‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 88 sur 211 · LIV. VII, SECT. I, CHA.P. XV · texte numérisé non relu

LIV. VII, SECT. I, CHA.P. XV

sieurs années de combats victorieux, conclut une paix glorieuse avec Siorès, le fils et le successeur de Chosroès. La population captive, le patriarche et le bois sacré de la rédemption lui furent rendus. En 629, il acheva les fêtes de son triomphe par une cérémonie religieuse à Jérusalem. Au milieu de la multitude accourue à la solennité, l'empereur chargea ses épaules de la croix et la porta au calvaire. L'Exaltation de la croix, le 14 septembre, est un souvenir de ce grand jour. Les vieux auteurs nous disent, que le bois sacré était resté dans son étui avec les sceaux non rompus. Les Perses n'y avaient point touché, le patriarche Zacharie ouvrit l'étui avec sa clef, pour la cérémonie. Héraclius chassa les Juifs de Jérusalem, et remit aux catholiques le sanctuaire que les Perses avaient donné aux nestoriens. Modeste avait relevé la basilique du saint sépulcre, grâce au secours d'Héraclius.

Arrêtons-nous ici un instant. Ne voit-on pas, dans ces beaux triomphes que l'Église remporta sur les nestoriens appuyés des princes impies qui les établirent h Jérusalem, un type du sixième âge de l'Église, de l'âge de consolation qui doit précéder l'arrivée de l'Antéchrist ; car le triomphe que l'Église obtiendra dans le sixième âge sur les Turcs et les hérétiques, précédera le règne de l'Antéchrist, tout comme le triomphe d'Héraclius sur les nestoriens précéda l'établissement du mahométisme. Et cet empereur Héraclius, par lequel toutes ces victoires furent obtenues, n'est- il pas aussi lui-même un type du grand empereur qui doit délivrer l'Église du joug des hérétiques et des nations de l'empire d'Orient ! Mais continuons notre histoire.

Le temps approche où Jérusalem chrétienne rencon-

trera ses plus redoutables et ses plus constants ennemis. En frappant Jérusalem, cette haute image de la foi de Jésus, l'islamisme attaqua par son fondateur, et ruinera par son consommateur, les plus belles, les plus salutaires et les plus fécondes idées que Dieu ait placés au cœur de l'homme.

En 609, un homme de la Mecque, marchand de chameaux, Mahomet, fils d'Abdallah et d'Amina, de la roble tribu des Koreischites, âgé de quarante ans, annonce à ses proches et à ses amis que l'ange Gabriel, le visitant dans une apparition nocturne, l'a salué du nom d'apôtre de Dieu. Telles étaient les modestes prétentions du fondateur de l'islamisme ; voici maintenant celles de son consommateur : c'est saint Paul qui parle, IL Thess., II, 1 : « Nous vous conjurons, mes frères, par l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par notre réunion avec lui de ne pas vous laisser ébranler si facilement dans vos sentiments, et de ne pas vous alarmer sur des révélations, ou sur des discours, ou des lettres qu'on supposerait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était prêt d'arriver. Que personne ne vous séduise en aucune manière, car ce jour ne viendra point, qu'auparavant l'apostasie ne soit arrivée, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, ce fils de perdition qui. s'opposant à Dieu, s'élèvera au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu'à établir son trône dans le temple de Dieu, s'y montrant comme étant Dieu. » Il y avait déjà longtemps que, chaque année, au mois de ramadam, Mahomet avait coutume de méditer et de prier dans une caverne du mont Hara, auprès de la Mecque ; il rêvait à l'espoir de fonder une nationalité au milieu des tribus d'Arabie,

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