LIV, VIII, SECT. I, CHAP. XVIII
Vers, 13. — De cinnamome, d'aromates^ de parfums, d'encens, de vin, d'huile, de fleur de farine de blé, de bêtes de charge, de brebis, de chevaux, de chariots, d'esclaves et d'hommes libres.
Toutes ces marchandises et ces aliments cités dans le texte, sont admirablement bien choisis pour représenter les articles de commerce des Juifs, et aussi les objets des idoles de la grande prostituée. On y trouve en effet tout ce qu'il faut pour satisfaire aux trois grandes concupiscences dont parle saint Jean ; l'orgueil, les plaisirs et les richessses. De plus, le choix de ces marchandises et de ces aliments de luxe est admirable en ce qu'il peut convenir et s'appliquer à toutes les époques du monde et (j^u'il n'y en a aucun qui ne soit connu dans tous les temps et dans tous les lieux, depuis les brebis de Caïn, jusqu'aux perles précieuses que le démon Moasim fera connaître à l'Antéchrist.
III. Parce que personne n'achètera plus leurs marchandises. En effet : Vers. 14. Les fruits qui faisaient tes délices ne sont plus ; toute délicatesse et toute magnificence est perdue pour toi, et on ne les retrouvera plus jamais, non -seulement à Jérusalem, mais encore dans l'univers entier. On ne les retrouvera plus jamais ; car le siècle sera consommé.
Vers. 15, — Ceux qui se sont enrichis de la vente de ses marchandises seront debout au loin dans l'effroi de ses tourments ; ils pleureront et gémiront, c'est-à-dire, que les marchands, les ouvriers, les commissionnaires, les gens d'affaires, les banquiers, etc., etc., ceux d'entre les Juifs qui auront été épargnés par la bonté de Dieu dans la catastrophe de la dernière plaie, seront debout ; ils survivront et seront du nombre de ceux dont parle Da-
niel, XII, 12 : « Bienheureux celui qui attend, et qui parvient jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours. » Car le royaume de l'Antéchrist ne durera que douze cent soixantedix-sei')t jours et demi, en y comprenant l'abréviation prédite en saint Matthieu., XXIV, 22 : « Et si ces jours n'eussent été abrégés, toute chair aurait été détruite ; mais ils seront abrégés à cause des élus. » Admirable bonté de Dieu qui sait toujours tirer le bien du mal et diriger les malheurs que les hommes se sont attirés par leurs péchés, de manière à ce qu'ils servent de moyen pour multiplier autant que possible les élus f Et ces marchands seront debout au loin, c'est-à-dire, que, séparés des victimes du péché, après la ruine de Babylone, dans l'effroi de ses ' tourments, ils seront du nombre de ceux dont il est dit, Apoc, XI, 13 : « Le reste fut saisi de crainte et rendit gloire à I>ieu » Les restes des hommes seront donc les témoins de cet affreux malheur, ils en concevront une grande crainte, et ce sera alors le commencement de leur conversion, selon cette parole de V Ecclésiastique, I, 16 : « Le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur. »
Vers. 16. — Ils pleureront et' gémiront, disant : Vers. 17, — Malheur, malheur ! cette grande ville, vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierreries et de perles, a perdu en un moment ces richesses immenses. Toutes ces paroles continuent de se rapporter à Jérusalem, la grande ville, et à la grande ville qui représente la gloire, les richesses et les honneurs du monde avec l'universalité des impies de tous les temps et de tous les lieux, comme l'indiquent encore ces mots deux fois répétés : Malheur, Malheur ! Cette grande ville vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate.