‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 155 sur 211 · LIV. VIII, SECT. II, CHAP. XIX · texte numérisé non relu

LIV. VIII, SECT. II, CHAP. XIX

Christ a été offert une fois pour effacer les péchés de plusieurs ; et, la seconde fois, il. apparaîtra non plus comme chargé de nos péchés, mais pour le salut de ceux qui l'attendent, » On doit remarquer que saint Jean ne parle que du signe au soleil, et ce laconisme est admirable, si l'on considère que le soleil étant le point central du système planétaire, il suffisait à saint Jean d'indiquer un changement dans ce seul point, pour annoncer le bouleversement général de toute la nature, comme on le voit, en effet, par le passage de saint Luc qu'on vient de citer. Venez et assemblez-vous à la grande cène de Dieu, dira cet ange.

Vers. 18. — Pour manger la chair des rois, et la chair des tribuns, et la chair des forts, et la chair des chevaux et des cavaliers, et la chair de tous les hommes libres et esclaves, petits et grands. 1° On voit, par le contexte, que la grande cène de Dieu commencera à la chute de la grands Babylone, et durera aussi longtemps que la fumée de son embrasement s'élève, c'est-à-dire, dans les siècles des siècles. ( Voir Apoc, XIX, 3. ) Car, dès-lors, toute chair corruptible et corrompue sera détruite pour ressusciter ensuite, avec cette différence que les bons ressusciteront avec toutes les qualités des corps glorieux, et que les méchants auront des corps affreux et épouvantables. Cette destruction universelle de tous les hommes est exprimée par ces paroles : La chair de tous les

hommes libres et esclaves, bons et mauvais petits et

grands, sans acception de personne ; car le péché originel nous est commun à tous. Il n'y a que la bienheureuse Vierge Marie, la Reine du ciel et la Mère des hommes, qui en soit exempte. C'est à cette grande cène, à cette cène éternelle de Dieu, que les âmes des justes

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et de tous les saints seront convoqués. Ils sont représentés au figuré comme des oiseaux qui volent dans l'air, parce qu'ils se sont élevés de terre, et qu'ils ont été achetés d'entre les hommes, comme les prémices consacrées à Dieu et à l'Agneau. (Voir chap. XIV, 4. ) C'est à cette grande cène, disons-nous, que les âmes des justes seront conviées et assemblées, pour manger la chair des rois, et la chair des tribuns, et la chair des forts, et la chair des chevaux et des cavaliers, et la chair de tous les hommes libres et esclaves, petits et grands. Ces paroles sont une figure qui signifie que l'esprit régnera sur toute chair, et sur toute puissance terrestre ; comme toute chair avait régné sur l'esprit, dans le monde corrompu, ou dans la grande Babylone et chez la grande prostituée. 2° On sait que les prophètes représentent isouvent sous une seule figure, des personnes ou des choses différentes et mêmes opposées, pourvu qu'elles aient d'ailleurs quelque rapport de ressemblance entre elles ; or, c'est ainsi que saint Jean représente aussi par ces oiseaux que l'ange invite à manger la chair des rois, et la chair des tribuns, etc. ; c'est ainsi, disonsnous, que saint Jean représente aussi les démons et les dix cornes de la bète ou les rois du royaume de l'Antéchrist qui ha'iront la prostituée, la réduiront à la dernière désolation, la dépouilleront, dévoreront sa chair, et la brûleront dans les flammes. ( Voir chap. XVII, 16. ) Ces démons et ces dix cornes de la bète serviront d'intruments pour châtier les méchants, figurés par la chair, et pour venger les bons, représentés aussi par les oiseaux qui volent dans l'air. Car Dieu leur a mis dans le cœur d'exécuter ce qu'il lui plait. Apoc, XVII, 17. 3° Ces oiseaux dont il est parlé; figurent aussi, à la lettre, les

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