‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 45 sur 211 · LIV. VJ, SECT''. I, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIV. VJ, SECT''. I, CHAP. XII

Injustice de Dieu, il ne cesse pas de tenter et de tourmenter les hommes, en leur suscitant toute espèce de contrariétés et de malheurs. C'est ce que chaque chrétien n'éprouve que trop dans ses cruelles et horribles tentations contre la foi, la pureté et les autres vertus. Et l'auteur de tous ces maux, c'est Satan qui ne peut supporter que nous vivions pieusement dans le Seigneur. Consolons-nous donc si nous sommes éprouvés par beaucoup de tentations, parce que c'est un signe que nous sommes les amis de Dieu, et que nous marchons dans les sentiers de la vie éternelle.

Vers. 14. — Et deux ailes d'iui grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert, au lieu de sa retraite, où elle est nourrie un temps, et des temps, et la moitié d'un temps, hors de la présence du serpent. Ce grand aigle fut Charlemagne et tous ses successeurs à l'empire romain ; car Charlemagne transporta cet empire en Occident. Les deux ailes de cet aigle sont tous les états de cette puissance qui fut si grande, qu'elle s'éleva comme l'aigle, dans les airs, et domina la terre de l'Europe. Ces ailes du grand aigle furent données à la femme, c'est-à-dire, à l'Église d'Occident ; et c'est avec ces ailes que cette Église s'éleva et continuera de se soutenir pendant douze cent soixante ans, qui sont un temps, et des temps, et la moitié d'un timps. Car mille ans sont un temps de dix siècles, deux cents ans sont des temps de deux siècles, et soixante ans sont à peu près la moitié d'un temps, ou d'un siècle, pendant lesquels l'Église d'Occident continuera d'exister. On doit compter ces années dès le commencement de la secte de Mahomet et dès l'époque où Dieu transplanta son Église en Occident. Afin qu'elle s enrôlât au désert,

au lieu de sa retraite, où elle est nourrie un temps, et des temps, et la moitié d'un temps, /«ors de la présence du serpejit. Ces paroles signifient que l'Église du Christ, qui ne fut jamais stable en Orient, prendra pied en Occident, c'est-à-dire, dans le désert, et y fixera sa demeure ou son siège, qu'elle conservera pendant douze cent soixante ans. Et deux ailes d'un grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert. Cette comparaison est tirée des oiseaux qui vont à la recherche des forêts, des arbres ou d'autres lieux propices, qu'ils trouvent surtout le long des eaux et dans les montagnes, pour y vivre en sécurité contre les chasseurs. C'est dans ces lieux de retraite qu'ils aiment à fixer leurs nids pour y pondre leurs œufs, et s'y multiplier. Or, c'est ainsi que l'Église du Christ, fuyant la présence du serpent en Orient, s'envola à tired'ailes pour fixer sa retraite en Occident où elle se multiplia et engendra des millions de fidèles pour la vie éternelle. Afin quelle s'envolât au désert. Ce vol signifie aussi la liberté de l'Église, liberté qui peut être comparée aux oiseaux qui volent de leurs propres ailes. Et c'est ainsi que l'Église, du Christ jouira toujours en Occident de la liberté de professer la foi catholique, par les ailes du grand aigle, c'est-à-dire, par la puissance et la protection de l'empire romain. Et c'est avec les ailes de cet aigle, qu'elle volera toujours, et qu'elle continuera de posséder son nid en Occident pour y multiplier sa race, selon les desseins éternels de la volonté divine. Car tous les empereurs de cet empire romain seront catholiques jusqu'au dernier. Afin quelle s'envolât au désert, c'est-à-dire, en Allemagne, au lieu ds sa retraite. Bien que les hérésies et les défections

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