LIV. VI, SECT. I, CHAP. XIII
qu'il usurpera sera celui du Christ ; et c'est à ce nom que tout genou fléchira devant lui sur la terre. De là ces avertissements plus d'une fois répétés que le Sauveur nous adresse, Matth., XXIV, 23 : « Alors si quelqu'un vous dit : Voilà que le Christ est ici ou là, n'en croyez rien ; car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes qui feront da grands prodiges et des choses étonnantes ; de manière à séduire, s'il était possible, les élus mêmes. Je vous le prédis d'avance. Si donc ils vous disent : Voilà qu'il est dans le désert, ne sortez point. Le voici dans le lieu le plus retiré de la maison, n'en croyez rien. » Ces paroles sont dites dans un sens énigmatique (1). Ce caractère de la bête consistera donc en certaines lettres hébraïques qui seront imprimées à la main droite ou au front des hommes, et signifieront en grec zptçoo-, et en latin Christus, le Christ. Or comme il ne sera pas le Christ, mais l'Antéchrist, c'est-à-dire, contraire au Christ en toutes choses ; voilà pourquoi saint Jean a dit en grec que son nom est le nombre d'un homme, et son nombre est av-fzoç, c'est-à-dire, contraire au Christ, ou Antéchrist, comme l'appelle notre Sauveur. C'est pourquoi l'interprète latin s'est contenté d'exprimer ce nom par le nombre que ces lettres grecques avTcfxor, additionnées ensemble, constituent, c'est-à-dire, six cent soixante-six. En eflet, la lettre grecque a =r 1, v — 50, t = 300, s = 5, p = 40, o = 70, et
(l^ Ce désert et ce lieu le plus retiré de la maison, peuvent s'entendre de Jérusalem et de la Judée^ qui est un désert que l'absence du soleil de la foi a rendu aride ; et Jérusalem est vraiment le lieu le plus retiré, et le centre de la maison d'Israël. Car lorsque saint Jean- Baptiste prêcha la pénitence en Judée, il est dit que sa voix était .la voix de celui qui crie dans le désert.
(T = 200, et tous ces chifTres additionnés ensemble font 666. Maintenant ce nombre 666 est un nombre de mois qui font cinquante-cinq ans et demi, et c'est le nombre des années de la bête, c'est-à-dire, de l'époque de sa naissance et de la durée de sa vie. Car au milieu de 1 année de Jésus-Chist 1855, dans le dix-neuvième siècle, naîtra rAntechrist, et il vivra cinquante-cinq ans et demi. Et c'est dans les trois dernières années de sa vie et pendant les six derniers mois, c'est-à-dire, pendant trois ans et demi qu'il sévira dans la plus grande fureur contre la chrétienté, et que, d'accord avec son faux prophète l'antipape, il exterminera l'Église, dispersera le troupeau de Jésus-Christ, vaincra et tuera tous les lidèles par la puissance qui lui aura été donnée pour quarante-deux mois sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et sur toute nation, pour faire la guerre contre les saints de Dieu, et pour les vaincre durant le temps qu'il sera assis dans la plénitude de son règne. Ainsi donc, en l'an 1911, les jours de la bète, c'est-à-dire, du mahométisme, seront accomplis ; et le fils de perdition sera tué au milieu de la cinquantesixième année de sa vie par le souffle, c'est-à-dire, par la parole qui sortira de la bouche de Jésus de Nazareth crucifié. Alors les restes des Juifs se convertiront et diront : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Ensuite le firmament se dissoudra et se brisera avec une grande violence ; et le Christ viendra pour juger les vivants et les morts Matth., XXIV, 36 : «Mais ce jour et cette heure, personne ne les sait, pas même les anges du ciel ; mon père seul les connaît, » dit Jésus-Christ.
SECTION II
SCR LES CBAPITRES IIV ET IV.