‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 176 sur 211 · LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI

tant que sa miséricorde et sa bonté ! Et sa lumière était semblable à une pierre précieuse, telle quiine pierre de jaspe transparente comme le cristal. Le jaspe est une pierre précieuse très-dure, dont la couleur verdâtre varie extrêmement. Or, cette solidité du jaspe représente l'éternité de la lumière divine, et cette extrême variété de couleurs figure les attributs infinis de Dieu. De plus cette pierre était transparente comme le cristal, pour représenter la pureté de cette lumière éternelle dans laquelle les saints pourront voir Dieu tel qu'il est. Ils en jouiront selon toute l'étendue des facultés dont chacun d'eux sera revêtu. Et cette lumière brillera éternellement à leurs yeux qui ne se lasseront jamais de la contempler. Plus ils la verront, plus ils voudront en jouir ; et tous leurs désirs seront satisfaits en elle ; car la lumière éternelle les éclairera et les aidera à contempler les beautés de la lumière éternelle. Ils seront comme absorbés pour toujours dans les profondeurs infinies du bonheur et de la gloire de Dieu même.

Vers. 12. — Cette sainte cité avait une muraille d'une grande élévation, et douze portes, et douze anges aux portes, et des noms écrits, qui étaient les noms des douze tribus des enfants d'Israël. Cette muraille de la cité sainte, c'est la foi de Jésus-Christ dont les fondements sont les douze apôtres selon le texte même. Vers., 14 : La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des apôtres de l'Agneau. » Et comme la foi de Jésus-Christ, jointe à la pratique des bonnes œuvres, fait monter les élus jusqu'au ciel, puisque selon saint Paul, c'est la foi qui nous justifie, Rom.. Y, 1 : « Justifiés donc par la foi, etc.. » saint Jean a raison de nous dire, que cette

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muraille était d'une grande élévation. Cette muraille sera construite de pierres bien précieuses, puisqu'elle figure la foi qui produit les bonnes œuvres et les vertus des saints : et ces vertus et ces bonnes œuvres si méconnues du monde présent, et cachées dans les antres de la terre et dans le sein des montagnes qui sont les puissances du siècle, seront découvertes et choisies au grand jour, chacune selon ses qualités et sa valeur intrinsèque pour servir à la construction de cette muraille. Car si la foi produit les bonnes œuvres, les bonnes œuvres entretiennent et élèvent la foi. Cette muraille sera élevée à une grande hauteur, et formera l'enceinte de la cité céleste. Le ciment de cette muraille sera aussi solide et aussi durable que la raison qui rattache la foi aux bonnes œuvres, et les bonnes œuvres à la foi. Car, comme on vient de le dire, c'est la foi qui produit et qui vivifie les bonnes œuvres, et ce sont les bonnes œuvres qui entretiennent et affermissent la foi, selon cette parole de l'Apôtre : « Le juste vit de la foi. » Les douze portes par lesquelles on peut entrer dans cette ville figurent les douze apôtres selon saint Jérôme et saint Augustin. Car les apôtres, en répandant sur la terre la foi de Jésus-Christ, furent vraiment les portes qui donnèrent accès aux douze tribus des enfants d'Israël, pour entrer dans la ville sainte. Et ces douze tribus dont les noms sont écrits sur ces portes, représentent tous les élus. Et douze ange.s aux portes. Ces anges sont les douze chefs des tribus d'Israël.

IV. Vers. Vè. — Et cette ville avait trois portes à l'Orient, trois au Septentrion, trois au Midi et trois à l'Occident. 1° Ces portes distribuées ainsi vers les quatre principales parties du monde sont une figure sensible

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