LIV, VIII, 3ECT. T, CHAP. XVIII
parée d'or, de pierreries et de perles, a perdu en un moment ces richesses immenses. Ce vêtement si pompeux et si riche ajoute encore à l'éclat de la vérité, et ces mots, a perdu en un moment, indiquent clairement la grande catastrophe de la consommation du siècle, et font voir qu'il est ici question de la ruine de Jérusalem et des villes des nations, bouleversées par le grand tremblement de terre dont nous avons parlé. Et tous ces maux seront le commencement des maux de l'éternité, selon les paroles citées plus haut : Toute délicatesse et toute magnificence, sont perdues pour toi, et on ne les trouvera plus jamais.
IV. Vers. 18. — Et tous les pilotes, ceux qui naviguent sur la mer, les matelots, et tous ceux qui sont employés sur les vaisseaux, se sont tenus au loin, et se sont écriés voyant le lieu de son embrasement, et ils ont dit : Qtielle ville a été semblable à cette grande ville ? Ces pilotes, ces matelots, ceux qui voguent et qui sont employés sur les vaisseaux, sont le peu de chrétiens et de directeurs des âmes qui auront survécu à la persécution de l'Antéchrist ; car ils auront vogué longtemps sur la mer orageuse de la persécution, et se seront tenus à l'écart et cachés, selon les piiroles de Jésus-Christ même, Matthieu, XXIV, 16 : « Alors que ceux qui sont dans la Judée s'enfuient sur Ls montagnes, etc. » C'est à ce passage aussi qu'il faut rapporter ces paroles du texte, Apoc, XXIV, 20 : « Et toutes les îles s'enfuirent ; » de même celles-ci, chap. XVIil, 4 : « Sortez de Babylone, mon peuple, de peur que vous ne soyez enveloppé dans ses plaies. » Tous les pilotes, ceux qui naviguent sur la mer, les matelots et tous ceux qui sont employés sur les vaisseaux, sur le vaisseau de l'Église ou sur la barque de saint Pierre, ou encore dans l'arche de Noé, se sont
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tenus au loin. Ces paroles se rapportent encore aux bons de tous les temps et de tous les lieux, qui se seront tenus éloignés du monde, en demeurant dans le vaisseau de l'Église. De plus ces paroles s'appliquent littéralement aux Juifs et aux riches commerçants, etc.
V. Voici maintenant la preuve évidente que ces rois, ces marchands et ces matelots représentant les restes des hommes qui auront survécu à cette catastrophe et à ces malheurs, feront pénitence :
Vers. 19 — Et ils ont couvert leur tête de poussière, et ils ont crié ; pleurant, gémissant et disant : Malheur, malheur ! cette grande ville qui a enrichi de son opulence tous ceux qui avaient des vaisseaux en mer, a été désolée en un moment.
Vers. 20. — Ciel, réjouissez-vous sur elle, et vous, saints apôtres et prophètes, parce que Dieu vous a vengés d'elle. Qu'on remarque bien ces paroles : Et ils ont couvert leur tête de poussière ; c'est-à-dire, qu'ils ont fait pénitence, car, dans l'Écriture, le signe de la pénitence, c'est de couvrir sa tète de cendres et de poussière. Ainsi donc, ils ont commencé par être représentés debout ; c'est-à-dire, comme ayant survécu à ces malheurs par la bonté de Dieu. Ensuite ils se tinrejit au loin, dans l'effroi des tourments de cette grande ville. Après cela ils ont réfléchi et ils ont considéré le lieu de son embrasement, et ils ont crié : Quelle ville a été semblable à cette grande ville ? Enfin, dans des sentiments de pénitence, ils ont crié pleurant, gémissant et disant : Malheur, malheur ! cette grande ville, qui a enrichi (le son opulence tous ceux qui avaient des vaisseaux en mer, a été désolée en un moment. Ces dernières paroles, outre qu'elles doivent être prises à la lettre en les appli-