‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 87 sur 211 · LIV. VI, SECT. I, CHAP, XV · texte numérisé non relu

LIV. VI, SECT. I, CHAP, XV

phètes. C'est pourquoi l'' ils coniesserout la miséricorde de Dieu manifestée dans la grandeur et les merveilles de ses œuvres véritables. Œuvres qui surpasseront infiniment et confondront les œuvres de l'Antéchrist. Car celles-ci ne seront que des impostures par lesquelles le fils de perdition séduira tellement les Juifs et les nations, qu'ils le reconnaîtront pour étant le messie. 2° Par ces paroles, les derniers Juifs et les derniers chrétiens proclameront Dieu comme étant véritablement le Roi des siècles, parce que lui seul, par sa sagesse, a fondé tous les siècles, dans la justice et la vérité. Or, ces deux grands attributs de Dieu, la justice et la vérité, sont décrits dans l'ancien et îc nouve.ui Testament que ces néophytes reconnaîtront alors d'une manière solennelle. Les voies de Dieu sont vraiment étonnantes et admirables dans la manifestation de ses œuvres depuis la création du premier homme jusqu'au dernier ; mais ces voies de Dieu, toutes surprenantes qu'elles nous paraissent, sont fondées avec une admirable sagesse sur son infinie bonté et son éternelle vérité. Cette justice et cette vérité de Dieu nous sont peu connues maintenant, et paraissent comme voilées à nos yeux ; elles le seront encore davantage aux yeux des hommes, qui vivront au temps du fils de perdition ; mais après la mort surprenante de celui-ci, et surtout au jugement dernier, ces deux attributs seront manifestés d'une manière évidente. C'est pourquoi les Juifs et les chrétiens glorifieront pardessus tout le Dieu du ciel, principalement à cause de l'envoi de son Fils unique et du Saint-Esprit sur la terre. Et ils diront : Vos voies sont justes et véritables, ô Roi des siècles I Et les Juifs en particulier le loueront selon la prophétie de Jésus-Christ, Matth.., XXIU, 39: «Car II. 11.

je VOUS dis, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous me disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » 3° Les chrétiens et les Juifs des derniers temps glorifieront le Seigneur, à cause de ses jugements admirables et impénétrables ; car les jugements de Dieu, même dans ses œuvres extérieures qui regardent la création, la conservation et le gouvernement du genre humain, sont des abîmes qui ne seront bien connus que dans les derniers jours, et surtout au dernier jugement. Et c'est de la manifestation de ces jugements, que résultera alors 1° la crainte du Seigneur exprimée par ces paroles : Qui ne vous craindra, ô Seigneur ? 2° L'indescriptible glorification de son nom exprimée par ces autres paroles : Et qui ne glorifiera votre nom ? 3° La confession de la miséricorde et de la fidélité de Dieu, car vous seul iHes miséricordieux. 4° C'est à cause de cette manifestation des jugements de Dieu que toutes les nations, depuis l'origine du monde, en reconnaîtront la justice infinie : Et toutes les natio7is viendront. 5° Enfin tous les hommes et même les damnés reconnaîtront tous ces mystères divins, selon ces paroles : Et adoreront en votre présence. Les démons eux-mêmes croiront, selon saint Jacques, II, 19 : » Vous croyez qu'il n'y a qu'un seul Dieu, vous faites bien ; les démons croient aussi et tremblent. »

Ici finit l'interprélalion du vénérable serviteur de Dieu.

BÂRTHÉLEMI HOLZHADSER

SUR LES CHAPITRES W ET ÏVL

Continuation des révélations spéciales et particulières faites à saint Jean , sur les règnes de Mahomet et de l'Antéchrist ; et aussi sur les dernières plaies, et le dernier triomphe de l'Eglise, ainsi que sur d'autres particularité qui la concernent.

Ressemblance et rapports de dates et de caractères qu'on trouve entre Mahomet et l'Antéchrist, c'est-à-dire, entre le fondateur de l'empire turc et son consommateur.

Avant de continuer cette interprétation de l'Apocalypse, il est à propos de donner ici les ressemblances et les rapports étonnants de dates et de caractères qu'on trouve entre Mahomet, fondateur de l'empire turc et l'Antéchrist, qui en sera le consommateur et le dernier souverain. En voyant ces rapports et ces ressemblances admirables, on serait fondé à croire que Dieu ait voulu, dans les décrets de sa sagesse infinie, prévenir son Eglise par des signes caractéristiques auxquels elle pourrait reconnaître et découvrir à l'avance son plus grand ennemi, afin qu'elle puisse se mettre en garde et se préparer à la terrible lutte de la fin des temps. C'est pour mieux établir ce parrallèle qu'il importe de donner, en commençant, un résumé historique et biographique de la vie de

164 IXTERPRÉTATION DE l'aPOCALYPSE.

Mahomet ; nous citerons en même temps quelques-unes des grandes particularités que les prophètes nous ont prédites de l'Antéchrist, pour comparer ces deux tyrans l'un à l'autre. Disons un mot d'abord des deux prédécesseurs de Mahomet, de Chosroès, et de son fils Ir^iroès, qui lui préparèrent en quelque sorte les voies pour arriver à un si haut degré de puissance. On sait, par ce qui précède, que l'empire ottoman est l'ennemi juré du christianisme et de l'empire romain. Or, la guerre de Chosroès II, contre l'empire romain, fut entreprise pour venger la mort de Maurice, bienfaiteur de ce prince. Cette guerre devint pour le christianisme une immense dévastation. En 615, Schaharbarz, gendre du monarque persan, marchant à la tète d'une armée considérable, s'empara de Jérusalem, livra à la mort des milliers de moines, de vierges et de prêtres, brûla les églises et même la basilique élevée par Constantin, et emporta les vases sacrés et les ornements dont plusieurs avaient appartenu au temple de Salomon, et que Bélisaire, vainqueur de l'Afrique, avait rendus à la ville sainte. Il emmena les solitaires en captivité. Les Juifs de la Palestine furent assez riches pour acheter 90,000 prisonniers chrétiens qu'on avait d'avance destinés à la mort. Zacharie, patriarche de Jérusalem, partagea l'exil de son troupeau. Le bois de la vraie croix fit partie du butin de Schaharbarz, et fut déposé dans la ville de Kandsac ou Tauritz. Les proscrits de Jérusalem demeurèrent treize ans au pouvoir des Persans. Pendant ce temps, Modeste gouvernait l'Eglise en l'absence de Zacharie, et les pieuses libéralités de saint Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie, l'aidaient à réparer les maux que la guerre avait faits. L'empereur Héraclius, après plu-

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