‹ Interprétation de l'ApocalypseChapitre 90 sur 211 · LIV. YII, SECT. I, CHAP. XV · texte numérisé non relu

LIV. YII, SECT. I, CHAP. XV

Tel est l'homme dont le fanatique enthousiasme entreprit de changer l'univers. En excitant tous les sentiments violents, il mit le feu aux passions pour accomplir ses vastes desseins. La guerre était, pour les tribus d'Arabie, un jeu, un instinct, un ardent besoin. Il fallait des luttes aux brillantes énergies du désert : Mahomet leur donna le monde à conquérir. Il n'eût pas été compris en parlant de charité et de miséricorde ; le signe de sa doctrine fut l'épée, qu'il appelait la clef du ciel et de l'enfer.. Missionnaire barbare, autant que son dernier successeur sera farouche, il ne s'emparait point des âmes, mais des corps. Bourreau des consciences, on devait s'incliner devant ses révélations fabuleuses, comme on devra s'incliner devant l'image de son successeur pour l'adorer, ou choisir entre la mort et la servitude. Ses disciples ne songaient jamais au péril, il leur avait dit qu'une goutte de sang pour sa cause, qull appelait celle de Dieu, une nuit passée sous les armes, valait mieux que deux mois de jeûnes et de prières. Il leur avait annoncé qu'au jour du jugement, les blessures qu'ils auraient reçues rayonneraient d'un céleste éclat, exhaleraient des parfums, et que des ailes d'anges remplaceraient les membres perdus dans les batailles.

Malgré tout ce prestige de gloire et cette prétendue élévation de Mahomet, jusqu'au septième ciel, sa mort ne fut pas plus heureuse que ne le sera celle de son dernier successeur, qui, après avoir voulu s'élever dans les cieux comme Enoch et Elle, sera précipité dans l'abîme. Car on sait que Mahomet mourut empoisonné à Médine, en 632, après avoir fait un pèlerinage à la Mecque, à la tête de cent quatorze mille prosélytes.

Nous venons de voir quelques-uns des rapports mo-

raux et caractéristiques qu'on peut établir entre les deux, hommes que le démon s'est choisis pour perdre le genre humain en donnant essor aux folles prétentions de son orgueil plus ancien que le monde, et en singeant Dieu dans l'œuvre divine de la Rédemption. L'ancien serpent inspira donc à Mahomet de se donner pour un prophète promettant aux hommes de les conduire à la porte du paradis : imposture grossière par laquelle il voulait s'efforcer d'imiter Jésus-Christ dans les actes de sa vie publique. Or c'est cette œuvre infernale que l'Antéchrist continuera et développera d'une manière prodigieuse, jusqu'à séduire les élus mêmes, s'il était possible. Car celui-ci ne se contentra pas du titre de prophète, mais il prétendra même être adoré et reconnu comme Dieu.

Il nous reste à établir maintenant les rapports de dates qui unissent ces deux tyrans, et que Dieu, souverain créateur et ordonnateur de toutes choses, semble n'avoir pas établis inutilement dans ses décrets éternels. Les conséquences qu'on peut moralement tirer de ces rapports sont un précieux avertissement pour l'Église ; car les fidèles prévenus à l'avance ne devront pas être scandalisés des terribles événements qu'il plaira au Seigneur de permettre pour la plus grande gloire de son nom et pour l'épreuve de ses élus.

1° En prenant pour base de ces calculs l'année de la naissance de l'Antéchrist ( 1855 1/2 ) indiquée par le vénérable Holzhauser, et solidement fondée sur les quarante-deux mois, c'est-à-dire, sur les douze cent soixantedix-sept jours et demi (1), de la durée entière du règne

(1) Quelques interprètes comptent douze cent soixante jours dans qua-

Page 1