I.IV. IX. SECT. T CHAP. XXI. '-Vi
lequel l'Apôtre nous fait entrevoir comment se fait la justification des élus qui ont faim et soif de la justice. Et ces deux passages de saint Paul et de l'Apocalypse coïncident admirablement ensemble, et s'expliquent l'un par l'autre. Car Jésus-Christ dans son Apocalypse nous dit : Celui qui vaincra possédera ces choses, et je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais les timides, les incrédules, etc , auront leur part dans l'étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort. Or, saint Paul nous explique comment les élus et les prédestinés pourront vaincre, et il continue son explication sur le mystère de la jjistification des hommes en nous faisant voir comment le chrétien, par le désir de la justice, arrive à la possession de la huitième béatitude, qui est comme la perfection et le complément des autres, et nous garantit la possession du royaume éternel, selon saint Math., V, 10 : « Bienheureux ceux qui souffrent la persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux. » Or, souffrir la persécution pour la justice, c'est vaincre, et celui qui rainera possédera ces choses. Saint Paul voulant donc nous faire comprendre comment peuvent et doivent vaincre ceux qui ont faim et soif de la justice, ajoute dans son épitre aux Romains, VIII, 31 « Après cela, que dirons-nous ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? S'il n"a pas épargné son propre Fils, et s'il l'a livré à la mort pour nous tous, que ne nous donnera-t-il point, après nous l'avoir donné? Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu lui-même qui les justifie. Qui les condamnera, après que Jésus-Christ est non-seulement mort, mais ericore ressuscité ; il est à la droite de Dieu où il intercède pour nous ? Qui donc nous séparera de l'amour de Jésus-Christ? Sera-ce l'af-
fliction, les angoisses, la faim la nudité, les périls, les persécutions ou le glaive ? selon qu'il est écrit : On nous livre tous les jours à la mort à cause de vous, Seigneur ; on nous regarde comme des brebis destinées à être égorgées. Mais parmi tous ces maux nous triomphons par la vertu de celui qui nous a aimés. Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie. ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes ni les futures, ni la violence, ni tout ce qu'il y a de plus haut ou de plus profond, ni aucune autre créature, ne pourra jamais nous séparer de 1" amour de Dieu qui est en Jésus-Christ Notre-Seigneur, » C'est donc par le secours de Dieu et par les mérites et l'amour de Jésus-Christ, que nous pouvons vaincre l'amour des plaisirs et la crainte des maux dont nous parle saint Paul. Mai^ les timides, les lâches et les pusillanimes, les incrédules, qui n'ont pas la foi de Jésus-Christ sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, les abominables, qui ne mettent pas en Dieu leur espérance, les homicides, qui n'ont pas la charité, les fornicateurs, qui se vautrent dans les jilaisirs de la chair, les empoisonneurs, qui reche rchent injustement le bien d'autrui, les idolâtres, qui se prostituent en brûlant l'encens aux créatures et en recherchant la fumée des honneurs, et tous les menteurs, qui sont les enfants du démon, auront leur part dans l'étang brûlant de feu et de soufre que est la seconde mort, la mort éternelle.
Après avoir annoncé un ciel nou\«eau et une terre nouvelle, saint Jean nous en donne la description sous la figure de la Jérusalem céleste.