LIV. VJir, SECT. II. CHAP. XIX
manifestée par une étoile, qui fut le type de la lumière, de la vérité et de la justice éternelle qu'elle annonçait et Jésus-Christ, le soleil de Justice, parut réellement sous la forme de notre chair dans un état de pauvreté, d'humilité et de souffrance. Matth., II, 7 et suiv. La seconde fois, il apparaîtra réellement aussi, mais d'une manière bien différente. Car, alors, il ne sera plus précédé d'une étoile, mais de sa croix ; et c'est ainsi que l'instrument de son humiliation, de sa pauvreté et de ses souffrances, précédera Jésus-Christ en signe de triomphe, lorsqu'il viendra dans tout l'éclat de sa gloire, de sa majesté et de sa puissance, comme l'étoile qui en était le type le précéda, lui et sa croix, lorsqu'il vint la première fois, pour régénérer et éclairer le monde par ses vertus et par ses exemples. Dans sa seconde apparition, il ne se montrera plus sous la forme d'un pauvre enfant qui vient de naître, mais il descendra du ciel, resplendissant de gloire comme Dieu et homme tout ensemble. Matth., XXIV, 30 : « Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, et toutes les tribus de la terre pleureront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. » Et voilà un cheval blanc. Ces paroles sont une figure semblable à cet autre passage de l'Apocalypse, où il est dit : « Il sortit un autre cheval roux, etc. » La différence de la signification de ces chevaux s'explique par leur couleur. Ainsi le cheval blanc dont il est ici question, représente la justice, la sainteté et la vérité de Jésus-Christ et de sa doctrine, comme les autres chevaux roux, noirs et pâles, etc., ffguraient par leurs couleurs les fausses doctrines des hérésies. Ce cheval blanc repré-
sente donc la doctrine de Jésus-Christ, dans sa première venue ; et aussi la justice, la sainteté et la vérité, qui brilleront en lui de tout son éclat, dans leur second avènement. Celui qui était dessus s'appelait Fidèle et le Véritable. Saint Jean nous désigne, par ces paroles, quel est celui qui montait ce cheval blanc, qui lui fut montré dans sa vision ; et il nous dit, pour mieux le distinguer, qu'il s'appelait le Fidèle et le Véritable. Or, ces deux attributs réunis ensemble ne peuvent convenir qu'à Dieu seul, selon saint Paul, Rom., III, 4 : « Dieu est véritable et tout homme est menteur, selon qu'il est écrit : Vous êtes reconnu fidèle dans vos paroles, et victorieux lorsque vous jugez. » La parole véritable de Dieu, c'est le Verbe, soit Jésus-Christ, qui s'est fait chair, selon saint Jean, I, 14 : « Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, comme la gloire du Fils unique du Père, était plein de grâce et de vérité. » Qui juge et combat avec justice. Ces paroles, qui juge et combat, mises ensemble, font voir que Jésus-Christ est ici représenté dans ses deux apparitions : 1° comme combattant les méchants sur la terre ; et 2° comme devant juger les vivants et les morts. Qui juge et combat avec justice, parce qu'il est le Fidèle et le Véritable, c'est-à-dire, vrai dans toutes ses voies, et fidèle dans toutes ses promesses. Peut-on caractériser l'Homme-Dieu d'une manière plus admirable, que le fait saint Jean en deux mots renfermant toute son histoire du temps et de l'éternité ?
II. Vers, 12. — Ses yeux étaient comme une flamme de feu ; il avait plusieurs diadèmes sur sa tête, et un nom écrit que nul ne connaît que lui. Ces yeux de Jésus- Christ, semblables à une flamme de feu, représentant la