LIV, VII, SECT. I, CHAJ. XVI
uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient ceux qui habitaient la terre. » Enfin le peu d'élus et de fidèles qui sont restés fidèles de l'Église de Jésus de Nazareth, après la plus désastreuse des persécutions, ont été humiliés, dispersés et comme anéantis ; et ils se tiennent cachés dans les cavernes obscures et dans les antres des rochers... Mais ! voilà que la scène change tout-à-coup, et que Dieu n'est plus sourd à la voix et aux gémissements de ses saints. Car en cB même moment, à cette heure solennelle, les deux prophètes ressuscitent, et se montrent debout à la face de l'univers assemblé, i4j^oc., XI, 11 : «Mais après trois jours et la moitié d'un jour, l'esprit de vie entra en eux de la part de Dieu. Et ils se relevèrent sur leurs pieds ; et une grande crainte s'empara de ceux qui les virent. Et ils entendirent une voix forte qui leur dit du haut du ciel : Montez ici. Et ils montèrent au cielj dans une nuée, à la vue de leurs ennemis.» A cette vue tous les rois, les peuples et les nations de la terre sont saisis d'une grande crainte et sont comme anéantis dans l'étonnement et la consternation. L'Antéchrist se voyant confondu et voulant, par un dernier effort et par son dernier prodige, raffermir ses adorateurs dans leur doute et leur hésitation, s'élève lui-même dans les airs à l'aide de la puissance infernale. Mais ! ô prodige étonnant, c'est ici que le Dieu fort, porte son grand coup I l'Antéchrist tombe lui-même, et il est précipité dans l'abîme. Apoc, XX, 9 : « Mais le feu descendit du ciel et les dévora, et le diable qui les séduisait fut précipité dans l'étang de feu et de soufre où la bête et les faux prophètes seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles. » Et voilà des éclairs, des ton-
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nerres, et un grand tremblement de terre, et ce tremblement fut si grand, que jamais les hommes n'en ont ressenti de pareil depuis qu'ils sont sur la terre. Et la grande cité fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombèrent. Ce tremblement de terre se fera ressentir par tout l'univers, et les villes des nations subiront le même sort que Jérusalem et pis encore, puisque le texte dit : Et les villes des nations tombèrent. Ces villes seront donc complètement anéanties, car saint Jean ne dit pas de celles-ci, comme il avait dit de Jérusalem : La dixième partie de la ville tomba, mais il dit sans distinction et d'une manière absolue : Et les villes des nations tombèrent. La raison de cette différence est que Jérusalem, prise dans un sens mystique, représente l'Église qui ne sera jamais entièrement détruite. Et Dieu se souvint de la grande Babylone, c'est-à-dire, de tous les méchants depuis l'origine du monde, pour lui donner à boire le vin de l'indignation
de sa colère Et une grande grêle comme le poids d'un
talent descendit du ciel sur les hommes, et les hommes blasphémèrent Dieu à cause de la plaie de la grêle, parce que cette grêle était très-grande. Les méchants en grand nombre sont tués par la grêle, dévorés par le feu ou écrasés et engloutis par le tremblement de terre. Et le reste fut saisi de crainte et rendit gloire à Dieu. Apoc. XL
Et toutes les îles s'enfuirent, et les montagnes disparurent. Ces îles qui s'enfuirent sont les fidèles que Dieu voulait épargner dans cet affreux désastre. Ceuxci sont comparés aux îles des mers, parce que comme les lies sont sans cesse battues par les tempêtes et rongées par les eaux, ainsi les bons, qui sont isolés et