‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 193 sur 211 · LIV. IX, SECT. I, CIJAP. XXII · texte numérisé non relu

LIV. IX, SECT. I, CIJAP. XXII

précédent, dans lesquelles nous voyons que ce fleuve sortait du trône de Dicn, et aussi, de l'Agneau, c'est-àdire, de l'arbre même Jésus-Christ, qui en est la source. En outre, ce passage s'explique par le mystère de l'Incarnation, qui nous apprend que le tils de Dieu se revêtit de notre humanité, de sorte qu'il est Dieu et homme tout ensemble. Or, comme ce fleuve d'eau vive sort de la divinité du Père et du Fils, pour féconder l'humanité que Jésus-Christ représente, s'étant fait homme lui-même, il s'ensuit que ce fleuve coule entre deux rives, aux extrémités de chacune desquelles l'arbre de vie Jésus-Christ est placé, puisqu'il appartient à ces deux principales parties du fleuve, la source et l'embouchure, étant Dieu et homme tout ensemble. Comme . Dieu, il est la source même du fleuve, et comme homme et chef de l'Église, il en est l'embouchure. Peut on trouver une comparaison plus admirable pour nous représenter, en deux mots, l'union des trois personnes de la sainte Trinité, et en même temps l'union de la Divinité avec l'humanité ? C'est dans le même sens que l'Église termine ses oraisons ; car elle s'adresse à Dieu le Père tout-puissant, pour obtenir tous les biens quelconques par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père en union avec le Saint-Esprit. Voilà pour les mystères de la sainte Trinité, de l'Incarnation et même de la Rédemption. Mais ce dernier mystère est encore plus clairement exj'rimé par les paroles qui suivent :

V. Au milieu de la place... était l'arbre de vie qui porte douze fruits , et donne sou fruit chaque mois ; et les feuilles de l'arbre doivent guérir les nations. Qui ne reconnaîtra, dans ces dej'nières paroles, la très-sainte

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Eucharistie, qui résume tout le plan de la rédemption divine, et nous offre un tableau complet de toute l'histoire de l'humanité, depuis l'homme déchu dans le paradis terrestre jusqu'à l'homme régénéré dans la Jérusalem céleste. En effet, nous avons vu que Jésus-Christ se compare lui-même à une vigne dont les fidèles sont les branches, et que ces branches, pour pouvoir porter beaucoup de fruits, doivent demeurer attachées à la vigne. « Je suis la vigne et vous êtes les branches. Celui qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruits ; car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Comment maintenant Jésus-Çhrist demeure-t-il en nous et nous en lui. C'est ce qu'il nous explique dans l'Évangile, lorsqu'il nous dit, Jo., VI, 51 : « Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement : et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair. Les Juifs disputaient donc entre eux, en disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger? Et Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment viande, et mon sang est vraiment breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme mon Père qui m'a envoyé est vivant, et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi. C'est là le pain qui est descendu du ciel. Ce n'est pas comme la manne que vos pères ont mangée et qui ne les a pas empêchés de mourir. Celui qui mangera ce pain vivra éternellement. » Qu'on rap-

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