‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 13 sur 211 · LIV. V, SECT. I, CHAP. XI. 'M · texte numérisé non relu

LIV. V, SECT. I, CHAP. XI. 'M

entend l'Église des nations du Christ. Car 1" c'est sous le parvis des palais des rois, que doivent attendre tous les sujets, jusqu'à ce qu'ils soient admis à l'audience du souverain. 2'^ Ceux qui sont sous ces parvis ne voient que la construction extérieure des palais, mais ils ne peuvent en pénétrer les secrets, ni en voir les beautés à l'intérieur avant d'y voir été introduits, 3° Le parvis est toujours, par rapport au palais, la partie la moins spacieuse et la moins ornée. 4'^ C'est sous les parvis que les serviteurs du roi attendent ses ordres comme en tremblant, pour servir leur maître selon sa volonté, etc. Or, telle fut, telle est encore, et telle sera parfaitement la Palestine ou la Terre-Sainte et la synagogue des Juifs vis-à-vis de l'Église de Jésus-Christ. Car 1° dans l'ancien Testament, tous les Juifs attendaient dans le parvis du temple de Dieu, qui étaient les limbes, et personne ne put être admis dans le palais céleste, en présence du Seigneur Dieu tout-puissant, jusqu'à l'accomplissement du grand mystère : « Le Verbe a été fait chair, » et jusqu'à ce que Jésus-Christ fût ressuscité des morts, pour les conduire dans son palais royal et éternel. 2° Dans l'ancien Testament, les Juifs étaient comme enveloppés d'un nuage, et ils ne pouvaient voir les mystères de Dieu que de loin, comme dans un miroir et sous des images obscures, tandis que nous, chrétiens, ayant été introduits par Jésus-Christ même dans son palais royal qui est l'Église, nous connaissons, nous voyons, et nous entendons distinctement ces mystères par la parole de vie, comme on le voit dans la première épitre de saint Jean, I, 1. De plus, autant un parvis est imparfait, étroit et grossièrement construit en comparaison du palais royal dont il forme l'entrée, autant la

synagogue des Juifs, fut imparfaite.' étroite et grossièrement édifiée, en comparaison de l'Église du Christ, dans laquelle furent et seront admises toutes les nations de la terre. 3° La synagogue et ses enfants n'étaient reçus qu'à titre de serviteurs, tandis que l'Église notre mère a déposé toute crainte servile pour l'échanger contre l'amour, et ses enfants ne sont plus des serviteurs, mais bien des citoyens de la cité sainte et même les fils de Dieu : Eph., II, 19, Gai., IV, et I, Jo., III. Ainsi Jérusalem et le pays qui lui était soumis, de même que la synagogue des Juifs, n'étaient que les parvis du temple de l'Église catholique. C'est pourquoi il est dit à saint Jean : mais laisse le parvis qui est hors du temple. Le texte latin dit : (ejice foras) jette-le dehors. C'est une manière de parler par laquelle 1° les rois et les princes ont coutume de confirmer et de sanctionner les décrets qu'ils ont portés ab irato, ou pour une chose de haute importance, quand ils veulent qu'ils soient irrévocables. 2° On jette les choses inutiles, gâtées et dont on ne sait plus que faire. Or, c'est ainsi que Jésus-Christ ordonnne à saint Jean de rejeter encore Jérusalem, la Terre-Sainte et toute la nation juive qui avait déjcà été rejetée par un juste jugement de Dieu. Par là. Dieu confirme donc sa sentence de réprobation, en vertu de laquelle la nation juive fut dispersée par toute la terre, et Jérusalem et toute la Palestine furent livrées au pouvoir des nations, sans pouvoir jamais appartenir à l'Église de Dieu. Bien que l'ancienne Jérusalem ait été détruite de fond en comble, elle fut reconstruite à l'endroit où Jésus- Christ fut crucifié, et la religion chrétienne y fut implantée ; mais elle ne put s'y soutenir, à cause des fréquentes invasions des Sarrasins. Enfin Chosroès ayant

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