‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 166 sur 211 · LIV. YIII, SECT. II, CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIV. YIII, SECT. II, CHAP. XX

devez-vous être, dans vos œuvres de piété et dans vos entretiens ; attendant et désirant avec ardeur l'avènement du jour du Seigneur, ce jour où la violence du feu dissoudra les cieux et fera fondre tous les éléments ! Car nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux, et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera. C'est pourquoi, mes bien- aimés, dans cette attente, faites en sorte que le Seigneur vous trouve purs, irrépréhensibles et dans la paix ; et croyez que la longue patience de Notre-Seigneur est votre salut. » Nous croyons avec saint Augustin, De Civ., lib. 20, XIV, que ce changement de la terre et des cieux aura lieu après le jugement, et non avant. Et leur place même ne se trouva plus, c'est-à-dire, qu'ils disparaîtront complètement dans l'espace, et seront anéantis pour toujours.

II. Vers 12. — Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône : les livres furent ouverts, et un autre livre, le livre de vie, fut encore ouvert, et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres. Et je vis les morts, c'est-à-dire tous les hommes qui auront vécu sur la terre et qui tous, grands et petits, sans acception des personnes, auront subi la peine du péché originel dont tous sont entachés, excepté la femme bénie entre toutes les femmes, la Reine du ciel et notre mère, la bienheureuse Vierge Marie. Je vis tous ces morts debout devant le trône, pour être jugés. Le prophète Daniel nous parle aussi de ce trône devant lequel comparaîtront les morts, grands et petits, pour être jugés, et il nous dit, chap. Vil, 9 : « J'étais attentif à ce que je voyais, jusqu'à ce que des trônes fussent placés, et que l'ancien des jours (Jésus-

Christ) s'assît : son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme la laine la plus blanche et la plus pure. Son trône était des flammes ardentes ; et les roues de ce trône un feu brûlant. Un fleuve de feu sortait rapidement de sa face, des mille milliers d'anges le servaient ; et dix mille fois comme des centaines de milliers d'hommes assistaient devant lui. Le jugement commença et les livres furent ouverts. » Ces livres figurent les livres saints, et aussi les livres où sont inscrites les œuvres des hommes ; car Dieu se les rappellera toutes dans le plus minutieux détail, et il les confrontera avec sa loi, et sa loi avec nos œuvres. Saint Augustin nous dit que par la toutepuissance divine, ces œuvres seront vues et connues de tous les hommes avec une merveilleuse célérité. Les livres furent ouverts, et un autre livre, le livre de vie, fut encore ouvert ; ce livre de vie, c'est le livre où sont inscrits les noms des élus. Et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans ces livres, sur leurs œuvres et sur la loi de Dieu. Sur leurs œuvres, c'est-à-dire, selon le nombre et le mérite de leurs œuvres, et sur la loi de Dieu appliquée aux actions des hommes. Et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans ces livres. Comme nous l'avons dit, ces morts sont tous les morts grands et petits, qui étaient debout devant le trône, c'est-à-dire, tous les hommes ; car selon saint Paul, Hébr., IX, 27 : « 11 est décrété que les hommes meurent une fois. » Il n'est fait aucune exception pour ceux qui ont participé au péché originel, on doit donc entendre ces paroles d'une manière absolue : Et les inorts furent jugés. D'ailleurs on voit par les différences de jugement indiquées dans les paroles qui suivent qu'il s'agit ici de tous

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