‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 35 sur 211 · LIV. VI, SECT. I, CHAP, XII. H · texte numérisé non relu

LIV. VI, SECT. I, CHAP, XII. H

confesseront son saint nom. Les princes de la terre, et presque tous les peuples qui s'opposeront à la lumière de ce soleil, couvriront la surface du globe comme autant de sauterelles, comme le sable de la mer, ou comme les feuilles des arbres ; et ils seront précipités dans l'enfer par la colère de l'Agneau. Et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Ces douze étoiles signifient tous les saints qui s'élèveront contre le torrent des impies, et qui combattront pour l'Église et pour son Christ, comme le firent les apôtres et les autres saints, pendant les premiers siècles des grandçs persécutions. C'est de tous ces saints que Daniel, XII, 3, dit : « Or, ceux qui auront été savants, brilleront comme les feux du firmament ; et ceux qui en auront instruit plusieurs dans la voie de la justice, luiront comme des étoiles dans l'éternité. » Ainsi ces saints qui combattront pour l'Église à la fin des temps, en seront la couronne et l'ornement sur la terre, comme les étoiles sont l'ornement du ciel. Et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

Elle portait un enfant dans son sein, et elle criait dans sa douleur, et elle ressentait toutes les angoisses de l'enfantement. Ces paroles désignent les terribles angoisses, la douleur profonde et les grands dangers dans lesquels l'Église militante et l'empire romain (qui est aussi représenté ici, dans un autre sens littéral, par la femme), furent plongés et continueront de l'être en face du dragon, de la bête et du faux messie. Car l'empereur Phocas, l'un des princes les plus impies, les plus scélérats et les plus efféminés du monde, inonda l'empire de ses crimes. Ensuite Chosroès, roi des Perses, tyran très-cruel, et les barbares de leur côté, causèrent ensemblent de tels ravages, qu'ils laissèrent l'Église et l'em- II. 5

pire romain à peine subsister. L'Egypte, la Palestine, la Lybie et Jérusalem furent envahies, . et 90,000 chrétiens furent massacrés dans ces horribles circonstances, qui se prolongèrent jusqu'à l'avènement d'Héraclius. Ce prince étant monté sur le trùne de l'empire, s'empara de l'Arménie, et défit l'armée de Chosroès, qu'il mit en fuite par une victoire mémorable. Après cela il triompha des Perses, qu'il vainquit dans trois grandes batailles, et reconquit enfin la vraie croix de Jésus-Christ sur les infidèles, pour la restituer à l'Église catholique. Or, ce sont ces angoisses, ces douleurs, ces difficultés et ces dangers de l'Église, que saint Jean décrit sous l'énigme d'une femme qui est dans les douleurs de l'enfantement. En effet, les quatre circonstances principales de ces épreuves de l'Église du Christ trouvent leur véritication figurée dans les couches d'une femme, a. Elle portait un enfant dans son sein, c'est-à-dire, Héraclius son fils et futur empereur, b. Et elle criait dans sa douleur, et ses tribulations, c. Et elle ressentait toutes les angoisses , c'est-à-dire, le danger pressant qui la menaçait, d. Elle ressentait toutes les angoisses de r enfantement, désirant vivement et avec crainte et sollicitude de mettre enfin au monde, à l'aide de la miséricorde divine, un fils plein de force et de vie, c'est-àdire, un bon empereur qui la délivrât. C'est en effet ce qui lui fut accordé , quoique plus tard cet empereur tomba dans l'hérésie, fut abandonné de Dieu et périt misérablement comme nous le verrons dans la suite. 2** L'Église et l'empire romain continuèrent, plus ou moins jusqu'à ce jour, d'être plongés dans la douleur, les dangers et les angoisses, par l'empire de Mahomet, c'est-à-dire, l'empire des Turcs , que les chrétiens doivent considérer

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