‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 64 sur 211 · CHAPITRE XIV. — Verset · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — Verset

1. Vers. i. — Et je vis, et voici l' Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur le front.

Et je vis. et voici l'Agneau debout sur la montagne de Sion. Cet agneau, c'est le Christ qui est ici appelé l'Agneau, parce que comme il fut immolé dans sa passion à l'instar d'un agneau, et qu'il fut abandonné de tout le monde à sa mort ; ainsi, dans la dernière persécution, il sera l'Agneau dans ses martyrs qu'on tuera comme des brebis, et qui seront abandonnés des hommes et même de Dieu pour cette circonstance ; car ils seront sans secours et sans libérateur. En ces jours de désolation, Jésus-Christ se montrera donc vraiment comme un agneau permettant aux ennemis de la croix de sévîr

contre ses saints, de les vaincre pour ce siècle., et de les tuer. Il est dit que cet Agneau était debout, parce qu'il sera témoin de leurs tourments, et qu'il les fortifiera dans l'intérieur de leur âme, de peur qu'ils ne faiblissent. C'est ainsi qu'il est rapporté de saint Etienne, Act., VII, 55, que, dans son martyre, il était : « rempli du Saint-Esprit, et que, portant ses regards vers le ciel, il vit la gloire de Dieu, et Jésus qui était debout à la droite de son Père. » Et je vis, et voici l'Agneau debout sur la montagne de Sion. Par la montagne de Sion est désignée l'Église du Christ qu'il préside toujours comme en étant le Chef universel. Et c'est surtout alors qu'il se tiendra debout comme un général en chef pour diriger son Église et pour encourager ses soldats à la victoire spirituelle. Car telle est la victoire du martyr, de souffrir, de mourir et d'être exterminé dans son corps pour vaincre dans son âme. Et avec lui cent quarante-quatre mille. Ce nombre doit être pris dans un sens indéterminé, et il désigne l'universalité des martyrs qui seront immolés en très-grande multitude, et persévéreront en ces temps-Là dans la confession du nom de Jésus et de son Père. C'est pourquoi le texte ajoute : qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur le front ; car ces paroles indiquent que ces cent quarante-quatre mille fidèles, c'est-à-dire, une trèsgrande multitude de chrétiens, lesquels cependant seront la minorité relativement à la masse de ceux qui feront défection ; ces chrétiens, disons-nous, confesseront ouvertement et publiquement Jésus-Christ de Nazareth crucifié, et son père vrai pieu avec lui, et scelleront leur témoignage par leur sang, en mourant dévorés par la bête. Il est dit que ces quarante-quatre

Page 1