‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 117 sur 211 · LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVII

et lorsque saint Jean écrivit ce livre, être considérée comme n'étant plus, puisque la femme qui devait lui écraser la tète venait ne paraître ; et c'est au moment d'être écrasée par elle, que la bête devait la mordre au talon ; car le temps est un moment en comparaison de l'éternité. Gen., III. 15 : « Je mettrai inimitié entrée toi et la femme, entre ta postérité et la sienne : elle te brisera la tête et tu la blesseras au talon, » Or, le coup de pied par lequel on écrase la tête d'un reptile est comme instantané, et de là ces paroles de l'ange : La bête que tu as vue était, et n'est plus ; elle s'élèvera de l'abîme. Ces dernières paroles mises au futur s'appliquent spécialement à la fin des temps, lorsque la bête, c'est-àdire, le démon dont la puissance aura été comme anéantie par l'Église pendant les mille ans du règne de Jésus- Christ sur la terre, répandra son empire, et sortira une seconde fois de l'abîme où elle fut précipitée par la venue du Sauveur. Car pendant les mille ans que l'Église dominera sur la terre, la bête ne pourra que la blesser au talon par les hérésies et les tyrans ; Jo., XII, 31 : « Maintenant le prince du mende sera chassé. Et moi (dit Jésus-Christ), quand j'aurai été élevé de la terre j'attirerai tout à moi. Ce qu'il disait pour marquer de quelle mort il devait mourir, et aussi pour nous faire voir qu'il triompherait par la croix. »' Or, c'est en cela que s'est vérifiée la prophétie contenue dans la Genèse, et que nous avons citée ; mais cette prophétie ne se contredit pas avec celle que nous trouvons dans l'Apocalypse, et toutes ces prophéties trouvent réellement leurs places et se vérifient d'une manière admirable en se confirmant et se corroborant l'une l'autre. C'est ce que nous allons démontrer par cesj textes de

l'Apocalypse, XX, 7 : Et après que mille ans seront accomplis, Satan sera délié ; il sortira de sa prison, et il séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde, etc.» /ôîrf., XIII, 15 : «Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, et de la faire parler, et de faire tuer tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête. » On voit donc par là que la bête blessera encore à la fin des temps la bienheureuse Vierge Marie dans la personne morale de l'Église qui est aussi appelée la femme, Ap., XII, 6. Mais cette blessure n'est toujours qu'une blessure au talon, parce que Marie et l'Église triompheront de la bête après cette courte lutte acharnée, de la fin des temps, et la femme finira par écraser encore la tête du serpent, par le bras tout-puissant de son Fils Jésus -Christ, selon ces paroles : Apoc, XX, 7 : « Et après que mille ans seront accomplis, Satan sera délié il sortira de sa prison, et il séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde Gog et Magog, et il les assemblera pour le combat, et leur nombre égalera celui du sable de la mer. Et ils montèrent sur la face de la terre. Et ils environnèrent le camp des saints et la ville bien aimée. Mais le feu de Dieu descendit du ciel et les dévora ; et le diable qui les séduisit fut précipité dans l'étang de feu et de soufre, où la bête et les faux prophètes seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles. » C'est donc ainsi que la bête, ou l'ancien serpent, ce séducteur du genre humain aura la tête brisée pour les siècles des siècles. De là ces paroles du texte : La bête que tu as vue était, et n'est plus ; elle s'élèvera de Vahime, et sera précipitée dans la perdition ; et les habitants de la terre, dont les noms ne sont pas 'écrits au livre de vie dès la formation du monde ; c'est-à-dire

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