LIV. VI, SECT. II. CHAP, XIV
seils, comme il est raconté d'Alexandre le Grand. Il est dit aussi qu'il tient sa faulx dans sa main, pa/rce que son armée lui obéira à la perfection, qu'elle lui sera attachée et l'aimera de telle sorte, qu'il la maniera comme un bâton, et opérera par elles des choses grandes, étonnantes et admirables.
II. Vers. 15. — Et un autre ange sortit du temple, criant à haute voix à celui qui était assis sur la nuée : Jetez votre faulx et moissonnez, car le temps de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mûre. Cette voix est celle de quelqu'un qui exhorte avec véhémence à la guerre et à la moisson de la zizanie des hérétiques et des Turcs. Cet ange qui sortira du temple et criera ainsi, c'est le grand et saint Pontife dont on a parlé, que Dieu suscitera en ces] jours. Et ce Pontife, poussé par une inspiration divine, exhortera et engagera ce Monarque d'entreprendre cette guerre sacrée. Jetez votre faulx, lui dira-t-il, c'est-à-dire, votre armée puissante, et moissonnez, c'est-à-dire, coupez, arrachez et déracinez les hérétiques et les barbares, car le temps de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mûre. Ce Pontife tiendra ce langage par révélation, et c'est par ces mots qu'il excitera les cœurs des princes, et les engagera à s'unir pour entreprendre cette guerre. Et Dieu disposera les cœurs des
nier mot royale doit être pris en général pour souveraine. Nous «ous sommes servis du mot monarque, parce que c'est le titre que l'auteur lui donne ordinairement et même dans le cas présent ; car il ajoute le titre de monarque à celui de roi. On aura remarqué ailleurs qu'à l'occasion du dernier concile dont ce monarque fera exécuter les décrets l'auteur parle de ses édits impériaux.
soldats, de manière à ce qu'ils adhèrent d'esprit et de cœur à l'entreprise de leur monarque puissant. Parce que la moisson est mûre, c'est-à-dire, que c'est le moment de couper la zizanie pour la jeter au feu. C'est une métaphore qui signifie l'anéantissement et la ruine des hérésies et de la barbarie.
Vers. 16, — Et celui qui était assis s^ir la nuée, jeta sa faulx sur la terre, et la terre fut moissonnée. Toutes ces paroles expriment l'heureux succès obtenu selon les paroles du saint Pontife. Et la terre fut moissonnée, car le grand Monarque exterminera ou soumettra à son pouvoir les nations des Turcs et des hérétiques, et occupera leurs terres.
Vers. 17. — Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, et il avait aussi une faulx tranchante. Cette faulx est une autre armée que les États de l'Église et leurs alliés, étroitement et fortement unis, rassembleront et enverront en aide au grand Monarque. C'est pourquoi il est dit, que cet autre ange sortit du temple, c'est-à-dire, des États de l'Église dont le temple est la figure, qui est dans- le ciel, c'est-à-dire, dans l'Église militante que ce mot ciel signifie et représente. Celui dont il est dit : Et un autre ange sortit du temple, sera le grand général en chef que ce saint Pontife dont on a parlé, constituera ou désignera, pour commander cette forte armée qui s'emploiera à ruiner et à anéantir la puissance des Turcs et des hérétiques.
Vers. 18. — Et un autre ange sortit de l'autel ; il avait pouvoir sur le feu, et il cria à haute voix à celui qui avait la faulx tranchante : Jetez votre faulx tranchante et vendangez les raisins de la vigne de la terre, parce qu'ils sont mûrs. Il s'agit encore ici d'une autre