaies, en les déclarant justes et méritées. Cet ange représente

Page 1