‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 197 sur 211 · LIV. IX, SECT. I. CHAP. XXII. ôb · texte numérisé non relu

LIV. IX, SECT. I. CHAP. XXII. ôb

tombé, pour l'adorer, aux pieds de l'ange qui me les montrait.

Vers. 9. — Mais il médit : Gardez-vous de le faire, car je suis serviteur comme vous et comme vos frères les prophètes, et comme ceux qui gardent les -paroles de ce livre : adorez Dieu.

XI. Vers. 10. — Et il me dit : Ne scellez point les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche. Dans le langage des prophètes, sceller une prophétie ne signifie pas que le sens doive en être impénétrable à l'esprit des hommes, comme le fut l'Apocalypse pendant de longs siècles ; mais sceller une prophétie veut dire que son accomplissement ne commencera que longtemps après sa publication. Or, il n'en fut pas ainsi de cette révélation faite à saint Jean. Car, comme son Apocalypse contient l'histoire de toute l'Église depuis son origine jusqu'à la consommation des siècles, cette prophétie commençait déjà à s'accomplir du temps de saint Jean ; et même elle cachait sous ses énigmes des événements qui étaient déjà passés quand cette révélation lui fut faite. Mais on ne put cependant pas la comprendre durant de longues époques, parce que les événements qu'elle annonçait n'étaient pas assez développés pour bien en saisir le sens et l'enchaînement. On comprend donc par ce qui vient d'être dit, que, bien que cette prophétie ne fut pas toujours comprise, elle ne fut pas cependant scellée, puisqu'elle commença à s'accomplir dès l'instant de sa révélation et même avant ; mais Dieu en cacha l'intelligence aux hommes pendant de longs siècles, sous ses difficiles et nombreuses énigmes, parce que le but évident de cette prophétie était de frapper les hommes comme d'une lumière nouvelle, surtout vers la

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fin des temps, où la foi commencera à se perdre peu à peu, en montrant comme tout-à- coup, pour fortifier ses élus, la vérité de cette prophétie, déjà vérifiée dans les temps passés, et comme devant servir de garantie pour la certitude des événements à venir. De là ce passage du texte : Ne scellez point les paroles de la prophétie de ce litre, car le temps est proche.

XII. Vers. 11. — Que celui qui commet l'injustice la commette encore ; que celui qui est souillé se souille encore : que celui qui est juste devienne plus juste encore ; que celui qui est saint se sanctifie encore. Ces paroles sont terribles et consolantes tout à la fois. Car elles contiennent des malédictions éternelles pour les pécheurs et, des bénédictions infinies pour les justes. En effet, selon le Psalmiste. Ps. XLI, 8 : « Un abîme appelle un abîme. » Un abîme d'injustices appelle un abîme d'injustices et de châtiments ; c'est pourquoi le Psalmiste ajoute : « Au bruit des tempêtes et des eaux que vous envoyez, m on Dieu, toutes vos eaux élevées comme des montagnes et tous vos flots ont passé sur moi. » Au contraire, un abîme de justice appelle un abîme de miséricorde. Car le Psalmiste continue : « Le Seigneur a envoyé sa miséricorde durant le jour ; et je lui chanterai un cantique durant la nuit. Voici la prière que j'offrirai au-dedans de moi à Dieu qui est l'auteur de ma vie. Je dirai à Dieu : Vous êtes mon défenseur. Pourquoi m'avez-vous oublié ? Et pourquoi faut-il que je marche tout accablé de tristesse, tandis que je suis affligé par l'ennemi ? Pendant qu'on brise mes os, mes ennemis, qui me persécutent, m'accablent par leurs reproches, en me disant tous les jours : Où est ton Dieu ? Pourquoi, mon âme, ètes-vous triste ? et pourquoi me remplissez-vous

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