‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 192 sur 211 · LIV. XI, SECT. I, CHAP. XXII · texte numérisé non relu

LIV. XI, SECT. I, CHAP. XXII

qui avait péri, redonnera la vie aux corps et les rendra incorruptibles, restituera la grâce aux âmes et les rendra impeccables. Car il faut, selon saint Paul, « que ce corps corruptible soit revêtu d'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu d'immortalité. Et après que ce corps de mort aura été revêtu d'immortalité, cette parole de l'Écriture sera accomplie : La mort a été absorbée dans la victoire : » la victoire de l'âme sur le corps, la victoire de la vie sur la mort, la victoire de l'arbre de vie sur l'arbre de mort ; et alors cet arbre de mort, l'arbre de la science du bien et du mal n'existera plus dans le ,ciel, où les saints jouiront de tous les biens, sans crainte, ni possibilité, ni mélange d'aucun mal. De là ces paroles de saint Paul, I. Cor», XV, 55, qui font allusion à l'arbre de vie, à l'arbre de la vie éternelle, et aussi à l'arbre de mort, à l'arbre de la science du bien et du mal : « 0 mort, où est ta victoire ? 0 mort, où est ton aiguillon ? Or, l'aiguillon de la mort, c'est le péché, et la force du péché, c'est la loi. » La loi de Dieu violée, la loi qui défendait à l'homme de mEinger du fruit défendu. Puis saint Paul ajoute immédiatement ces paroles bien remarquables, en ce qu'elles coïncident parfaitement avec notre texte : « Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous a donné la victoire par Jésus-Christ Notre-Seigneur. « Ainsi donc c'est Jésus-Christ qui est cet .arbre ce vie, l'arbre de la vie éternelle, et dont le premier, celui du paradis terrestre était le type. Et cet arbre est aussi la vigne dont il est parlé en saint Jean, XV : « Je suis la vraie vigne, et mon Père est vigneron. Il retranchera toutes les branches qui ne rapportent point de fruit en moi, et il émondera par la mortification chrétienne toutes celles qui portent

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du fruit, afin qu'elles en portent davantage. Déjà vous êtes purs à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi et moi en vous. Comme la branche de la vigne ne saurait porter de fruit d'elle-même, et sans demeurer unie au cep, il en est ainsi de vous, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep de la vigne, et vous êtes les branches. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits ; car sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il sera jeté dehors comme un sarment : il séchera, et on le ramassera, et on le jettera au feu, et il sera consumé. » Comme on le voit, Jésus- Christ se compare lui-même à une vigne, et tous les fidèles, dit-il, sont les branches de cette vigne sans laquelle ils ne peuvent rien faire. Les branches qui demeurent attachés à la vigne, portent beaucoup de fruits. Nous allons voir bientôt quels seront ces fruits.

IV. Au milieu de la place de la inlle, sur chacune des deux parties du fleuve, était l'arbre de vie, qui porte douze fruits, et donne son fruit chaque mois, et les feuilles de l'arbre doivent guérir les nations. On a vu dans le chapitre précédent, que les fidèles croyants formeront la place de la ville sainte, et que cette place de la ville sera d'un or pur comme un verre transparent. Or, c'est au milieu de la place, c'est-à-dire, au milieu des fidèles que sera l'arbre de vie dont nous parle saint Jean. Et cet arbre était sur chacune des deux parties du fleuve. Comment peut-il se faire qu'un seul arbre soit placé sur chacune des deux parties d'un tleuve ? Ceci ne peut s'expliquer que par ce que nous savons de la procession du Saint-Esprit dans le mystère de la sainte Trinité, et particulièrement par les paroles du verset

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