‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 12 sur 211 · LIV. V, SECT. 1. CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIV. V, SECT. 1. CHAP. XI

et de l'Antéchrist, dont celui-là fut le précurseur et le type. Car c'est du mélange de ces deux races, les Juifs et les gentils, que naîtra et que viendra le fils de perdition, l'Antéchrist, qui régnera sur elles. Ainsi l'empire des Turcs ne sera pas entièrement détruit, mais il en restera un royaume d'une certaine étendue formé de ces races. Jésus-Christ parle expressément de ce royaume en saint Matthieu, XXIV, 15 : « Quand donc vous verrez dans le lieu saint l'abomination de la désolation, etc., » et en saint Marc, XIII, 14 : « Or, quand vous verrez l'abomination de la désolation être où elle ne doit pas être, etc. » C'est donc afin que toutes les prophéties s'accomplissent, que Dieu, dans ses conseils secrets, permettra à ces gentils d'occuper la Palestine, la Terre- Sainte, et les autres royaumes que Juda et Israël habitaient autrefois, et qu'ils posséderont jusqu'à ce que toute prévarication soit accomplie. Nous avons une preuve palpable de ce mystère de sa volonté, en ce qu'il ne permet pas que cette génération formée de Turs et de Juifs disparaisse entièrement et périssse, jusqu'à ce qu'elle ait produit le fils d'iniquité. Combien d'empereurs, de rois et de princes, ont fait tous leurs efforts pour reprendre la Terre-Sainte, toujours sans succès ou du moins sans obtenir d'autres résultats, que des victoires prématurées dont ils perdirent bientôt tous les fruits ? Quelle horrible chose que cette discorde permanente entre les princes chrétiens sur cette grande et interminable question ! c'est ainsi que l'anéantissement de la puissance et du règne des Turcs a toujours été entravé par notre orgueil et notre méchanceté, jusqu'à ce que nous chrétiens, nous comblions nous-mêmes la mesure de nos péchés, et que le Seigneur finisse par se

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dégoûter de son Église, en perniettant au fils de perdition d'exalter son orgueil. Nous trouvons dans l'ancien Testament un exemple de ce dégoût du Seigneur pour la maison d'Israël, qui était la figure de la chrétienté .dans le Nouveau. IV, Reg.,X.o2: « En ces jours-là. le Seigneur commença à se lasser d'Israël, etc » Car les Turcs sont et seront à légard de l'Église latine ce que fut Assur vis-à-vis de la synagogue des Juifs, et celui-ci était la ligure de ceux-là. Quelque grande donc que doive être l'étendue de rÉgiise latine clans le sixième âge, jamais cependant la Palestine, la Terre-Sainte et d'autres royaumes de l'Orient n'appartiendront au bercail de Jésus-Christ. Car c'est dans ces terres réservées aux gentils que naîtra et que surgira le royaume du fils de perdition, que tous les Juifs reconnaîtront pour leur roi, et ils se rassembleront de l'Orient, de l'Occident, du Nord, du Midi, et des montagnes désertes pour s'unir à lui. C'est de cette circonstance que parle Jésus-Christ, lorsqu'il dit : Jo., V, 43 : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez point : si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. » Jésus- Christ parle aussi de la Terre-Sainte, et de la désolation des Juifs et des gentils, en saint Matthieu, XXIII, 39 : « Car je vous dis, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous me disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Jésus-Christ dit encore expressément de Jérusalem : Luc, XXI, 24 : » Et Jérusalem sera foulée aux pieds par les gentils, jusqu'à ce que le temps des gentils soit accompli. » D'où le texte continue : Mais laisse le parvis qui est hors du temple. Par le parvis, on comprend la Palestine ou la Terre-Sainte et Jérusalem, ainsi que la synagogue des Juifs ; et par le temple, on

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