LIV. IX, SECT. I, CHÂP XXI
Jésus-Christ mon Fils, qm est le tabernacle, ou l'alliance de la Divinité avec l'humanité. On a vu combien souvent saint Jean fait allusion à l'ancien tabernacle et au temple. Par ce tabernacle et ce temple, Dieu avait donné des signes de l'alliance qu'il voulait contracter avec le peuple hébreu. Mais les Juifs furent infidèles, et les nations de la terre devenues chrétiennes eurent l'insigne privilège de voir se réaliser en elles la promené faite aux Juifs, sous la figure du tabernacle et du temple. Cette promesse s'accomplit en effet dans la trèssainte Eucharistie, où nous possédons réellement Jésus- Christ sous les espèces du pain et du vin, en attendant que nous le possédions dans le ciel, où il deviendra l'objet réel de notre béatitude comme il est maintenant l'objet réel de notre foi. Et il demeurera avec eux, avec ses élus, pendant toute l'éternité, parce qu'il est le prêtre éternel, selon l'ordre de Melchisédech; et ils seront son peuple, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu. C'est-à-dire, que les élus seront le peuple de Dieu et il sera leur Dieu, leur père, leur roi, leur époux; il les comblera de tous les biens; leurs désirs éternels seront toujours satisfaits; et leur soif sera toujours étanchée. ■ Leur amour s'élèvera éternellement comme une flamme ardente vers l'objet immuable de leur amour, et ce feu ne se consumera jamais. Les justes seront toujours satisfaits, d'après toutes les capacités de leurs âmes comme des vases de différentes grandeurs qu'on pourrait toujours remplir avec les eaux de l'Océan et infiniment plus encore. Plus ils auront joui, et plus ils voudront jouir; et ils n'éprouveront jamais de dégoût car toute douleur cessera. C'est ce que saint Jean nous assure par les paroles suivantes :
Vers. 4. — Et Dieu essuiera ^toutes les larmes de leurs yeux; et la mort ne sera plus, ni le deuil, ni les cris, ni la douleur, parce que le premier état est fini. Ainsi donc, le souvenir des maux passés, le souvenir des douleurs, des afflictions, des peines, des malheurs, des maladies, des dégoûts, des ennuis, des chagrins, des pertes, des privations, de la soif, de la faim, des rigueurs de l'hiver, des chaleurs de l'été, le souvenir des tribulations, des tentations, des sacrifices les plus coûteux à la nature; le souvenir des injustices, des persécutions, des injures, des mépris, de l'abandon, de l'isolement; le souvenir des travaux, des fatigues des combats, des veilles, des jeûnes, des mortifications; le souvenir des humiliations, de la perte des biens, de la privation des plaisirs; le souvenir même du péché n'affligera plus les justes, parce que Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux. Tous les maux de la vie seront changés pour eux en des biens immenses dans leur étendue, et éternels dans leur durée, car la mort ne sera plus ni le deuil, ni les cris, ni la douleur, parce que le premier état est fini.
IV. Vers, 5 — Alors celui qui était assis sur le trône dit : Voilà que je fais toutes choses nouvelles. Et il me dit : Ecris, car ces paroles sont très-certaines et trèsvéritables. On se rappelle que c'est Jésus-Crhrist même qui est l'auteur de cette révélation, selon ces paroles du chapitre I, 1 : » La révélation de Jésus-Christ, etc. » Il n'y a donc aucun doute que c'est bien Jésus-Christ que saint Jean nous représente assis sur le trône; car il lui dit : écris etc. Ainsi donc, après avoir régné pour le temps, cet Epoux céleste continuera de régner pour l'éternité. Il règne déjà sur la terre par sa loi et par sa