‹ Interprétation ésotérique des livres sacrésChapitre 11 sur 27 · Q. — Je vous accorde qu'un amour · texte numérisé non relu

Q. — Je vous accorde qu'un amour

« •. TÎT v^•'-

aussi pur et désintéressé est possible pour une mère et qu’elle pourrait y trouver une source de consolation et de bonheur; mais dans les cas ordinaires je ne puis guère me représenter comment nous pourrions nous connaître en esprit ?

Pt. — Nous ne pouvons pas nous connaître dans la vie de Pâme par le moyen de ce qui se manifeste aux sens. Nous connaissons-nous réellement? La nature inférieure peut-elle connaître la nature supérieure? La plupart des gens sont si enfoncés dans leur nature inférieure qu’ils ne peuvent pas se connaître en esprit. La « chute de Phomme » consiste en ceci : que, au milieu des scènes bruyantes de son activité extérieure, il perd de vue sa nature spirituelle. Avant qu’on puisse dire d’un homme qiPil se connfiît lui-même, il faut que le Moi Inférieur ait trouvé le Afoi Supérieur.

L’âme spirituelle, Pâme intellectuelle et l’âme animale sont l’expression d’une trinité dans Phomme; mais VAlma est la source originelle de toutes cesâmes. L’âme spirituelle s’exprime par l’intuition. Pâme intellectuelle par la raison et Pâme animale par l’instinct. Nous possédons tous les trois principes ainsi nommés. L’intuL

tion relève du sens moral et de l’affection ; la raison est purement intellectuelle, tandis que l’instinct est la perception animale. Nous dépassons la perception animale lorsque nous perdons l’espérance en la certitude, et la croyance en la connaissance, ou lorsque, brisant sa cage, l’oiseau s’envole, et que nous avons enfin vaincu les limitations. Les théosophes de l’Inde placent l’àme humaine (le principe intellectuel) entre l’âme animale, qui incline vers la terre, et l’àme spirituelle qui plane vers le ciel. Bien que souvent l’intelligence aspire, elle oscille constammententrel’espritetla matière. Chaque individu doit décider pour lui-même s’il veut, de son plein gré, s’unir à l’univers spirituel ou rester soumis aux influences inférieures. Chacun doit décider par lui-même s’il veut vivre selon la chair ou selon l’Esprit. C’est à cela que s’applique la signification de toutes les allégories qui parlent de la tentation et de la chute de l’homme. S’il n’y avait pas d’éiats inférieurs dans l’Univers, nous ne pourrions pas atteindre les états supérieurs. La culture intellectuelle seule ne suffit pas à la race humaine, car il y a beaucoup de personnes intellectuelles qui s’adonnent au vice. Sem-

blable à un bon génie, l’âme spirituelle, par le moyen de l’intuition^ nous pousse toujours en avant et en haut ; tandis que notre mauvais génie (1 âme animale) nous attire constamment en bas, vers son propre niveau. Avant de pouvoir comprendre notre mission, ou de noiis expliquer pourquoi nous sommes incarnés, nous devons nous rendre compte de ce que nous sommes. Spirituellement, l’homme est une unité parfaite ; en manifestation, il est une trinité dans l’unité. Voyez dans votre esprit le double triangle que nous vous avons dépeint. Le triangle qui regarde en haut représente le mental, le moral et le spirituel dans l’homme, tandis qu’au centre brille le soleil centra], YAtma, le véritable Ego, le principe d’individuation qui est, pour toujours, l’enfant de Dieu, et qui, comme son créateur divin, ne peut connaître ni le péché, ni la maladie, ni le chagrin. Les différences qui existent entre les gens s’expliquent par les différents degrés de développement de leurs âmes; mais l’âme divine de l’homme est le Christ, l’enfant de Dieu, et ne peut pas changer; elle est, par essence, bonne et sainte, car elle est parfaite et pure, même lorsqu’elle est manifestée sur la

terre. Lorsque nous péchons, c’est que nous ne vivons pas en union avec ce principe divin. Ce que nous croyons généralement être nous est bien au-des sous de notre véritable moi. Il y en a peu parmi nous qui ont découvert ce qu’ils sont, et qui se doutent de leurs propres pouvoirs.

Mais pardonnez-moi si j’ai, pour un instant, perdu de vue la question qui nous occupait, c’est-à-dire la doctrine du Karma et sa doctrine corrélative la réincarnation, ou la renaissance, qui sont si importantes pour nous en ce qu’elles nous aident à arriver à connaître notre véritable Moi et à posséder notre conscience personnelle.

74. Q. — Si je vous comprends bien, d’après le Karma il n'y aurait pas de destinée fatale? Cette doctrine est donc très encourageante et n'est point fataliste comme on le dit généralement.

R. — Qu’est-ce que le destin? Ce n’est point quelque chose qui nous est imposé arbitrairement. Notre condition actuelle n’est que le résultat de notre vie précédente. Que nous nous souvenions ou non d’avoir créé un

Karma, ce Karma a élé fait par nous, et (ie là nos limitations actuelles. Par nos efforts nous les dépasserons dans cette existence mieux que nous ne l’avons fait dans la précédente. Il n’y a pas de récompense et de punitions comme on l’entend généralement; il existe un malentendu au sujet de ces mots : A travers toutes les périodes du progrès, chaque individu moissonne ce qu’il a semé ; et scs prochaines semailles dépendront, dans une large mesure, de ce qu’il aura moissonné. Si un homme sème des raisins et un autre des épines, le premier récoltera des raisins et le second des épines ; mais il n’y a aucune loi qui force l’un à semer des fruits et l’autre de mauvaises herbes. La loi n’est absolue que dans cette caractéristique : « Nul homme ne peut cueillir des raisins sur des épines ou des figues sur des ronces. » Si quelqu’un désire avoir des ligues, il faut qu’il cultive un figuier, car les figues ne peuvent pousser sur aucun autre arbre. Si quelqu’un désire des raisins, il faut qu’il cultive la vigne, car les raisins ne poussent pas ailleurs, ni d’aucune autre manière. Ainsi, nous ne pouvons pas dire que les hommes sont récompensés ou punis, ma.is tous subissent les conséquences

de leurs propres actes, et ces conséquences sont, en tous temps et dans toutes les circonstances, la meilleure chose qui puisse arriver à la personne qui se réjouit ou qui soutire parce qu’elles se produisent.

75. Q. — Ainsi, le Karma est réellement la toi stricte de la Rétribution^ puisqu'il est la conséquence inévitable et nécessaire de nos propres actes, et nous créons incessamment notre propre Karma bon ou mauvais. Aussi devrions-nous surveiller soigneusement tous nos actes et même les pensées et les émotions qui nous poussent a V action. Mais quen est-il a propos des accidents, qui ne. peuvent pas être dominés par notre volonté ?

R. — Gomme règle générale, tout ce qui se produit par de soi-disants c( accidents » est le résultat du Karma des existences précédentes, et peut se classer sous sept différents chefs :

Page 1