‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 183 sur 211 · LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXI

dis dont nous serons incapables d'ailleurs de comprendre la gloire et le bonheur, aussi longtemps que nous demeurerons sur la terre, puisqu'il est écrit, I, Cor., II, 9 : < L'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment. » Nous disons donc que ces paroles nous font comprendre qu'il n'est ici question que d'une figure. En effet, ces douze perles représentent les douze apôtres qui sont les portes de la ville et les fondements de la muraille, comme il est dit ailleurs. Et les douze portes étaient douze perles, c'est-à-dire, les douze apôtres selon saint Jérôme et saint Augustin. Et la place de la ville était d'un or pur comme un verre transparent. Comme on le voit, saint Jean applique à la ville les qualités qui conviennent aux personnes qui la composeront, d'où l'on doit conclure que toutes ces beautés et cette magnificence qu'il attribue à la ville doivent être comprises dans un sens mystique. Les paroles qui suivent rendent notre idée plus sensible encore, puisque saint Jean ajoute :

XI. Vers. 22. — Et je ne vis point de temple dans la ville, parce que le Seigneur Dieu tout-puissant et l'Agneau sont le temple, comme les apôtres et tous les saints sont la ville. Saint Jean nous laisse entrevoir qu'il sous-entend ces paroles. Et je ne vis point de ville, mais la figure d'une ville, parce que les élus sont la ville même. Saint Jean ne vit point de temple dans la ville, et pourquoi ? Parce que le Seigneur Dieu toutpuissant et l'Agneau sont le temple. Or, comme Dieu çst immense et qu'il est le temple de cette ville, il s'ensuit que cette ville est dans Dieu comme Dieu est dans la ville, et c'est ainsi que les bienheureux verront Dieu tel

qu'il est. De là ces paroles de saint Paul, I. Cor., XIII, 12 : « Nous ne voyons Dieu maintenant que comme dans un miroir et sous des images obscures, mais alors nous le verrons face à face. Je ne le connais maintenant qu'imparfaitement, mais alors je le connaîtrai comme moi-même je suis connu de lui. » Or, connaître Dieu, selon le langage de l'Écriture, c'est en jouir ; et jouir de Dieu, c'est jouir d'un bonheur immense dans ses perfections et éternel dans sa durée. C'est ce que nous voyons dans ces paroles : Parce que le Seigneur Dieu tout-puissant et l'Agneau sont le temple. Pourquoi maintenant saint Jean parle-t-il de l'Agneau, et pourquoi dit-il qu'il est aussi le temple ? Nous en trouvons la raison dans l'Humanité de Jésus-Christ qui est l'Agneau immolé pour les péchés du monde et pour le salut des siens. Or, l'union de l'Humanité de Jésus- Christ avec les corps des fidèles, sera semblable à l'union qu'il y aura entre le Seigneur Dieu tout-puissant et les âmes des bienheureux. ' Et comme cette union des esprits commence ici-bas par la foi, se fortifie par l'espérance, et se perfectionne par la charité , ainsi l'union des corps s'établit réellement ici-bas aussi sous les espèces eucharistiques, et continuera d'exister dans le ciel, sans le voile de la foi, et dans la plénitude du bonheur. Et c'est ainsi que l'Agneau sera le temple, selon ces paroles de l'Apôtre, II, Cor., VI, 16 : « Vous êtes le temple du Dieu vivant, selon ce que Dieu dit luimême : J'habiterai en eux, et je marcherai au milieu d'eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

Xll. Vers. 23. — Et la ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'éclairer, parce que la gloire de Dieu l'éclairé, et que l'Agneau en est le flambeau. Ce

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