‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 171 sur 211 · LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI

du Dieu de vérité, parce que les anciennes tribulations seront alors mises en oubli, et qu'elles disparaîtront de devant mes yeux. Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre; et le passé ne sera plus dans ma mémoire, et ne s'élèvera plus dans mon cœur. Mais vous vous réjouirez, et vous serez éternellement pénétrés de joie dans les choses que je vais créer, parce que je vais rendre Jérusalem une ville d'allégresse, et son peuple un peuple de joie. Je prendrai mes délices dans Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple, et on n'y entendra plus ni plaintes, ni clameurs. On n'y verra point d'enfants qui ne vivent que peu de jours, ni de vieillard qui ne remplisse le temps de sa vie, etc. » II. Vers. 2. — Et moi, Jean, je vis descendre du ciel la sainte cité, la nouvelle Jérusalem qui venait d Dieu, parée comme une épouse pour son époux. Saint Jean se cite lui-même comme témoin de ce qui arrivera, voulant par là donner plus de force à ses paroles et nous y rendre plus attentifs. Et moi, Jean, je vis descendre du ciel la sainte cité. Cette sainte cité, c'est l'Église triomphante, ou l'assemblée des bienheureux qui régneront avec Dieu, Cette Église est la nouvelle Jérusalem qui venait de Dieu, et dont la Jérusalem terrestre était la figure. Car, comme on l'a dit, les prophètes se servent souvent de la même figure pour signifier diverses choses ; et c'est ainsi que la Jérusalem terrestre, représentant comme ville et dans un sens matériel, la grande Babylone, figure aussi dans un sens mystique la Jérusalem céleste. Saint Jean la vit descendre du ciel, et il dit qu'elle venait de Dieu, parce que, selon saint Augustin, Cî'mf., XX, 17, la grâce par laquelle Dieu la forma, est céleste, et que, dans le principe, elle descendit du

ciel, d'où fut envoyé le Saint-Esprit. Elle venait de Dieu, parée comme une épouse pour son époux. C'est-àdire, resplendissante de gloire et de beauté, de la gloire de ses triomphes, et de la beauté de ses vertus et de ses mérites. Car l'épouse, pour être agréable à son époux, doit lui être semblable, puisqu'ils ne doivent former qu'une même chair. Gen., II, 23. Adam, qui est un type de l'ép&ux Jésus-Christ, dit, en parlant d'Eve, qui est aussi le type de l'Église : « Voilà maintenant l'os de mes os, et la chair de ma chair. » Puis la Genèse continue : « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme ( comme Jésus-Christ quitta son Père et sa gloire céleste, pour se revêtir de notre humanité et s'attacher à notre chair ) ; et ils seront deux dans une même chair. » Or, les saints en se nourrissant de la chair de Jésus-Christ dans la très-sainte Eucharistie, et Jésus-Christ en se revêtant de notre chair, s'unissent dans une même chair ; et c'est ainsi que l'Epoux céleste et son épouse sont deux dans une même chair. Et quelle ne doit pas être la beauté, la pureté, la sainteté et la gloire de l'Église pour mériter de pouvoir s'unir à l'Epoux divin ? Voilà pourquoi saint Jean nous dit que l'Église sera parée comme une épouse pour son époux.

III. Vers. 3. — Et j'endendis une grande voix sortie du trône, disant : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il demeurera avec eux. Et ils seront son peuple, et Dieu, au milieu d'eux, sera leur Dieu. Saint Jean entendit en imagination une grande voix sortie du trône ; cette voix sera celle de Dieu le Père qui dira, en annonçant Jésus-Christ à son Epouse chérie : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, c'est-à-dire : Voici

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