LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI
même supérieure à la ville la plus florissante. D'où nous pouvons conclure que le nombre des bienheureux dans le ciel sera très-grand. Car Dieu dit à Abraham, le père des élus, Gen., XXII, 17 : « Je te bénirai, et je multiplierai ta~ postérité comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer : ta postérité possédera les portes de ses ennemis, et toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui sortira de toi (en Jésus-Christ), parce que tu as obéi à ma parole. » Ibid., XVII, 6 : « Je te ferai croître très- abondamment, je te rendrai le chef des nations ; et les rois sortiront de toi. Et j'établirai mon alliance avec toi, et après toi avec ta postérité dans la suite de leurs générations, par un pacte éternel ; afm que je sois ton Dieu, et le Dieu de ta postérité après toi. » Nous ferions injure au Dieu de toute bonté, en croyant que sa miséricorde le cédera à sa justice ; et comme la miséricorde est un attribut de Dieu, qui le porte à pardonner jusqu'à l'infini, nous devons espérer, que si nous faisons pénitence, et si nous combattons légitimement des combats du Seigneur, nous devons espérer, disons-nous, par la miséricorde infinie de Dieu et par la foi et les mérites de Jésus-Christ, d'être admis un jour dans la cité céleste qui sera d'une prodigieuse étendue. Car lorsque Jésus-Christ, dans sa révélation , nous en donne la mesure, nous voyons qu'elle aura 160,000 lieues carrées, et que sa hauteur sera égale aux côtés. Or, il répugne de supposer que cette si grande ville ne sera pas peuplée en proportion de son étendue. Cependant, comme nous ignorons si nous sommes dignes d'amour ou de haine, selon VEcclésiaste, IX, et que toutes choses sont incertaines et seront gardées pour l'avenir, continuons à servir le Sei^
gneur avec crainte et tremblement, tout en espérant en son infinie miséricorde. Suivons l'exemple et l'avertissement de saint Paul : car cet apôtre savait bien ce que doit coûter de peine le royaume de Dieu, lui qui fut ravi en esprit jusqu'au troisième ciel. C'est pourquoi il sacrifia tout jusqu'à sa vie même pour obtenir ce royaume. » Je fais toutes ces choses pour l'Évangile, afin d'y avoir part, » nous dit-il dans sa lettre aux Corinihiem, IX, 24 ; puis il ajoute : « Ne savez-vous pas que quand on court dans la lice, tous partent, il est vrai, mais un seul remporte le pri s: ? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez. Or, tous les athlètes vivent dans une exacte tempérance : et cependant ce n'est que pour gagner une couronne corruptible, au lieu que nous en attendons une incorruptible. Pour moi, je cours, et je ne cours pas au hasard: je' combats, non comme frappant l'air ; mais je châtie rudement mon corps et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même. Car je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que nos
pères ont tous été sous la nuée , qu'ils ont tous
mangé la même viande mystérieuse, et Cependant
il y en eut peu d'un si grand nombre qui furent agréables à Dieu, car ils périrent dans le désert. Or, toutes ces choses (dites aux Juifs) ont été des figures de ce qui nous regarde, afin que nous ne nous livrions pas aux mauvais désirs, comme ils s'y abandonnèrent. Ne devenez point aussi idolâtres comme quelques-uns d'eux, dont il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir. Ne commettons point de fornication, comme le firent quelques-uns d'entre eux, car vingt-trois mille périrent dans un seul