‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 66 sur 211 · LIV. VI, SECT. II, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIV. VI, SECT. II, CHAP. XIV

à la furie de la bète. Tous les autres fuiront sa présence dans les lieux déserts ou feront défection, recevront son caractère et adoreront son image. 3° Et ils chantaient comme un cantique nouveau. Ces paroles désignent la confession de Jésus-Christ et de son Père, et aussi la chasteté virginale ou le célibat : deux mérites qui seront si rares parmi les hommes de cette époque, à cause surtout de la tj'rannie de la bête, qulls paraîtront comme un cantique nouveau. Car alors la foi aura entièrement disparu, toute chair aura corrompu ses voies, les hommes se vautreront dans les plaisirs de la chair et la concupiscence des femmes. Beaucoup d'ecclésiastiques même fouleront aux pieds leurs devoirs les plus sacrés, se feront aposjtats pour devenir époux, et la face de la chrétienté sera livide et horrible, comme elle ne l'aura jamais été jusqu'alors, Or comme la foi et le célibat étaient florissants dans les siècles précédents, et qu'ils étaient déjà bien connus autrefois, voilà pourquoi l'apôtre ne dit pas absolument que ces deux vertus seront des cantiques nouveaux mais comme ou presque nouveaux. Le mot chanter dans ce cas-ci renferme une métaphore, et signifie prêcher en public annoncer, confesser la vérité avec joie avec une grande liberté et une grande indépendance d'esprit et de caractère, mettre toute sa gloire à le faire, en montrant même une cetaine exaltation d'esprit ; car alors l'Église militante au milieu de sa désolation, de son abandon, de sa dispersion et de sa pauvreté, ne sera pas dépourvue de toute consolation. Et la consolation de l'Église en ce temps-là sera, pour les cœurs catholiques qui sauront l'apprécier, de voir tant d'intrépides soldats, unis par les liens les plus forts, pai' les liens de la cha-

rite en Jésus-Christ, faire consister leur gloire, leur espérance, leur amour et leur bonheur, à verser leur sang pour le nom du Seigneur.

4° Et ils chantaient comme nn cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les

vieillards Devant les quatre animaux et les vieillards.

On doit entendre ces paroles tant de l'Église militante que de l'Église triomphante, à cause de la grande joie que le triomphe de ces intrépides et constants athlètes de la foi procurera à ces deux Églises. Car, chanter devant quelqu'un, c'est lui manifester et lui procurer de la joie ; or tel sera l'effet produit par le chant de ces saints martyrs, prêchant, combattant et sachant mourir au besoin, pour la défense de leur foi et de leur virginité. Dans ces jours de terreur, la persécution ne sévira pas seulement contre la foi des chrétiens, mais encore contre la virginité ou le célibat sacerdotal ; car la bête, qui sera enfoncée dans la lie du vice et la concupiscence des femmes, aura en aversion la virginité. Dan., XI, 37. 5° Et nul ne pouvait chanter ce cantique, que les cent quarante-quatre mille qui ont été achetés de la terre. Ces paroles contiennent un secret de la prescience éternelle de Dieu, secret qui fut cependant révélé à saint Jean, afin de nous informer à. l'avance du petit nombre de ceux qui résisteront à cette si dure épreuve . Et Dieu nous révéla ce mystère, de peur que les chrétiens n'en prissent scandale, et que ce ne fût là un nouvel écueil ajouté à tous les autres, pour décourager les fidèles. ( La vérification de cette prophétie devra être, au contraire, pour les cœurs droits et les vrais soldats de Jésus-Christ, un motif de plus pour affermir leur foi et leur constance. ) Et nul ne pouvait chanter ce

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