LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVI
grêle, parce que cette plaie était très-grande. Toutes ces paroles annoncent la plus grande, la plus terrible et la plus épouvantable catastrophe que le monde ait jamais vue. Il a été démontré dans le cours de cet ouvrage, comment les impies se réuniront peu à peu, au moral et au physique tout à la fois, et finiront par se rassembler en nombre immense comme le sable des mei;s, selon ces paroles de l'Apocalypse même, XX, 7 : « Après que mille ans seront accomplis, Satan sera délié ; il sortira de sa prison, et séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde Gog et Mogog, et il les assemblera pour le combat, et leur nombre égalera celui du sable de la mer. » Ainsi donc tous les rois de la terre auront suivi la voix de l'Antéchrist et de ses faux prophètes, et se seront portés en masse vers Jérusalem avec toutes leurs armées, et tout l'appareil de leur puissance. Apoc, XVI, 12 : « Les eaux du grand fleuve de l'Euphrate furent séchées pour préparer un chemin aux rois d'Orient. Et je vis sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la tète, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs semblables à des grenouilles. Ce sont les esprits des démons, qui .font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, pour les appeler au combat, au grand jour du Dieu tout-puissant. » Nous voyons ensuite toutes ces armées formidables s'assembler dans un même lieu, par la permission du Tout-Puissant. Apoc, XVI, 16 : t Et il les rassemblera dans le lieu qui, en hébreu, s'appelle Armagédon, » célèbre par tant de défaites. Lucifer, l'Antéchrist, et son faux prophète l'antipape commandent eux-mêmes en personne toutes ces armées réunies, et les font camper aux alentours de Jérusalem.
Apoc, XX, 8 : « Et ils montèrent sur la face de la terre, et ils environnèrent le camp des saints et la ville bien aimée. » Pendant que Lucifer et l'Antéchrist se font adorer comme Dieu, tous ces flots de population soumis à leur puissance, considérant l'Antéchrist comme étant le messie, et la terre comme changée en un paradis de délices, dans lequel ils peuvent se livrer à toutes les horreurs de la volupté, font retentir les plaines et les collines qu'ils occupent de leurs horribles blasphèmes. La joie de cette Babylone est au comble, et elle s'écrie, Apoc, XVIII, 7 : « Je suis assise reine, et je ne suis point veuve, et je ne serai point dans le deuil ; » et ailleurs, Ihid., XIII, 4 : « Qui est semblable à la bête, et qui pourra combattre contre elle ? » En effet l'Antéchrist semble avoir obtenu un plein triomphe ; car il a vaincu les deux seuls ennemis qui pouvaient encore lui disputer la victoire. Enoch et Elie, ces deux prophètes puissants en œuvre et en paroles sont tombés , leurs corps sont exposés aux insultes et à la risée du monde entier, qui célèbre leur défaite par des fêtes aussi pompeuses que sacrilèges, poussant l'extravagance jusqu'à s'envoyer des présents les uns aux autres. Apoc, XI, 7 : « Et quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui s'élève de l'abime leur fera la guerre, les vaincra et les tuera. Et leurs corps seront étendus sur les places de la grande ville, appelée spirituellement Sodome et l'Egypte, où leur Seigneur aussi a été crucifié. Et les tribus, les peuples, les langues et les nations verront leurs corps étendus trois jours et demi, et ils ne permettront pas qu'on les mette dans le tombeau. Et les habitants de la terre se réjouiront de leur jïiort : ils la célébreront et s'enverront des présents les