LIV. IX, SECT. I, CHAP. XXII
enseignez toutes les nations, les baptisant, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »
II. Ce fleuve d'eau vive représente aussi la vision béatifique, selon ces paroles du Psalmiste, Ps. XLV, 4 : « Un fleuve par son cours impétueux inonde de joie la cité de Dieu. Le très-haut a sanctifié son tabernacle. Dieu est au milieu de la cité sainte. » Et ailleurs : Ps. XXXV, 8 : Seigneur, les enfants des hommes seront remplis d'espérance à l'ombre de vos ailes. Ils seront enivrés de l'abondance de votre maison ; vous les abreuverez du torrent de vos délices : car en vous est la source de la vie, et dans votre lumière nous verrons la lumière. » Autre part encore : Ps. XXXVI : « Gardezvous d'imiter les méchants, et n'enviez pas ceux qui commettent l'iniquité, parce qu'ils sécheront aussi promptement que le foin, et qu'ils se faneront aussi vite que les herbes et les légumes, mettez votre espérance dans le Seigneur et faites le bien ; et alors vous habiterez la terre, et vous serez nourris de ses richesses, mettez vos délices dans le Seigneur, et il remplira les désirs de votre cœur. Découvrez vos voies au Seigneur, espérez en lui, il agira lui-même. Il fera éclater votre justice comme la lumière, et il fera briller votre innocence comme- le midi. »
Ecoutons encore Isaie, LXVI, 12 : « Voici ce que dit le Seigneur. Je vais faire couler sur Jérusalem comme un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations, comme un torrent qui se déborde. Jérusalem vous nourrira de son lait, vous pressera sur son sein, et vous caressera sur ses genoux. Comme une mère console son enfant, ainsi je vous consolerai, et vous serez consolés dans Jérusalem.* Vous verrez ces choses, et II. 23
votre cœur sera dans la joie : vos os même reprendront une nouvelle vigueur comme l'herbe. »
Nous terminerons l'explication de ce passage, par les paroles si remarquables que nous trouvons dans l'Evangile de la Samaritaine ; ces paroles font allusion aussi au fleuve d'eau vive, et contiennent par conséquent une confirmation de plus en faveur de la procession du Saint- Esprit selon le dogme catholique, et un nouvel éclaircissement sur la matière que nous traitons. Voici donc cet Evangile, Jo., IV, 7 : « Il vint alors une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire. Car ses disciples s'en étaient allés à la ville pour acheter de quoi se nourrir. Or, cette femme samaritaine lui dit : Comment, vous qui êtes Juif, me demandezvous à boire, à moi, qui suis Samaritaine ? Car les Juifs n'ont point de commerce avec les Samaritains. Jésus lui répondit : si vous saviez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, vous lui auriez peutêtre fait la même demande, et il vous aurait donné de l'eau vive. Cette femme lui dit : Seigneur, vous n'avez pas de vase pour puiser, et le puits est profond ; d'où auriez-vous donc cette eau vive ? Etes-vous plus grand que Jacob notre père, qui nous a donné ce puits, et en a bu lui-même aussi bien que ses enfants et ses troupeaux. Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; au lieu que celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif. Mais l'eau que je lui donnerai, deviendra en lui une fontaine d'eau qui rejaillira jusqu'à la vie éternelle. » Qui ne reconnaît, dans ces dernières paroles, le fleuve d'eau vive dont nous parlons ; et quelle est la fontaine dont l'eau puisse jaillir jusqu'à la vie éternelle, si ce n'est le Saint-Es-