LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI
jour. Ne tentons point Jésus-Christ, comme le tentèrent quelques-uns d'entre eux, qui furent tués par les serpents. Ne murmurez point comme murmurèrent quelques-uns d'eux qui furent frappés de mort par l'ange exterminateur. Or, toutes ces choses qui leur arrivaient étaient des figures ; et elles ont été écrites pour nous instruire, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Que celui donc qui croit être ferme, prenne garde de ne pas tomber, » Tels sont les précieux avertissements que nous donne saint Paul, avertissements qui intéressent au plus haut point notre avenir dans l'éternité. Et cette éternité que sera-t-elle pour nous ? Serons-nous portés, comme Lazare, dans le sein d'Abraham par les images des anges pour faire partie des douze tribus des enfants d'Israël, ou bien serons-nous précipités, comme le mauvais riche, dans les goufl'res de l'enfer ? Nul de nous ne le peut savoir. Dignes de haine ou d"amour ; victimes forcées que le Seigneur repousse, ou enfanis bien-aimés qu'il appelle à soi, vases d'ignominie et de colère, ou vases d'honneur et de miséricorde, nous portons, comme Urie, nos lettres cachetées ; nul de nous ne peut répondre de son sort. Consolons-nous néanmoins si, pendant notre vie, nous avons été des serviteurs vigilants et fidèles, Jésus-Christ nous assure son royaume à notre mort ;et si, à l'exemple des vierges sages, nous tenons nos lampes allumées pour l'arrivée de l'époux, la salle de ses noces nous sera ouverte. Ecoutons encore saint Paul qui nous promet que, si nous combattons avec courage, une couronne de justice nous sera donnée par le plus juste de tous les juges. Ecoutons aussi saint Jean qui nous dit, que l'esprit de Dieu rendra témoignage au nôtre ; que nous sommes les enfants du Seigneur, et
que, quoique incertains de notre sort, il nous exaucera en tout ce que nous lui demanderons de conforme à sa volonté, puisque nous avons déjà été exaucés en tant de rencontres.
VII. Et il mesura la ville arec sa verge d'or, jusqu'à rétendue de douze mille stades, et sa longueur, et sa largeur, et sa hauteur sont égales. Comme on l'a dit, ces douze mille stades correspondent aux douze tribus d'Israël, qui représentent la masse des élus, de sorte que chaque tribu occupera mille stades en longueur, en largeur et en hauteur. Il faut dix stades pour faire un mille romain, selon le calcul de Lucius Florus. Voir Martini, nouveau Testament, page 836. Et l'on sait que trois milles romains font à peu près une lieue de France. D'où nous pouvons conclure que cette ville aura 160,000 lieues carrées. Mais on ne doit pas oublier que Dieu, voulant donner aux hommes une idée des choses célestes, se sert de comparaisons tirées du langage des hommes et des choses terrestres. De sorte que cette figure de la cité céleste ne doit être admise que comme figure, soit pour sa forme, soit pour son étendue, soit pour les matériaux dont elle est construite, soit, enfin, pour ceux qui doivent en être les habitants, etc.
VIII. Vers. 17. — Et il mesura la muraille, qui était de cent quarante-quatre coudées de mesure d'homme, qui était celle de l'ange. Ces cent quarante-quatre coudées de mesure d'homme correspondent encore aux douze tribus d'Iraël représentant tous les élus, car 12 x 12 = 144. Et comme cette mesure est une mesure d'homme, et que la mesure de la muraille n'est pas indiquée de manière à pouvoir la mesurer, puisque l'apôtre ne dit