LIV. VIII, SECT. II, CHAP. XIX
chés, comme l'enfant se tient collé à la robe de sa mère. Qu'aurons-nous à craindre sous une telle protection? 2<' Ces paroles et les suivantes font allusion au passage d'Isaïe que nous allons citer pour faire admirer au lecteur la ressemblance des expressions de ces deux prophètes, qui parurent cependant à des époques si éloignées entre elles ? Isa., LXIII : Qui est celui qui vient d'Edom et de Bosra avec des habits teints de rouge ? Qu'il est beau dans sa parure, comme il marche avec force et avec majesté ! C'est moi qui parle la justice, qui viens pour défendre et pour sauver. Pourquoi donc votre robe est-elle rouge, et pourquoi vos habits sont-ils comme le vêtement de ceux qui foulent le vin dans le pressoir ? J'ai été seul à fouler le vin sans qu'aucun homme d'entre les peuples fût avec moi. Je les ai foulés dans ma fureur, je les ai foulés aux pieds dans ma colère, et leur sang a rejailli sur ma robe, et tous mes vêtements en sont tachés. » 8» Cette robe teinte de rouge figure aussi les martyrs : car le sang des martyrs rejaillit sur le vêtement de Jésus-Christ, comme le vêtement dont on couvre le pauvre revêt Jésus-Christ lui-même, selon cette parole, Matth., XXV, 3(i : « J'étais nu et vous m'avez revêtu. » Et son nom est le Verbe de Dieu. Ainsi donc ce nom que nul ne connaît que Jésus- Christ, ce nom adorable est le Verbe de Dieu. Nous ne pourrions qu'à peine bégayer, si nous voulions sonder les mystères impénétrables qui sont cachés sous ce Nom béni. Qu'il nous suffise de l'adorer avec crainte, humilité, obéissance et amour.
IV. Vers. 14. — Et les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtus d'un lin blanc et pur. Ce passage s'applique aussi aux deux venues de>
Jésus-Christ ; et le ciel signifie ici l'Église militante et l'Église triomphante. En effet, Jésus-Christ, dans sa première apparition sur la terre, fut suivi des armées des anges gardiens qui combattent pour son Église, et des armées des apôtres, des pontifes, des prêtres, des docteurs, des prédicateurs, des vierges, etc., etc. Et toutes ces armées le suivaient sur les chevaux blancs de la justice, de la vérité et de la sainteté, vétiis d'un lin pur et blanc, de l'aube sacerdotale, de la simplicité, de la charité, de la modestie, de la pureté, de la justice et de la chasteté. 2° Ce passage s'applique aussi à la seconde venue de Jésus-Christ, car alors tous les saints de l'Église triomphante et de l'Église militante viendront avec Jésus-Christ pour juger les vivants et les morts, selon ces paroles de Daniel, VII, 21 : « Je regardais, et voici que cette corne (l'Antéchrist) faisait la guerre contre les saints et avait l'avantage sur eux, jusqu'à ce que l'ancien des jours (Jésus-Christ) fût venu. Alors il donna aux saints du Très-Haut la puissance de juger ; et le temps étant accompli, les saint entrèrent en possession du royaume. » Nous voyons cette même vérité exprimée en d'autres termes dans l'Apocalypse même, chap. XX, 4 : « Je vis aussi des trônes, et ceux qui s'assirent dessus, et la puissance de juger leur fut donnée. » Or, quels sont ceux qui seront assis sur ces trônes, c'est ce que saint Jean explique dans les paroles qui suivent au même chapitre : « Et les âmes de ceux qui sont morts, pour avoir rendu témoignage à Jésus, et pour la parole de Dieu, et qui n'ont point adoré la bête, ni son image, ni reçu son caractère sur leur front ou dans leurs mains, etc. » Ainsi donc tous les saints comparés pour le nombre à des armées, puisque les