LIV. V, SECT. I, CHAP. X
l'Église, etc. » Puis enfin l'apôtre saint Paul conclut : « 0 profondeur des trésors de le sagesse et de la science de Dieu t Que ses jugements sont incompréhensibles et ses voies impénétrables I » D'où il résulte qu'il ne faut pas se fatiguer en vain, en voulant approfondir la grande question de la prédestination. C'est un mystère qui est réservé à Dieu seul jusqu'au jour du jugement où il rendra à chacun selon ses œuvres et selon le travail de chacun. Car Dieu est juste, et l'iniquité ne saurait l'atteindre ; il. ne veut pas la mort du pécheur, mais il veut surtout, qu'il se convertisse et qu'il vive. Beaucoup d'hommes se fatiguent à creuser leur cerveau sur ce point de difficulté, et s'exténuent comme l'araignée quand elle ourdit sa toile. Il serait beaucoup plus utile pour eux de prier le Seigneur leur Dieu, de chercher à concevoir de saintes pensées sur sa bonté, et de travailler à leur salut avec crainte et tremblement. Puisque ce secret et ce mystère de Dieu est impénétrable, plus on le scrute, plus on s'enfonce dans les difficultés, surtout si l'on croit le comprendre. Ainsi qu'il l'a évangélisé par les prophètes ses serviteurs. Ces prophètes serviteurs de Dieu sont Moïse, Enoch et Elle, et tous les autres prophètes de l'ancien Testament. Ce sont aussi les Apôtres, et tous les autres docteurs et prédicateurs du nouveau qui tous, d'un commun accord, chacun dans sa langue et dans ses écrits, annoncèrent au monde ce grand mystère du royaume de Dieu, qu'il prêchèrent tel qu'il est encore prêché et annoncé de nos jours, et tel qu'il sera prêché et annoncé jusqu'à la fin du monde. Lorsque ce mystère s'accomplira, les hommes ne croiront pas à ce jour, jusqu'à ce qu'il arrive ; comme au temps du déluge, lorsque Noé l'an-
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nonça au monde pendant plus de cent ans, les hommes de son époque refusèrent de croire â sa parole. C'est pourquoi Jésus-Christ nous dit en saint Matth., XXIV, 37 : « Il en sera aux jours de l'avènement du Fils de l'homme comme aux jours de Noé ; car, comme avant le déluge les hommes mangeaient et buvaient, épousaient des femmes, et mariaient leurs tilles, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et qu'ils ne pensèrent au déluge que lorsqu'il arriva et les emporta tous, voilà ce qui sera à l'avènement du Fils de lliomme. »
VU. Vers. 8. — Et j'entendis la voix qui me parla encore du haut du ciel, et me dit : Va, et prends le livre ouvert de la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.
Vers. 9. — Et je m'approchai de l'ange, et lui demandai qu'il me donnât le livre. Et il me dit : prends le livre, et le dévore : et il sera amer dans tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel.
Vers. 10. — Je pris le livre de la main de l'ange, et je le dévorai: il était dans ma bouche doux comme du miel ; mais après que je l'eus dévoré, il devint amer dans mes entrailles.
Vers. 11. — Et il me dit: Il faut encore que tu prophétises aux nations, aux peuples, aux hommes de diverses langues, et à plusieurs rois. Saint Jean, représentant ici la personne morale de toute l'Eglise, nous instruit par ces paroles, de la qualité et des effets de ce livre dont on a parlé plus haut, et il nous démontre ces choses par une métaphore qu'il tire de l'action de manger. En effet, c'est par le goût et par la digestion des mets que nous en savons et que nous en expérimentons la qualité et les effets ; car beaucoup de choses