LIV. IX, SECT. I, CHAP, XXII
prit, qui est Dieu, infiniment parfait, et qui procède du Père et du Fils ?
in. Vers. 2. — Au milieu de la place de la ville, sur les deux rivages du fleuve, était l'arbre de vie qui porte douze fruits, et donne son fruit chaque mois, et les feuilles de l'arbre doivent guérir les nations. Ces paroles ont un sens difficile, nous disons-mêrae impénétrable, puisqu'elles renferment les grands mystères de la sainte Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption. Sans vouloir donc chercher inutilement à scruter des vérités si profondes que jamais mortel ne pourra comprendre, nous nous bornerons à démontrer comment cette énigme renferme en soi de si grandes vérités; Au milieu de la place de la ville, sur les deux rivages du fleuve, était l'arbre de vie. De même que le fleuve d'eau vive dont il est fait mention dans le verset précédent, fait allusion au fleuve du paradis terrestre dont il est parlé dans la Genèse ; ainsi l'arbre de vie dont il est ici question, nous rappelle aussi l'arbre de vie, et l'arbre de la science du bien et du mal. Et même nous ajouterons que tout le passage que nous allons citer de ce premier livre de l'Ecriture, est un type et une figure sensible de la sainte cité que nous venons de décrire. Il est rapporté dans la Genèse, II, 7 : « Le Seigneur forma donc l'homme du limon de la terre ; il répandit sur son visage un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé. Or le Seigneur Dieu avait planté dès le commencement un jardin délicieux, dans lequel il mit l'homme qu'il avait créé. Le Seigneur avait au^si produit de la terre toutes sortes d'arbres, beaux à la vue, et dont le fruit était agréable au goût; et il ])lara l'arbre de vie au milieu du paradis, avec Tarbre de la science du bien et du
mal. Dans ce lieu de délices, il sortait un fleuve pour arroser le paradis, etc. » Comme on le voit, ce jardin délicieux nous offre à peu près les mêmes circonstances que nous trouvons dans la Jérusalem céleste. Le premier est au corps animal ce que la sainte cité est au corps s;)inf«^e? dont parle saint Paul. Ce jardin fut un lieu de délices pour le corps animal, et la Jérusalem céleste sera un séjour de bonheur et de gloire pour le corps spirituel. L'homme fut créé dans le paradis terrestre avec une âme vivifiante ; dans le ciel; il sera rempli d'un esprit vivant. Le premier homme est le terrestre, -formé de la terre, dit saint Paul ; le second est le céleste, qui vient du ciel. Dans le paradis terrestre, il y avait l'arbre de vie qui devait rendre incorruptible le corps corruptible du premier homme ; mais il y avait aussi l'arbre de la science du bien et du mal, qui donna la mort à l'âme et ensuite au corps de nos premiers parents, lorsqu'ils eurent désobéi à Dieu, en mangeant du fruit défendu. Dans le ciel, il y aura aussi un arbre de vie, mais qui sera différent de celui du jardin d'Eden ! Celui-ci était matériel et terrestre, celui-là est spirituel et divin. L'un était destiné à conserver la vie du corps, l'autre conservera la vie du corps et de l'âme. Le terrestre n'empêcha cependant pas le corps humain de périr, le céleste anéantira le mal dans sa source et le rendra impossible ; car. comme le premier ne pouvait préserver que le corps, le second préservera l'âme, et lui redonnera la vie dans le temps, pour rendre le corps et l'âme immortels dans l'éternité. Ainsi la vertu de cet arbre divin est infiniment supérieure à celle de l'arbre terrestre, puisque non-seulement celui-là conservera les corps vivants, mais encore il sauvera ce