‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 121 sur 211 · LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIV. VII, SECT. I, CHAP. XVII

que cette huitième, est une des sept. Et pour que nous sachions bien de quelle bête il veut parler, il la touche pour ainsi dire du doigt, en nous disant qu'elle est le fils de perdition, par ces mots : Et va dans la mort. Pourquoi dit-il donc qu'elle va dans la mort, après avoir dit auparavant qu'elle n'est plus. C'est pour mieux expliquer son énigme ; et si nous voulons bien la comprendre, il faut voir les paroles qui accompagnent ces deux points de difficulté. Quand il parle de la bête qui était et qui n'est plus, il ajoute aussitôt qu'elle est la huitième ; c'est comme s'il disait : la huitième bête à venir, c'est-à-dire, l'Antéchrist, était et n'est plus. Il annonce sa fin d'une manière si prompte, pour nous faire comprendre qu'il régnera peu de temps. C'est ce qui explique la finale du texte précédent : « Et quand il sera venu, il faut qu'il demeure peu de temps. » D'où l'on voit que ces dernières paroles s'appliquent à la huitième montagne qui est l'Antéchrist, et non pas cà l'empire de Mahomet qui doit durer mille deux cent soixante-dix-sept années et demie, si l'on compte la durée de ce règne depuis Mahomet jusqu'à la fin du monde, et mille deux cent soixante années en remontant vers l'époque de Chosroès, époque où l'Église commença à s'établir en Occident, et en redescendant jusqu'au temps où cette première bête sera comme blessée à mort par la prise de Constantinople et par la ruine presque entière de son empire. La raison pour laquelle le prophète a pu joindre la finale de ce texte s'appliquant à l'Antéchrist avec le règne de Mahomet, s'explique par les paroles suivantes : Elle est une des sept , et va dans la mort ; c'est-à-dire, que cette huitième bête, l'Antéchrist, appartient à l'une des

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sept montagnes ou puissances qui est l'empire des Turcs , parce qu'elle ■ en tirera son origine et qu'elle sera moralement la même puissance. Mais quand elle ira dans la mort, elle sera la huitième puissance ; car alors l'empire des Turcs qui est la septième aura passé. Il résulte donc de tout ce que nous venons de dire, que saint Jean a voulu nous apprendre par son énigme, 1° que l'empire des Turcs et celui de l'Antéchrist ne font qu'un moralement ; et cette unité morale est représentée par la bête. 2" On voit en outre dans ces paroles que ces deux puissances des Turcs et de l'Antéchrist qui sont la même en principe, seront néanmoins distinguées entre elles par leurs formes, leur nature, et par le temps où elles seront apparues. Encore une fois, pourquoi l'ange dit- il au présent de cette huitième puissance, quelle -était et qu'elle n'est plus, tandis qu'il dit d'elle au futur : Elle est une des sept , et va dans la mort ? C'est pour exprimer, avec une force et une énergie que nous ne saurions assez admirer, la certitude de la mort de cette bète, et aussi la rapidité avec laquelle les temps seront consommés en elle. Car, comme on l'a souvent répété, le passé, le présent et l'avenir, aux yeux de Jésus-Christ qui est l'auteur de cette révélation, ne sont qu'un point. Et c'est ainsi que les prophètes inspirés de Dieu nous représentent au passé des choses à venir, et au futur des événements passés. On voit donc par tout ce qui vient d'être dit, qu'on peut considérer le règne de l'Antéchrist sous deux faces diiïérentes. l» comme appartenant à l'empire Turc : Elle est une des sept. 2» Comme n'y appartenant pas, et alors cette bête forme une puissance à part et indépendante du règne de Mahomet, auquel elle

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