Q. — Mais toutes lésâmes ne sont-elles pas immortelles
R- — Comprenez que l’âme n’est affranchie de la mort que lorsqu’elle a consommé son union immortelle et divine avec l’esprit. Ceci constitue V Individualité . Jusqu’à ce que celte union ait eu lieu, nous n’avons atteint que la Personnalité qui n’est pas immortelle. C’est à l’union de cette âme avec l’esprit ou de l’Epoux avec l’Epouse, qu’il est fait allusion dans nos LIVRES SACRÉS SOUS le terme de « Mariage du Fils du Roi ». Vous vous souvenez sans doute
combien souvent celte allégorie est rappelée à l’esprit de ses auditeurs par notre Seigneur; et le premier miracle qui est raconté comme ayant été fait par lui est celui des noces de Cana, lorsque l’eau fut transformée en vin. Ce fait ne suffit-il pas à expliquer la signification du miracle? Les élus dont nous avons par é souriront à cette question, car ils ont reconnu et compris ce symbole par leur propre expérience.
Pour eux l’eau s’est réellement transformée en vin de la plus rare qualité; car « le commencement des miracles » pour l’homme régénéré est toujours la transmutation de l’eau de sa propre âme, en « vin » de l’Esprit divin.
Une autre parabole qui a trait au même sujet est celle des vierges sages et des vierges folles, qui furent aussi invitées à un mariage et qui attendaient la venue de l’époux. Les vierges sages avaient eu soin de l’emplir leurs lampes d’huile, mais les vierges folles avaient pris leurs lampes sans huile. « Gomme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. Au milieu de la nuit on cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent et préparèrent leurs lampes.
Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Les sages répondirent! >*on, il n’y én aurait pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. » Mais il répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas (Malth. XXV, 1 à 12.)
Le dernier mariage dont il est question est celui de TAgneau au chapitre XIX de l’Apocalypse;
« Et j'entendis comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres disant : Alléluia ! car il règne le Seigneur notre Dieu, le Tout Puissaril. P.éjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et rlonnons-lui gloire; car les noces de l’Agneau sont venues et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant et pur, car le fin lin est la justification des Saints. Et l’Ange me dit : Ecris « Heureux ceux qui sont appelés aa
festin des noces de l’Agneau ! » Et il me dit : « Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. » Et jé tombai à ses pieds pour l’adorer; mais il me dit : « Garde-toi de le faire. Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Diiîü, car le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie. »
J’ai cité ce passage jusqu’à la fin parce que je désire vous rappeler que nos Messagers Angéliques eux-mêmes qui ont le témoignage de Dieu, sont vos compagnons de service. Nous sommes tous des esprits servants qui travaillent à la grande œuvre de Dieu, qui est la rédemption de l’humanité, et notre plus grand honneur doit être de savoir que nous travaillons avec les Anges si, comme eux, nous faisons « Sa Volonté ».
56. Q. — Cette personnalité'quiest la nôtre avant que cette union immortelle soit accomplie, est-elle de l'Ame ou de l'Esprit?
R. — jVous pouvez lire dans la « Voie Parfaite » que le principe essentiel de la personnalité, ou ce qui constitue la personnalité dans son sens le plus élevé, est la conscience, est
l'espiit; et c’est Dieu. Mais ce principe premier, étant essence pure, ne pourrait pas se diviser en individus, à moins que cette essence ne soit contenue ou limitée par un principe secondaire. Ce principe étant dérivé, est nécessairement évolué. Par conséquent l'esprit est projeté dans la condition de matière afin que l’àme puisse être engendrée dans la matière an moyen de la polarisation. Comment est-elle engendrée? C’est ce que nous avons essayé de vous e.vpliquer en répondant à vos questions 41 et 43. Et ainsi l’esprit qui constitue toute matière retourne à sa nature essentielle dans l’àme, celle-ci étant le médium à travers lequel l’esprit est individué ; en sorte que par le moyen de la création et de l’évolution, le Dieu un, devient le Dieu plusieurs. Et ici vous avez tout le plan de la création, ou de la vie, c’est-à-dire de l’élaboration de l’àme à travers les transformations variées de la matière, qui divise la vie une en plusieurs vies, et peuple ainsi l’infini.
57. Q. — Mais si l'esprit est individué au moyen de son union avec l’âme, et s'il est essence pure jusqu'à ce qu’il soit contenu par
Vâmeet limité gUg, en quoi est-il contenu et Ihnité lorsqu'il est seulement sur le degré de ia personnalité ? EsUil limité seu^lement par le corps matériel^
R. — Le corps matériel n’est certainement pas le réceptacle immédiat de l’espriL pas plus qu’il n’est celui de l’àme. Il vous faut comprendre que Thomme n’est pas seulement une trinité, qui consiste en corps, àme et esprit. Il est aussi quadruple, par ‘^e fait que, avant d’être construit en forme matérielle, la forme astrale d’après laquelle il sera édifié, existe ; et c’est cette forme astrale, au dedans du corps matériel, qui constitue le réceptacle immédiat de l’esprit. C’est un duplicata magnétique et éthéré du corps physique et de son plan originel. Par sa puissance magnétique il attire à lui les particules physiques, et fait qu'elles se groupent sous la forme voulue qui n’est pas toujours la forme humaine ; car il faut que vous sachiez que chaque créature vivante est construite sur une forme astrale qui lui est propre ; et si vous réfléchissez vous verrez qu’une forme de ce genre est indispensable pour que les particules physiques s’assemblent, et prennent une apparence substanlieUe ;
car sans la forme astrale ces particules ne pourraient prendre aucune forme quelconque.
58. Q. — Dans la succession des vies terrestres qui semblent être nécessaires pour atteindre la perfection indispensable à l’immortalité, est-ce la personnalité ou l'individualité qui redescend dans la génération"!
R. — Il nous sera plus facile de répondre à cette question en vous renvoyant aux enseignements Esotériques du Bouddhisme, dans lesquels elle est clairement élucidée. Le colonel Olcott s’exprime comme suit, dans l’Appendice de son catéchisme Bouddhiste (quatorzième mille) : « Les apparences successives sur une ou plusieurs terres, ou les descentes dans la génération des parties cohérentes (Skandas) d’un certain être sont Une succession de personnalités. Dans chaque naissance la personnalité diffère de celle des naissances précédentes ou suivantes. Karma, le Deus ex machina, masque ou, dirons-nous, se réfléchit, tantôt dans la personnalité d’un sage, tantôt dans celle d’un artisan et ainsi de suite sur le fil des naissances. Mais bien que les personnalités changent toujours, la ligne de vie unique
sur laquelle elles sont enfilées comme des perles, court sans être brisée. C’est cette ligne spéciale, jamais une autre. Elle est, par conséquent, individuelle. Celle ondulation vitale individuelle qui a commencé dans le Nirvana ou le côté subjectif de la Nature, — comme l’ondulation de la lumière ou de la chaleur à travers l’éther a commencé à sa source dynamique, se poursuit à travers le côté objectif delà nature sous l’impulsion de Karma, et tend, à travers beaucoup de changements cycliques, à retourner au Nirvana. Nous pouvons donc regarder l’ondulation delà vie comme Yindividualité et chacune des séries de ses manifestations natales comme une personnalité séparée. »
Bouddha a enseigné que la conscience « Je suis Moi » est, par rapport à la permanence, une impossibilité logique, puisque ses constituants élémentaires changent constamment, et que le « Je » d’une naissance diffèie du Je d’une autre naissance. Dans le Bouddhisme tout est en harmonie avec la théorie d’une évolution graduelle de l’homme parfait — d’un Bouddhi — à travers des expériences natales sans nombre. Et la signification de toutes ces
différentes naissances se révèle dans la conscience de cette personne lorsque, à la fin d’une chaîne donnée d’existences, elle arrive à Téiat d’un Bouddha, ou elle atteint la quatrième étape de Dhyana, qui est celle du développement mystique personnel.
59. Q. — AlorSy d'après la doctrine Boiid^ dhiste, il n'y a pas de persistance de Vindividu, ou, en tous cas, c'est seulement a la fin d'une longue série de vies terrestres que l'on arrive à la conscience personnelle. Ceci nest pas un point de vue très agréable sur la nature de l'existence,
R. — Le Bouddhisme insiste sur le fait que la personnalité est une illusion qui appartient à la sphère de l’existence, et fait consister la rédemption dans le fait d’y échapper par l’absorption dans l’Etre divin. Le Christianisme au contraire enseigne la persistance éternelle de l’Ego. Nous avons déjà dit que le principe essentiel de la personnalité dans son sens supérieur est l’Esprit, et l’Esprit est Dieu ; par conséquent le principe le plus élevé et le plus intime dans chacun de nous est Dieu. Dieu est la conscience suprême, et l’Ego intérieur
de riiomme n’est conscient que parce qu’il est divin. Par conséquent, pour l’homme, se connaître lui-même, c’est connaître Dieu. La conscience personnelle est la conscience de Dieu ; mais cette connaissance de soi ne peut venir que par degrés lents, et par le dé^^eloppement delà conscience spirituelle qui, en ces jours d’illumination nouvelle, est appelée un sens nouveau, ou sixième sem, que tous nous devons développer en nous et posséder au temps voulu. Vous voyez par là que la différence qui existe entre les doctrines Bouddhiste et Chrétienne, est plutôt dans la façon de les présenter que dans leur essence. L’explication ésotérique est qu’il y a deux personnalités, ou deux Moi, dans chaque individu ; une personnalité extérieure et une personnalité intérieure, et c’est précisément cette dualité qui constitue l’individualité. Cette personnalité extérieure est le costume ou le. masque de Tacteur (le corps extérieur) par lequel nous sommes connus et nous nous connaissons nousmêmes, comme Monsieur ou Madame un tel, et elle est transitoire et périssable. L’autre personnalité est intérieure, permanente et éternelle parce qu’elle est divine. C’est en réalité
notre Moi supérieur; et s’il n’y avait pas cet Ego intérieur et subjectif, ou ce Moi supérieur, pour percevoir et se souvenir de la succession des états dans le phénoniénal, ou des rôles ditfférents joués dans une longue série de vies terrestres, la condition même de la personnalité serait impossible. C’est par le moyen de ces manifestations successives d’activité sur le plan physique (les vies terrestres), que chaque Moi supérieur grandit et avance vers une perfection plus haute. Car, à mesure qu’il rejette l’un après l’autre ses rôles d’incarnation et de manifestation, et qu’il emmagasine successivement en lui-même les expériences de la vie terrestre qui sont susceptibles d’être absorbées par sa propre conscience, ses horizons s’élargissent, sa connaissance s'étend et son individualité prend plus de force.
Il résulte, de cette façon d’envisager le sujet qu’il doit y avoir autant de différence entre les personnalités supérieures, par rapport à leur élévation spirituelle, qu’entre les personnalités inférieures incarnées. Mais de même que tous les êtres humains ont certains attributs en commun, il est probable que tous les Mois supérieurs ont aussi certains attributs
spirituels en commun, et cela doit donner lieu à une certaine communauté de conscience sur les plans spirituels, qui doit non seulement créer des relations véritables et complètes entre les âmes, par rapport à l’affection et à la sympathie, mais les rendre infiniment plus intenses et plus vives qu’aucune de celles qui peuvent exister entre des êtres séparés et murés dans des prisons de chair. L’évanouissement de la personnalité qui est la terreur ou le désir des êtres incarnés, selon le degré de leur avancement psychique, n’est pas autre chose que l’affirmation graduelle de la suprématie de la conscience spirituelle. Lorsque ce fait se produira il ne sera sans doute pas davantage un sujet de regrets pour la Personnalité Supérieure que la digestion des repas du jour n’est un sujet de regrets, la nuit, pour l’homme bien portant. Ces repas ont joué leur rôle dans la nutrition du corps, ils peuvent même avoir été une source de plaisir accidentel, mais, une fois absorbés par le corps, ils n'ont plus d’importance, sauf en ce qu’ils ont renouvelé la force et la santé. Il en est de même de la personnalité par rapport au Moi Supérieur qui l’a digérée.
D’après cette comparaison un peu osée, (1) qui montre la Personnalité Supérieure absorbant successivement les expériences de chaque vie, nous pouvons facilement conclure qu’à travers les longs siècles de son existence elle subit, sur ces plans supérieurs, un processus de croissance tout comme l’intellect humain dans les étroites limites de la vie physique. Grâce à cette idée, ainsi comprise, nous échappons à la difficulté d’avoir à nous représenter famé parfaite d’un être humain très supérieur, habitant le corps d’un enfant. Sur le plan spirituel, la mère spirituelle de famé, mûre pour l’incarnation, prend note, pour ainsi dire, de l’être humain en germe que ses associations physiques et sa destinée rendent l’habitation la plus appropriée que cette âme puisse trouver pour y travailler le Karma bon ou mauvais qu’elle a acquis par ses expériences précédentes. Généralement la re-naissance clans une existence objective est un événement que le Karma du mal attend avec impatience, mais la re-naissance sera déterminée par le mérite aussi bien que par le démérite de la vie pré-
(1) Comparaison empruntée à M. Siiinett, auteur du Bouddhisme ésotérique.
cédente; car ]e Karma du bien, qu’il soit grand ou petit, opérera certainement au temps voulu tout comme le Karma du mal. Vous devez vous souvenir que le terme de personnalité extérieure ou inférieure est synonyme de limitation et que plus les idées de la personne seront égoïstes et étroites, plus elle s’attachera aux sphères basses de l’Etre et plus elle s’attardera dans des relations sociales des plans inférieurs. L’âme est vraiment immaculée, car elle est née de Dieu et des anges, mais en redescendant sur la terre, elle est attirée par des affinités matérielles, et ce lien entre elle et la terre est ce que les Hindous appellent le Karma, [c’est-à-dire le résultat de la conduite passée et l’opération de la loi des conséquences que cela supposé.
Un philosophe Chinois a dit que le Mal est le noir fils de la Terre (matière) et le Bien la radieuse fille du Ciel (esprit), d’où il résulte que la terre est un lieu de punition pour la plupart de nos péchés. Le but qui nous est proposé est de vivre de façon à rendre l’âme (la fille du Roi) lumineuse et radieuse comme une épouse « qui s’est parée pour son époux » (Apocalypse XXL 2.) de la rendre dignede l’es-
prit du fils du Roi. En sorte que, par leur union, l’esprit puisse être perpétuellement un avec 1 âme, et la rendre ainsi immortelle en éternisant leur individualité, ou leur unité double, ce qui seul peut assurer l’immortalité à 1 àme, et c est ce qui est symbolisé extérieurement, ou selon la lettre, par le mariage du fils du Roi.
60. Q. Je remarque que vous parlez beaucoup de Karma comme étant ce qui occasionne les renaissances et la succession de ces vies terrestres qui sont destinées à éduquer petit à petit l'âme intellectuelle et à développer l'âme spirituelle. Du moins, c’est ce que j ai recueilli de vos renseignements', mais je dois vous avouer que jusqu’à ce jour je n’avais jamais entendu parler de la « Loi du Karma » et ne pouvais avoir la moindre idée de son importance. Bien que cette théorie que vous proposez, d’une longue série d existences qui ont pour but de nous préparer à un état supérieur s’impose à mon esprit comme une vérité, je dois cependant vous faire observer qu’elle n’est pas enseignée par aucune des Eglises Chrétiennes, et je
ne sais pas trop comment celles-ci l’accepteraient.
R. — Il se peut qu’elle ne soit pas enseignée par les Eglises Chrétiennes, mais elle est clairement énoncée par l’Eglise du Christ, ou par les Evangiles, ce dont je vous convaincrai bientôt ; car elle est certainement enseignée et l’a toujours été dans les Temples de toutes les autres religions : Bouddhiste, Brahmine, Egyptienne, etc. Mais pour en revenir à la religion Chrétienne, il n’y a pas de fait plus généralement affirmé par les quatre Evangélistes que celui de l’identité de Jean le Baptiste et d’Elie. Rien aussi n’est plus explicite que la déclaration de l’Ange à Zaccharie que « son fils marchera devant lui dans l’esprit et dans la vertu d’Elie » (Luc I, 17) et les prétentions à l’identité énoncées au moment de la circoncision de l’enfant lorsque, lui appliquant les paroles du Prophète Malachie il est dit: « Voici je vais vous envoyer Elie le Prophète, avant que le jour grand et redoutable de l’Eternel vienne ». (Mal. IV, 5). Notre Seigneur affirme plusieurs fois explicitement et avec emphase la même chose. « C’est celui dont il est dit : Voici, j’envoie mon messager devant ta face ; qui
préparera le chemin devant toi y>. Et ailleurs, « Si vous voulez recevoir ce que je dis, il est Elle qui devait venir. Que celui qui a des oreilles pour ouïr entende. » C’est celui dont il a été parlé dans les Prophètes en disant : « La voix de Celui qui crie dans le désert est : Préparez le chemin du Seigneur; aplanissez ses sentiers. » Les disciples demandaient à Jésus : « Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Elie vienne auparavant? Il leur répondit : il est vrai qu’Elie devait venir premièrement et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu’Elie est déjà venu, mais ils ne l’ont pas connu et ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. » Alors les disciples comprirent qu’il avait parlé de Jean le Baptiste.
61. Q. — Mais Jean lui-^même n*a jamais avancé cette idée, et dans une occasion lorsque on lui demanda s'il était le Christ, ou Elie, il répondit : je ne le suis pas,
R. — Ceci vous prouve combien générale était la croyance en la ré-incarnation, mais que Jean ait nié qu’il ne fût Elie (Jean, I, 21), cela ne prouve rien contre les paroles de Jésus. Cet oubli de son incarnation précédente suppose
seulement une suspension de mémoire par rapport à une vie passée, ce qui est une condition nécessaire pour le bonheur de la vie présente. Bien que nous ne nous souvenions pas qui nous étions, ni les fautes que nous pouvons avoir commises dans une existence passée, nous nous rendons bien compte des tendances que nous en avons rapportées, et nous pouvons juger si nous -sommes en progrès ou non. Ce n’est pas qüi nous avons été qui doit décider ce que nous sommes et ce que nous devrions tâcher d’être.
On ne peut pas nier que l’homme qui portait le nom de Jean le Baptiste n’ait le même caractère et les mêmes idées qu’Elie. « Race de vipères! » « Tout arbre donc qui ne produit point de bon fruit va être coupé et jeté au feu ». Comparez ceci avec les dénonciations d’Elie, celui qui de tous les prophètes était tenu dans la plus grande vénération par les descendants d’Israël. Le mystérieux volume des écrits prophétiques se ferme avec les paroles de Malachie par l’annonce d’une seconde venue d’Elie ; « Voici, je vais vous envoyer Elie le prophète, avant que le jour grand et redoutable de r Eternel vienne ». Et où et sous
quelle forme était-il le plus probable qu’il apparût, sinon dans le désert, près du rivage de ce même Jourdain, à propos duquel il est dit qu’il (( prit son manteau et le plia et en frappa les eaux qui se partagèrent ça et là », avant qu’il ne fût enlevé au ciel dans un chariot de feu (II Rois 11, 6-15). On nous représente cet Elié comme un homme vêtu de poil ■ avec une ceinture de cuir ceinte sur les reins (II Rois, 1-8). Là nature et l’esprit d’Elie •n’avaient pas changé, car la parole et l’apparence du Baptiste sont semblables ; toujours le même langage hardi, sévère, sans compromis, comme était celui du premier messager du Très-Haut.
62. Q. — Ces faits sont certainement très curieux et semblent être une grande preuve "en faveur de la vérité de la réincarnation !
R.. — Par rapport à Elie, nous pouvons vous donner une autre preuve de la vérité de la réincarnation qui vous montrera que cetto doctrine était acceptée par beaucoup de gens à l’époque du Christ. Hérode se demandait si Jésus lui-même n’était pas une incarnation de Jean ou de l’un des prophètes. « Hérode le
tétrarque entendit parler de tout ce qui se pas sait et il ne savait que penser. Car les uns disaient que Jean était ressuscité des morts ; d’autres qu’Elie était apparu; et d’autres qu’un des anciens prophètes était ressuscité. Mais Herode disait; J’ai fait décapiter Jean ; qui donc est celui-ci dont j’entends dire de telles choses? Et il cherchait à le voir ». Et Hércde dit à ses serviteurs : C’est Jean-Baptiste! Il est ressuscité des morts et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles (Matt. XIV, 2). « Le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit : Jean-Baptiste est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. D’autres disaient : C’est Elie, mais Hérode disait ; Ce Jean que j’ai fait décapiter, c’est lui qui est ressuscité ». (Marc VI, 14-16). Nous voyons donc que la croyance eu la réincarnation était assez générale à cette époque puisqu’on pensait que Jésus pouvait êlre un des anciens prophètes revenus sur la terre. Jésus lui-même n’ignorait pas cette doctrine, lorsqu’il demandait à ses disciples : Qui dit-on que je suis? [qui et non pas quoi). Et ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean le Baptiste,
d'autres Elle, d’autres Jérémie ou l’un des prophètes;
63. Q. — Quelles autres preuves pouvezvous me donner, tirées des Evangiles, qui prouvent que cette doctrine s’y trouve réelle, ment.
R. — En parcourant le Nouveau Testament, nous en trouvons un si grand nombre que nous ne savons vraiment lesquelles choisir pour les mettre sous vos yeux. Nous citerons donc au hasard en tournant les pages. « Que si ta main ou ton pied te fait tomber dans le péché, coupe-les, et jette-les loin de toi ; car il vaut mieux que tu entres dans la vie n’ayant qu’un œil que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne du feu. » (Matth. XVIII, 7, 9, Marc IX, 4, 5)
Ce conseil ne peut être donné qu’en vue d’une préparation pour une vie future dans laquelle nous devrons entrer.
« Tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » (Matth. XXVI,) et (Apoc. 52, XIII, 10. Donc dans un corps de chair.
Tous ceux qui ont quitté parents, amis, richesses pour l’amour de la conscience re ce
vront .« beaucoup plus en ce siècle-ci, et dans le siècle à venir la vie éternelle. » (Luc XVI II, 30, Marc X, 30.) Promesse qui serait difficile à accomplir si nous ne devions vivre qu’une fois.
. « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne que t'importe » (Jean XXI, 22.)
« Je vous dis en vérité que cette génération ne passera point que toutes ces choses n’arrivent. (Luc XXL 32).
« Je vous dis en vérité qu’il y en a quelquesuns de ceux qui sont ici présents qui ne mourront point qu’ils n’aient vu le règne de Dieu venir avec puissance. » (Marc IX, 1.)
Tous ces passages affirment la continuation de notre relation avec cette terre, et le fait que quelques-uns ne quitteront pas sa sphère avant qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir en puissance. Cela suppose aussi qu’il y en a qui quitteront cette sphère avant cette rénovation, la durée de notre relation avec un monde matériel quelconque étant déterminée par notre progrès dans la pureté, la bonté et la connaissance. Le Christ nous propose le modèle le plus élevé : « Soyez parfaits comme votre père qui est aux deux est parfait » ce qui
donne à entendre que nous devons tendre éternellement à la perfection. Il ne nous est pas dit d’exceller en une chose, mais en toutes choses. Une seule vie terrestre serait-elle suffisante pour acquérir complètement ne fut-ce qu’une des nombreuses branches du savoir? Le grand Newton lui-même disait qu’il n’avait fait que ramasser un caillou sur le rivage, et que l’immense océan s’étendait encore devant lui. Nous avons tous la conscience de posséder des aptitudes qui sommeillent parce qu’elles n’ont jamais été mises en activité dans notre vie actuelle. Elles peuvent être le résultat d’une éducation antérieure de ces facultés qui n’ont pas trouvé leur essor ici, ou le pressentiment d’un développement futur de ces mêmes facultés dans une nouvelle incarnation. Et quelque longue que soit la vie d’un homme sur la terre, il sent toujours qu’il doit la quitter avant d’avoir accompli la dixième partie de ce qu'il avait à faire.
64. Q. — Oui, vous avez raison; lorsque nous regardons autour de nous, que nous voyons tout ce qtCil yak apprendre, que nous comprenons que pour être parfaits nous
devons tout connaître, nous nous rendons compte du peu que nous savons, et nous sentons que ce serait de la folie et de la présomption de croire qu’il nous sera permis, dans cet état imparfait, d’entrer dans la € chambre d’en haut », cette chambre où l’homme, dans la parabole du festin de noce, était entré lorsqu’il n’y avait pas droit, en sorte qu’il lui fut dit : Mon ami, descends plus bas, et il dut honteusement retourner dans les chambres inférieures.
R. — « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon père » (Jean XIV, 2) et chacune est appropriée pour y recevoir quelques leçons, ou y accomplir quelques devoirs, qui seuls nous rendront dignes d’être admis dans une sphère supérieure.
65. Q. Pendant que nous sommes sur ce sujet de la réincarnation, pouvez-vous me donner encore quelques' preuves tirées du Nouveau Testament sur là vérité de cette doctrine?
R. — Nous vous avons déjà dit que les preuves abondent, et que vous n’avez qu’à les chercher pour les trouver. Voyez par exemple
la réponse de Jésus à ses disciples qui, parce qu’ils croyaient à cette doctrine, le questionnaient par rapport à ce mendiant aveugle qu’ils avaient trouvé à la porte du temple appelée « la Belle ». « Maître, qui est-ce qui a péché; est-ce cet homme, ou son père, ou sa mère, qu’il soit ainsi né aveugle? » Or, Jésus, loin de les réprimander comme s’ils avaient fait une question ridicule, emploie dans sa réponse les mêmes expressions contenues dans la question . « Ce n’est point qu’il ait péché, ni son père, ni sa mère, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en- lui ». Il semble indiquer par là que cet esprit s’était soumis à cette privation peut-être comme une punition spéciale ou une épreuve qui pouvait lui être utile, mais en tout cas comme un sacrifice à Dieu afin que « sa gloire fût manifestée en lui ».
66. Q. — Pouvez-vous nous donner des exemples tirés de V Ancien Testamenf^
R. — Voyez dans l’Ancien Testament la lutte de Jacob et d’Esaü dans le sein de leur mère, au sujet de laquelle saint Paul nous dit qu’avant leur naissance il avait été écrit : « J’ai
aimé Jacob mais j’ai haï Esaü. » Ceci ne peut être que si Esaü avait, dans une existence précédente, agi de façon à mériter la haine; car il nous est dit que Dieu n’a haï aucune des choses qu’il a faites. Dans l’anlique poème du livre de Job nous trouvons plusieurs indications de la vérité delà doctrine de la réincarnation, par exemple ces mots : « Que de fois la lampe des méchants sera éteinte, et l'orage viendra sur eux, et Dieu leur donnera leur partage en sa colère. » Et ailleurs, « J’ai dit à la terre tu es ma mère, et aux vers vous êtes mon frère et ma sœur. » « Après que ma peau aura été détruite, je verrai Dieu dans ma chair » : « Si un homme meurt il vivra de nouveau. » « J'altendrai tous les jours qui me sont fixés jusqu’à ce qu'il m’arrive un changement. »
« Visiter les péchés des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération », serait une cruauté gratuite, si les enfants de la troisième et de la quatrième génération n’étaient pas les mêmes esprits qui avaient péché. Et c’est réellement le cas, car nous sommes certainement les enfants de nos actions et de nos œ.uvres. Qu’il ne soit point ici, à la lettre, fait allusion à nos ancêtres est prouvé
par plusieurs passages des Ecritures comme par exemple : « Le fils ne portera point l’iniquité du père (Ezéch. XVIII, 20). « Car chacun portera son propre fardeau. » i^Gah VI, 5). Mais croyez-le bien, ce que notre Seigneur a dit à Nicodème est absolument vrai « si un homme ne naît de nouveau, il ne peut pas voir le royaume de Dieu : » Les renaissances et les vies doivent continuer jusqu'à ce que le but pour lequel elles sont ait été atteint. c( Le prennier homme est de la terre terrestre ; » mais graduellement il mettra de côté les choses qui sont de la terre, car « la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu. » Il deviendra moins matériel, par conséquent plus spirituel et plus apte à s’élever vers sa patrie céleste ; jusqu’à ce que, esprit purifié, il puisse planer dans des régions de plus en plus élevées et brillantes. Et « comme il a porté l’image de celui qui est terrestre il portera aussi l’image du céleste », et laissant la corruption de la terre, il revêtir i l’incorruptibilité et l’immortalité, afin que l accomplisse cette parole : « la Mort est engloutie par la Victoire ». « Car il est vivant pour toujours. » Jésus parlant de ceux qui ont été élevés et qui sont semblables
aux anges dans le Ciel, dit : « Car ils ne pourront plus mourir. » L’expression « plus mourir » indique explicitement qu’ils peuvent être morts plusieurs fois aupatravant.
lies âmes qui ont vaincu la matière et se sont affranchies des inclinations matérielles qui les lient et les assujettissent à la terre changent si complètement de nature que leur périsprit purifié, ou leur forme astrale, ne peut plus attirer des éléments matériels avec lesquels élaborer un corps de chair; aussi s’élèvent-ils vers les sphères plus pures qui les attirent par le lait du changement de leurs affections et de leurs désirs. En d’autres mots ils ont regagné la pureté de leur premier état qui les rend à la Vie supérieure et ils « sont vivants pour toujours ». Pour eux, » la Mort a été engloutie par la Victoire, » car ils ont « vaincu le dernier ennemi », et bien qu’ils puissent reprendre encore l’image de l’homme et se rendre visibles à lui, si cela est nécessaire, ils ne peuvent plus reprendre sa nature, ou mourir de nouveau.
La déclaration de notre Seigneur « tu ne sortiras pas de là, jusqu’à ce que tu aies payé le dernier quadrain », comme plusieurs passages
semblables qui ont la même portée, implique l’idée que lorsque nous aurons triomphé de la matière et payé notre dette de Karma, expiant le mal que nous avons fait ou pensé, et supportant la punition que nous nous sommes attirés par suite de la loi divine des conséquences, ou loi de la cause et de l’effet, nous sortirons de là. Ceci prouve que la souffrance n’est pas éternelle mais finira avec le strict payement de la dette, contractée ; en même temps qu’elle aura été le moven de faire notre éducation pour avancer un pas de plus dans la voie nécessaire à notre développement.
67. Q. — Cette manière de considérer le • chagrin, la souffrance et la punition est vraiment bien différente de celle que nous trouvons exprimée dans les écritures Juives, ou même dans les Enseignements de l'Eglise. Je comprends maintenant ; vous appelez cette loi des conséquences, ou de la cause et de l’effet du nom de « Karma » ce qui est je crois un mot indien? mais n’est-ce pas là une doctrine Bouddhiste ?
R- — C’est une doctrine éternelle parce qu’elle est. fondée sur la loi de Justice qui est
un desatlributs divins. Vous verrez donc que cette loi, ou la doctrine qu’elle suppose, existait dans toutes les religions, quoique certainement nous devions surtout au Bouddhisme de lui avoir donné un nom, et de l’avoir définie avec plus de précision, ce qui est un grand avantage, car ce terme est très frappant et siguificatif. Ce mot de Karma nous regarde en fcice comme un terrible avertissement des souffrances que nous nous attirerons dans des vies futures si nous cédons aux tentations mauvaises; — tandis que chaque bonne action doit produire une somme correspondante de' bon Karma à notre profit. Cette doctrine, lorsqu’elle est exprimée par le mot Kaum.v frappe peut êlre davantage nos esprits que la phrase allégorique de notre Seigneur : « Tu ne sortiras pas de là jusqu’à ce que tu aies payé le dernier (juadrain » ou bien « Vous moissonnerez ce que vous aurez semé. )) Mais ce sujet est si riche, que nous devons remettre sa discussion jusqu’à notre prochaine conversation.
65. Q. — Nous vous rappelons maintenant votre j)Vomesse de nous expliquer plus corn-
plètement la signifLcntion et la nature de la doctrine Bouddhiste du Karma, dont il est si souvent question dans leurs livres.
R.. — Et dont le nom est d'une si grande utilité, que nous devons être reconnaissants envers ceux qui nous Font donné, car bien que cette doctrine existe dans notre religion, elle n’y a pas reçu de nom, par conséquent elle y est moins apparente, et il est plus difficile d'en faire comprendre l'importance aux croyants. Nous avons vu comment le Christ y fait allusion : « Ce que vous semez, vous le moissonnerez », et jamais il n'a laissé échapper une occasion d’insister devant ses auditeurs sur la justice de cette loi, mais cependant il ne lui a pas donné de nom. Il nous laisse fréquemment entendre que la souffrance et les intirmités sont une punition des péchés commis soit dans CO monde, soit dans une existence précédente. Notre péché ne peut pas être caché, il nous trouvera toujours, parce que, tant que nous ne l’avons pas effacé> expulsé, il est dans notre nature. Lorsque, parlant de ceux sur lesquels la Tour de Siloé tomba. Il dit : « Et à moins que vous ne vous repentiez, vous périrez tous de meme », il indique par là que
ceux qui périrent avaient mérité leur sort, à cause de leurs iniquités. A l’homme impotent qu’il avait guéri d’une infirmité qui durait depuis trente-huit ans, le Christ dit : « Ne pèche plus désormais, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. » (Jean, V. 14.) Par ces paroles, il affirmait nettement que cette infirmité était une punition de quelque péché antérieur, car sans doute elle datait de son jeune âge, peut-être même de sa naissance, et nos péchés ne sont pas toujours punis dans la vie où ils ont été commis. « Celui qui frappera de l’épée périra par l’épée », dit-il encore, mais comme nous ne voyons pas que cette prédiction se réalise toujours dans la vie présente, il faut croire que, lorsqu’une mort pareille survient, elle doit être la conséquence du fait que l’épée a été tirée dans une. vie passée, ce qui peut produire une mort violente dans la vie qui vient après. Ainsi, le Karma conduit à la renaissance, et cette renaissance engendre un nouveau Karma tout en accomplissant le précédent; tous les deux sont indissolublement unis. Nous devrions chercher à nous débarrasser des misères de la renaissance en dirigeant toutes nos actions selon la loi Divine, et en
vivant strictement en accord avec elle, car souvenez-vous que le Christ a dit aussi : « En vérité, en vérité, vous ne sortirez pas de là jusqu’à ce que vous ayiez payé jusqu’au dernier quadrain. »
66. Q. — Cette doctrine semblerait prouver que les hommes sont ce qiCils se sont faits eux-mêmes, et que leur destinée a été préparée par leurs actes; qu'ils souffrent ou jouissent parce qu'ils se sont acquis un droit à la souffrance ou a la jouissance. La condition de vie où nous sommes nés n'est pas un accident y mais un effet. Mais cette condition a commencé avec mon enfance; comment donc peut-elle avoir été déterminée par ma conduite précédente ?
R. — Dans le lent processus par lequel la nature vous a conduit de votre enfance à la maturité, votre vie s’est composée de jours distincts, séparés les uns des autres par des nuits de sommeil. Ainsi dans le processus encore plus lent par lequel vous vous élevez depuis les étapes les plus inférieures de l’humanité jusqu’aux plans les plus élevés de la sagesse divine, votre existence se compose de
vies distinctes séparées les unes des autres par des périodes durant lesquelles vous êtes retiré du monde extérieur. Dans ces vies, vous agissez et vous apprenez, vous formez graduellement votre caractère ; et tel qu’est ce caractère, ainsi seront les vies qui l’exprimeront. La renaissance est la loi du développement liumain. Vous venez et vous revenez dans le monde afin de lutter, de progresser et d’avancer toujours vers la perfection. Votre Karma est l’expression de la mesure dans laquelle vous avez fait cela ; vous êtes maintenant ce que vous vous êtes lait ; votre état est celui pour lequel vous êtes préparé.
67. Q. — Cependant, comment cela peut-il être? Est-ce que la pauvreté ou la richesse, la faiblesse ou le pouvoir, l'obscurité ou un rang élevé indiquent le mérite ou le démérite que j'ai acquis ?
R. — Nullement; mais ce qui l’indique, c’est le degré de votre bonheur. Le bonheur ne dépend pas de la richesse ou de la situation sociale; le chagrin n’accompagne pas toujours les conditions modestes d’existence. La joie et la tristesse sont des états de l’esprit; le
milieu terrestre peut y avoir sa part, mais il ne les détermine pas. Les riches ne sont pas toujours heureux, et leur richesse constitue pour eux une terrible responsabilité, par conséquent elle ne peut pas être considérée comme la preuve d’un développement précédent dans le bien. Les pauvres ne sont pas toujours malheureux, par conséquent leur pauvreté n’est pas la preuve qu’ils ont été mauvais dans une existence précédente. C’est l’état de l’esprit et non pas l’état de la bourse qu’implique le Karma dans chaque cas particulier. Notre ciel est toujours tel que nous le faisons. Quelle que soit notre idée du ciel, nous la réaliserons. Chacun reçoit ce qui vaut le mieux pour lui. Chacun peut trouver le bonheur dans le monde idéal qu’il se représente.
L’homme mùr n’est pas plus heureux dans sa chambre de travail au milieu de ses livres aimés, que l’enfant dans sa chambre, au milieu de ses jouets. Il faut que l’enfant se développe mentalement jusqu’à la nature de l’homme avant de pouvoir jouir des livres qui font le bonheur de l’homme. Plus l’âme est avancée plus élevées sont ses possibilités de jouissance. Cette façon de considérer la vie est tout à fait
d’accord avec cette parole : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon père ».
68. Q. — Mais comment pouvons-nous espérer rencontrer nos amis clans le ciel s’ils sont réincarnés ?
R. — Nous n’avons aucune raison de craindre que, si nos amis sont réincarnés nous ne les rencontrerons pas dans le monde spirituel. 11 y a peu de personnes qui se rendent compte de la vie double que nous vivons, et c’est la raison pour laquelle il y en a si peu qui comprennent ce que c’est que la communion spirituelle. Ce monde n’est pas l’élément natal de l’homme ; nous sonames obligés de temps à autre de nous en abstraire. Cette terre est un atelier dont nous avons besoin de sortir de temps à autre ; nous devons nous retirer quelquefois dans notre élément naturel pour trouver du repos au-delà de la région des rêves. Après un sommeil non interrompu nous nous réveillons rafraîchis, reposés, fortifiés et en paix. Dans le royaume spirituel notre esprit a joui d’un milieu plus élevé que celui que nous pouvons trouver ici, et nous en sentons le bienfait par une énergie renouvelée qui nous
aidera dans toutes les étapes de notre vie. Lorsque nous sommes incarnés sur la terre nous ressemblons à des animaux amphibies qui vivent dans deux éléments à la fois. Pendant le repos complet nous sortons de l’élément matériel pour entrer dans l’océan de l’esprit ; et nous ne pourrions pas faire notre travail sur la terre ferme si nous ne nous reposions pas de temps à, autre dans les eaux. C’est là le grand mystère de la nécessité absolue du Sommeil. Nous devons chercher à nous connaître les uns les autres déjà ici, non pas selon la chair, mais selon l’esprit. Lorsque nous atteindrons un état supérieur de l’être, nous ne saurons, ni ne nous soucierons de savoir, quelle forme extérieure nos amis peuvent avoir, puisque la forme n’est pas l’esprit. Le corps terrestre n’est qu’un vêtement, une projection extérieure de l’esprit; il ne faut pas confondre la substance avec l’ombre qu’elle projette. Nous (nos vrais mois) avons toujours été, et nous serons toujours dans le monde spirituel; et même nous y vivons pendant que nous sommes incarnés sur la terre, car notre corps n’est que l’expression de notre âme qui vit à la fois dans les deux sphères. Nous devons
apprendre à nous connaître spirituellement si nous voulons savoir ce que nous sommes. L’âme conserve son individualité parfaite dans le monde spirituel, indépendamment de son expression extérieure sur la terre. Ceux qui désirent rencontrer leurs amis spirituels ne se rendent pas toujours compte de ce qu’est l’union spirituelle'. Si nous ne devions vivre que dans des relations de personnalités extérieures, nous en serions bientôt fatigués. Rien de ce qui est extérieur ne peut nous satisfaire pour toujours. Nous vivons constamment dans la vie immortelle, et les véritables unions ne relèvent que de l’état immuable de l’àme.
69. Q. — Le Karma ne donne-t-il pas lieu à de douloureux dépouillements ?
R- — Il n’y a pas de dépouillement, sauf pour les sens charnels. Aussi longtemps que nous placerons nos affections sur les choses des sens nous aurons besoin de la discipline qui consiste à les perdre ; ainsi l’expérience la plus amère est un pas qui nous conduit à une affection plus élevée. Le véritable bonheur ne dépend pas des choses extérieures, mais de la paix de l’esprit.
70. Q. — Mais comment trouver la paix de Vesprit lorsqu’on jüeure ceux que Von aime ?
R. — En premier lieu ils ne sont pas perdus; et si seulement nous étions plus conscients de notre vie spirituelle et du lien intime qui nous unit au côté spirituel de Texistence, nous n’éprouverions aucun sentiment de séparation. Mais l’àme animale en nous est continuellement en guerre avec l’esprit. C’est cet élément inférieur qui est cause de tous nos chagrins. La science spirituelle affirme que la mort n’existe que dans notre croijance ; mais qui entretient cette croyance? Ce n’est certainement pas celui qui semble mourir, mais ceux qui souffrent (le la séparation parce qu’ils croient à la mort de celui-là. Celui que l’on suppose être mort n’a certainement pas cru à cette mort. S’il pouvait se faire comprendre de vous il dirait : « Je suis en vie et près de vous comme auparavant ». La croyance en la mort ne se trouve que du côté de la terre ; celui qui (c a passé » sait qu’il n’est pas mort. Comment une àrne vivante peut-elle croire à sa propre mort, et comment la mort existerait-elle à C'^té de Dieu lorsque tout vit en lui? « Dieu n’est
pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. »
71. Q. — Mais Dieu rC éprouve-t-il pas de la sympathie pour nos chagrins ?
R. — Dieu voit toutes choses sous leur vrai jour. Comment donc compatirait-il à une chose qui n'est jamais arrivée? Nous nous figurons que les gens meurent, mais c'est là notre erreur, et nous voudrions que Dieu reconnût ce fait. Si Dieu est la vérité même, comment pourrait-il reconnaître ce qui n’a aucune réalité, ce qui ne s’est jamais passé et ce qui ne peut pas être? Il n'y a pas même un changement de lieu, mais seulement un changement de condition : le passage d’un état inférieur à un état supérieur. Si nous connaissions le comment et le pourquoi de toutes nos expériences, si nous pouvions nous placer au point de vue où se placent les êtres célestes, nous verrions immédiatement que tout est Dieu] nous comprendrions que l'épreuve est le bien déguisé, et nous nous écrierions avec Job : « Ne recevrons-nous pas de la main de Dieu ce qui nous semble le bien comme ce qui nous semble le mal? » Nous donnons deu:s:
noms différents à une même dispensation impartiale de la bonté divine. Ce que nous appelons le bien dans un temps, nous l’appelons le mal dans un autre. Du véritable point d’observation nous voyons que tout est bien ; le mal n’existe pas, toutes choses sont pour le mieux.
72. Q. — Alors vous n aurez aucune pitié pour une mère qui a perdu son enfant ?
R. — Au contraire, nous éprouvons une grande pitié pour elle, mais surtout à cause de son ignorance de la vérité ; parce qu’elle ne connaît pas les besoins de son propre esprit ; parce qu’elle ne peut pas percevoir la belle vie spirituelle qui l’entoure; parce que n’ayant cultivé que les choses qui ont rapport aux sens extérieurs elle a eu besoin de cette épreuve pour réveiller son être spirituel. Une mère affligée pourrait développer en elle un amour si pur et si désintéressé pour son enfant, un amour qui comprendrait si bien ce qui est le mieux pour lui, qu’elle arriverait à toujours sentir la présence réelle de cet enfant.